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CREEPY CRAWLERS2000
RÉALISATION: Ellory Elkayem Nous sommes le 23 novembre. De gros flocons de neige tombent du ciel et il fait un froid de canard. Repensant au bel été que nous venons de passer, je me décourage bien vite au fait que l’hiver vienne d’arriver car je déteste cette saison par-dessus tout. Je décide donc de faire ce que je fais toujours les fins de semaine d’hiver: regarder un bon film d’horreur dans mon sous-sol, avec le cinéma maison et le bois qui crépite dans le feu de foyer. Afin de m’encourager, je choisis de visionner un film traitant de ce que je déteste le plus de l’été: les bibittes! Ces films, lorsque bien réalisés, sont ceux que j’ai le plus de difficulté à regarder, surtout lorsqu’il traitent de cafards. Creepy Crawlers m’a procuré des fourmillements pendant une certaine partie de la projection. Le docteur Ben Cahill (Tomas Calabro) se voit attribuer un congé de maladie forcé à cause de ses problèmes d’alcoolisme. Il décide donc d’aller passer quelques temps sur une petite île dans le Maine, où il avait acheté une vieille maison l’année précédente. Cette petite île paisible, sans histoire, lui réserve bien des complications. Tout d’abord, il sera confronté aux habitants, qui voient d’un mauvais œil les nouveaux arrivants. Suivront d’étranges évènements et des morts mystérieuses. En pratiquant une autopsie sur l’un des corps, Ben découvre que des cafards meurtriers se développent dans le thorax des victimes. Une invasion meurtrière et désastreuse s’annonce, mais personne ne veut le croire… Étant donné que j’ai une phobie démesurée des coquerelles, des frissons ont parcouru mon corps tout entier, des pieds jusqu’à la pointe des cheveux. Durant la première heure du film, les effets spéciaux sont si bien faits que j’ai dû me fermer les yeux et me «shaker le body» à plusieurs reprises. Malheureusement, cette sensation se gâte vers la dernière demi-heure du film, puisque les cafards subissent une métamorphose qui changent beaucoup leur apparence et se mettent à voler. Cette altération de sensation forte vient du fait qu’on devine facilement les retouches faites à l’ordinateur, ce qui a pour effet d’enlever beaucoup de vraisemblance aux insectes. C’est à cet instant précis que le film perd sérieusement de sa saveur. Le personnage de Ben Cahill se transforme comme s’il avait été un Indiana Jones toute sa vie. Sa peur et son dégoût des cafards établie au début s’est subitement volatilisée. Il connaît un peu trop son affaire, maîtrise chaque situation à la perfection et devient un expert en matière de bestioles. Il pratique même une autopsie improvisée avec les moyens du bord. Les habitants du village lui font soudainement confiance, sans qu’il n’ait aucune preuve à formuler. Tout lui est beaucoup trop facile. Et que dire de la finale! On dirait que les scénaristes ne savaient plus quel revirement donner à leur histoire pour y mettre un peu de punch. Bien évidemment, seuls les héros survivent. Tout se déroule trop vite et les éléments nous sont «garochés » dans les 10 dernières minutes, dépourvus de toute logique et cohérence. La façon dont ce cher docteur s’y prend pour se débarrasser des coquerelles est absolument absurde! La fin devient alors si invraisemblable, que la colère qui m’a envahie m’a donné l’envie de prendre le DVD et de le «pitcher» dans le foyer! Les films contenant des bestioles tueuses sont nombreux dans le monde de l’horreur, et m’ont toujours procuré des sensations fortes. Dans le cas de Creepy Crawlers, j’ai été agréablement surprise de ce coté, puisque le réalisateur Ellory Elkayen (Eight Legged Freak, Return Of The Living Dead 4 et 5) s’est plutôt spécialisé en comédie d’horreur. Je m’attendais plutôt à un film « à la blague ». Le suspense et l’effroi du film montent peut-être à chaque minute, mais dégringolent ensuite à la vitesse de la lumière, nous menant ainsi vers la catastrophe du revirement final. Avant de le regarder, Creepy Crawlers promettait beaucoup dans son genre. J’en étais toujours convaincue après les 60 première minutes puisque j’ai éprouvé des frissons à plusieurs reprises. Mais mon anxiété pour les bestioles s’est convertie en exaspération, et ce, rapido-presto. Finalement, un fantasme a parcouru mon esprit: celui de prendre mes mitaines et de sortir enterrer mon DVD dans le banc de neige !!!
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