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CRONOS1993
RÉALISATION: Guillermo Del Toro Mine de rien, au fil des ans, Guillermo Del Toro (Hellboy, Mimic) s'est bâti une solide réputation en tant que réalisateur de films d'horreur et fantastique. Son premier film, Cronos, démontrait déjà un cinéaste original avec un style bien particulier. Le film débute avec un prologue expliquant qu'en 1536, un alchimiste a inventé un mécanisme (le cronos) lui permettant de prolonger significativement sa vie. Lorsqu'il meurt 400 ans plus tard, l'alchimiste emporte le secret de sa longévité avec lui. En 1997, un millionnaire atteint de cancer est persuadé que sa survie ne tient qu'au cronos. Il fait des pieds et des mains pour trouver le mécanisme, et ce, malgré que personne ne croit en son existence. Dans la même ville que le millionnaire, habite un antiquaire qui trouve, par hasard, le mécanisme à l'intérieur d'une statue. Le vieil antiquaire se pique avec le cronos et devient ainsi revigoré par sa puissance. Devenu dépendant du petit mécanisme, l'antiquaire devient assoiffé de sang humain et sa peau devient d'un teint blanchâtre. Ça ne prend pas de temps pour que le millionnaire s'aperçoive que quelqu'un a trouvé l'objet de ses désirs. En plus de devoir apprivoiser sa nouvelle condition humaine, l'antiquaire devra se méfier du millionnaire qui est prêt à tout pour posséder le cronos. Cronos est un regard singulier sur le mythe du vampire. Sans prononcer une seule fois le mot "vampire", Del Toro raconte une histoire unique qui fait fit des clichés habituels. Cronos est un film d'horreur intelligent, différent et touchant. Le réalisateur mexicain a un talent pour donner un ton féérique à ses histoires horrifiques. En mettant l'emphase sur la relation particulière entre un grand-père et sa petite-fille, Del Toro transpose l'émotion du récit ailleurs que vers l'habituel bain de sang. L'idée du mécanisme qui offre une certaine forme de vie éternelle est très inspirée. Les façons dont l'antiquaire réalise les changements que lui fait subir le cronos sont très bien mises en scène. Del Toro opte pour le réalisme et c'est réussi. Le film est, avant tout, une étude de personnages et c'est en partie ce qui l'empêche d'être plus efficace. Au lieu d'élaborer sur la mythologie du cronos, le scénario surexploite un peu trop la psychologie des personnages. La prémisse est brillante, mais elle n'est pas tout à fait développée au maximum de ses capacités. J'adore le fait que le réalisateur ait voulu fignoler ses personnages, mais il aurait été préférable qu'un peu plus d'emphase soit mise sur le cronos. Ce petit mécanisme est fascinant, mais il est plus souvent qu'autrement relégué aux oubliettes durant le film. Lorsqu'est tombé le générique, je suis quelque peu resté sur ma faim en ce qui concerne les possibilités et les pouvoirs du cronos. Mes attentes n'ont peut-être pas été comblées à 100%, mais je lève tout de même mon chapeau à Guillermo Del Toro. Avec son premier film, le cinéaste ne s'est pas contenté de faire dans la facilité. À défaut d'aller au bout de ses idées, Cronos est un film sensé et original.
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