CRUSH
2009
RÉALISATION: Jeffrey Gerritsen et John V. Soto
SCÉNARIO: John V. Soto
AVEC: Christopher Egan, Emma Lung, Brooke Harmon, Christian Clark et Jenna Lind
En direct d’Australie nous provient Crush, un film qui s’apparente aux thrillers psychologiques des années 90, mais qui a plus d’une surprise dans son sac.
Julian est un étudiant champion de kickboxing qui évolue en Australie après avoir été banni de la compétition en Amérique. Il excelle autant dans son sport et ses études et vit une relation amoureuse très satisfaisante avec Clare. Un jour, il se voit offrir un emploi particulier, soit celui de séjourner dans la luxueuse demeure d’une famille bien nantie, le temps qu’elle s’absente pour les vacances. Julian accepte volontiers et n’hésite pas à tirer profit des avantages de la demeure. Jusqu’au jour où Anna, la nièce du propriétaire se pointe pour utiliser la piscine. L’attirance entre les deux est immédiate et Julian va même jusqu’à tromper sa copine, non sans regret. Lorsqu’il la repousse, Anna se met à l'envahir et le harceler au point de menacer sa copine. Julian devra alors prendre les choses en mains pour se débarrasser de sa maîtresse hystérique. Le problème est qu’Anna possède un secret qui rendra la tâche difficile à exécuter.
Un peu comme le personnage d’Anna, Crush est une œuvre peu subtile et bourrée de maladresses qui réussit tout de même à nous séduire. Crush, réalisé par Jeffrey Gerritsen et John V. Soto, s’apparente initialement aux films sortis de la vague de thrillers psychologiques traitant d’adultère et de triangle amoureux. On pense notamment à Fatal Attraction et un autre film nommé The Crush, soit celui mettant en vedette Alicia Silverstone. John est rapidement pris dans la toile tissée par Anna. Il doit jongler entre sa copine pour qui il a des sentiments et Anna qui démontre des signes de troubles mentaux. Les cartes sont rapidement mises pour instaurer un dangereux triangle amoureux, mais que ce soit volontaire ou non, il est évident que les deux réalisateurs ont une tout autre idée derrière la tête.
Tôt dans le récit, un élément surnaturel se fait sentir et les indices pour une révélation évidente sont relâchés à un rythme constant. Crush flirte avec le film de fantôme japonais, souvent de par son atmosphère et sa sobriété. Les deux réalisateurs réussissent à instaurer un bon climat d’angoisse malgré un scénario prévisible. Bien que la révélation finale nous soit télégraphiée une heure à l’avance, elle réussit à surprendre par son traitement viscéral. Si Crush s’apparentait à un simple thriller pour adolescents (la pochette DVD n’aide pas), il s’assume entièrement comme film d’horreur en fin de parcours. Et n'en déplaise à ceux qui préconisent un style plus réaliste, Crush est définitivement meilleur lorsque son scénario manque de retenue.
La mutation du thriller vers le film d’horreur est spontanée et devrait en étonner plusieurs. La confrontation finale entre Julian et Anna comporte son lot d’absurdité, mais c’est le genre d’élément dont le film avait besoin pour se défaire de son étiquette de thriller sympathique. Il est certain que le changement de style ne fera pas l’unanimité, puisque le film passe d’un style sérieux à une atmosphère quasi bouffonne. N’empêche que malgré sa simplicité et les quelques ratés scénaristiques, Crush offre des éléments intéressants et originaux qui le démarquent. Entre autres, un concept de hantise par le rêve intriguant à défaut d'être bien développé.
L’œuvre peut aussi compter sur une belle brochette d’acteur. Emma Long qui est récemment apparue dans Triangle est très bonne dans le rôle d’Anna. Elle a bien saisi l’essence du scénario et s’éclate en fin de parcours. Quant à lui, Christopher Egan (Resident Evil: Extinction), qui ressemble étrangement à Matt Damon, s’éloigne des clichés généralement associés à son genre de personnage. Un autre élément intéressant provient de la musique assez éclectique qui ressemble parfois à une composition de Bernard Hermann tantôt à ce qu’on retrouve dans le cinéma d’horreur japonais. Elle a été composée par le polyvalent Jamie Blanks, connu pour avoir réalisé Urban Legend, Valentine et Storm Warning.
Ce qui est dommage est que le film est beaucoup trop court. Avec sa durée de 75 minutes, Crush laisse le spectateur sur sa faim, surtout que sa finale survient trop abruptement. Il aurait été intéressant de proposer une narration plus subtile et moins miser sur le surnaturel en début de parcours pour ainsi donner plus d'impact au dernier tiers du film.
Cela dit, Crush est une agréable surprise et bien meilleur qu'on pourrait le penser. Bien que sa pochette suggère une production fidèle au moule préétablie du thriller adolescent, le film de Jeffrey Gerritsen et John V. Soto est bien intentionné et fait preuve, par moment, d'une certaine originalité.



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