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THE CREATURE WALKS AMONG US1956
RÉALISATION: John Sherwood En prenant en considération que Creature From The Black Lagoon a donné naissance à une vague de faibles imitations, il est étonnant de constater la direction suivie par ses deux suites. Si Revenge Of The Creature s'avérait décevant, on ne peut l'accuser d'être une faible copie de son prédécesseur. Le troisième et dernier chapitre de la série, The Creature Walks Among Us, pousse encore plus loin l'audace en ignorant la recette narrative utilisée jusqu'à présent. Si la prémisse n'a pas fait l'unanimité chez les cinéphiles, il faut avouer qu'avec le recul, le film est le loin le plus songé et le plus divertissant de la série. En voulant capturer le Gill Man, une équipe de scientifiques en vient maladroitement à brûler au troisième degré la créature. Après avoir chirurgicalement altéré ses branchies, les scientifiques découvrent que la créature évolue progressivement. Il s'avère que ce monstre a beaucoup plus en commun avec l'homme que ce que l'on croyait et l'accident a accéléré son rythme d'évolution. Maintenant capable de respirer et de vivre parmi les humains, la créature est tenue prisonnière par un scientifique qui a l'ambition de créer une nouvelle espèce. En faisant fit du côté scientifique approximatif, The Creature Walks Among Us est une excellente série B à classer entre le film de monstres et le film de savant fou, un genre typique aux années 50. Si Revenge Of The Creature était déchiré entre ses tentatives d'innover et son désir de rester fidèle à l'oeuvre originale, cette deuxième suite ne s'impose aucune contrainte. Malgré cela, c'est en terrain connu que démarre The Creature Walks Among Us. Encore une fois, un groupe de scientifiques est à la recherche du mythique Gill Man. Le film de John Sherwood (The Monolith Monsters) qui succède à Jack Arnold, offre ce qui est peut-être les meilleurs scènes sous-marines de la série. En rehaussant considérablement le suspense et la tension, il est clair que ce troisième volet est plus ancré dans l'horreur. Une fois la créature capturée, c'est là que le film s'affirme sans gêne comme divertissement de second degré. Malgré son charabia scientifique insensé et une prémisse qui frise le ridicule, The Creature Walks Among Us est un film fascinant qui ose présenter le Gill Man sous un angle que peu de gens auraient pensé exploiter. Ce troisième volet pousse encore plus loin l'inversion du bien et du mal en présentant un monstre hyper vulnérable confronté à un groupe d'humains détestables. Du scientifique en chef qui n'a aucun respect pour son sujet en passant par le seul personnage féminin qu'on a envie de gifler, le film excelle à nous faire haïr ses protagonistes. Notre bonheur est donc multiplié lorsque, non sans surprise, la créature s'échappe et débute son carnage! Il est certain qu'avec un titre aussi évocateur que The Creature Walks Among Us, le film de Sherwood n'exploite pas entièrement sa prémisse, à savoir que la créature est parmi nous. Cet événement bref, ne survient qu'à la toute fin. Par contre, le réel attrait du film réside dans la démarche médicale et scientifique qui consiste à altérer la créature. Les scénaristes ont bien sûr balancés quelques messages sociaux, mais c'est la métamorphose visuel qui capte l'attention. Cette escapade dans les territoires de série B a peut-être prématurément mis fin à la série (où amène t’on l'histoire après un tel chapitre?), mais on peut tout de même être reconnaissant envers Sherwood qui clôt la saga sur une excellente note. Creature From The Black Lagon a toujours fait ombrage sur ses suites. C'est compréhensible puisque ce film est innovateur en son genre et très bien réalisé. Par contre, les amateurs de films de monstres moins classes feraient bien de jeter un oeil à cette oeuvre injustement reléguée aux oubliettes!
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