THE CREATURE WALKS AMONG US
1956
RÉALISATION: John Sherwood
SCÉNARIO: Arthur A. Ross
AVEC: Jeff Morrow, Rex Reason, Leigh Snowden, Gregg Palmer et Maurice Manson
En prenant en considération que Creature From The Black Lagoon a
donné naissance à une vague de faibles imitations, il est étonnant de
constater la direction suivie par ses deux suites. Si Revenge Of The
Creature s'avérait décevant, on ne peut l'accuser d'être une faible
copie de son prédécesseur. Le troisième et dernier chapitre de la série,
The Creature Walks Among Us, pousse encore plus loin l'audace en
ignorant la recette narrative utilisée jusqu'à présent. Si la prémisse n'a
pas fait l'unanimité chez les cinéphiles, il faut avouer qu'avec le recul,
le film est le loin le plus songé et le plus divertissant de la série.
En voulant capturer le Gill Man, une équipe de scientifiques en vient
maladroitement à brûler au troisième degré la créature. Après avoir
chirurgicalement altéré ses branchies, les scientifiques découvrent que la
créature évolue progressivement. Il s'avère que ce monstre a beaucoup plus
en commun avec l'homme que ce que l'on croyait et l'accident a accéléré son
rythme d'évolution. Maintenant capable de respirer et de vivre parmi les
humains, la créature est tenue prisonnière par un scientifique qui a
l'ambition de créer une nouvelle espèce.
En faisant fit du côté scientifique approximatif, The Creature Walks
Among Us est une excellente série B à classer entre le film de monstres
et le film de savant fou, un genre typique aux années 50. Si Revenge Of
The Creature était déchiré entre ses tentatives d'innover et son désir
de rester fidèle à l'oeuvre originale, cette deuxième suite ne s'impose
aucune contrainte. Malgré cela, c'est en terrain connu que démarre The
Creature Walks Among Us. Encore une fois, un groupe de scientifiques
est à la recherche du mythique Gill Man. Le film de John Sherwood (The Monolith Monsters) qui succède à Jack
Arnold, offre ce qui est peut-être les meilleurs scènes sous-marines de la
série. En rehaussant considérablement le suspense et la tension, il est
clair que ce troisième volet est plus ancré dans l'horreur. Une fois la
créature capturée, c'est là que le film s'affirme sans gêne comme
divertissement de second degré.
Malgré son charabia scientifique insensé et une prémisse qui frise le
ridicule, The Creature Walks Among Us est un film fascinant qui ose
présenter le Gill Man sous un angle que peu de gens auraient pensé exploiter.
Ce troisième volet pousse encore plus loin l'inversion du bien et du mal en
présentant un monstre hyper vulnérable confronté à un groupe d'humains
détestables. Du scientifique en chef qui n'a aucun respect pour son sujet
en passant par le seul personnage féminin qu'on a envie de gifler, le film
excelle à nous faire haïr ses protagonistes. Notre bonheur est donc multiplié
lorsque, non sans surprise, la créature s'échappe et débute son carnage!
Il est certain qu'avec un titre aussi évocateur que The Creature Walks
Among Us, le film de Sherwood n'exploite pas entièrement sa prémisse, à
savoir que la créature est parmi nous. Cet événement bref, ne survient qu'à
la toute fin. Par contre, le réel attrait du film réside dans la démarche
médicale et scientifique qui consiste à altérer la créature. Les
scénaristes ont bien sûr balancés quelques messages sociaux, mais c'est la
métamorphose visuel qui capte l'attention. Cette escapade dans les
territoires de série B a peut-être prématurément mis fin à la série (où
amène t’on l'histoire après un tel chapitre?), mais on peut tout de même
être reconnaissant envers Sherwood qui clôt la saga sur une excellente note.
Creature From The Black Lagon a toujours fait ombrage sur ses
suites. C'est compréhensible puisque ce film est innovateur en son genre et
très bien réalisé. Par contre, les amateurs de films de monstres moins classes feraient bien de jeter un oeil à cette oeuvre injustement reléguée
aux oubliettes!



• Le Monstre Est Parmi Nous (version française)


• Creature From The Black Lagoon (1954)
• Revenge Of The Creature (1955)


• The Monolith Monsters (1957)
• The Monster That Challenged The World (1957)
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