CROWLEY

2008

RÉALISATION: Julian Doyle
SCÉNARIO: Julian Doyle et Bruce Dickinson
AVEC: Simon Callow, Kal Weber, Lucy Cudden, Jud Charlton et Paul McDowell

Originalement distribué sous le titre Chemical Wedding au Royaume-Uni, ce film produit par Bruce Dickinson de Iron Maiden s'est vu rebaptisé Crowley en Amérique, question d'exploiter son sujet principal, le célèbre occultiste Aleister Crowley (1875-1947).

Plus de 60 ans après sa mort, l'occultiste anglais Aleister Crowley est ressuscité dans le corps d'un professeur de l'université Cambridge lors d'une expérience de réalité virtuelle ratée. Pour que la résurrection soit complète, celui-ci devra performer des noces alchimiques, une cérémonie qui consiste à unir sexuellement deux êtres pour obtenir la naissance dans la virginité. De par sa chevelure rousse, Lia, une étudiante en journalisme, suscite l'intérêt de Crowley qui voit en elle l'élément final à sa résurrection.

Bien qu'il ait inspiré une panoplie de groupes rock, à savoir The Beatles, Led Zeppelin et Iron Maiden, rares sont les oeuvres cinématographiques à faire explicitement référence à Crowley dans leur narration. Il est donc dommage que Crowley, du réalisateur Julian Doyle se perde dans ses lourdeurs inutiles, offrant un compte rendu fort décevant d'Aleister Crowley. Le scénario prend rapidement pour acquis que le spectateur moyen connaît Crowley et nous propulse dans une histoire de possession mélangeant réalité virtuelle et physique quantique. L'idée derrière la résurrection de Crowley n'est pas mauvaise, mais elle s'appliquerait mieux à un sujet mille fois exploité, ce qui n'est pas encore le cas d'Aleister Crowley.

En vulgarisant ainsi les théories de Crowley, la fiction prend le dessus au point où plusieurs douteront de l'authenticité de l'existence de l'occultiste. On sent dans le scénario de Dickinson et Doyle une admiration sans borne pour Crowley, mais cela ne résulte qu'en hommages et clins d'oeil. Reste un film de possession sympathique, qui rappelle par moment Mother Of Tears de Dario Argento et Prince Of Darkness de John Carpenter. Le scénario se perd souvent dans son abondance de détails reliés aux expériences menés par les professeurs, mais dans son ensemble, il livre des moments horrifiques potables. Dans le rôle du professeur possédé, Simon Callow offre une prestation remarquable, d'autant plus qu'il quitte le registre plus sérieux dans lequel nous sommes habitués de le voir.

S'il n'est pas un hommage satisfaisant, Crowley demeure néanmoins un divertissement appréciable.

  • Dany Champagne

  • • Chemical Wedding (titre original/Royaume Uni)
    • Le Diable Dans Le Sang (version française/France)

     

    The Devil's Rain (1975)
    Mother Of Tears (2007)

     

     
     


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