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THE CURSE OF FRANKENSTEIN1957
RÉALISATION: Terence Fisher Fondé en 1935, le studio britannique Hammer Film a fait son petit bout de chemin sans faire de véritable éclat pendant trois décennies. C'est en 1955 que tout a changé. Après que The Quatermass Xperiment ait connu un certain succès, le studio a décidé de se réorienter vers le film d'épouvante. Hammer est alors devenu un studio d'envergure en reprenant essentiellement les films de monstres classiques d'Universal (Dracula, The Mummy, The Wolf Man). Le premier sur la liste fut une réédition de Frankenstein. Emprisonné, Victor Frankenstein raconte à un prête comment il en est arrivé ainsi. Alors que sa mère meure, Victor hérite de sa fortune et est placé sous la garde d'un tuteur. Avec celui-ci il se découvre des passions pour la science et la médecine. Par contre, la passion de Victor va au-delà de celle de son mentor, lorsqu'il décide de réanimer un corps constitué de parties qu'il a volés un peu partout. Ses expériences tournent alors au cauchemar lorsque le monstre qu'il a créé se rebelle contre lui. Bien qu'elle puisse sembler évidente, l'idée de produire une nouvelle adaptation de Frankenstein (en couleur!!) de Mary Shelley comportait son lot de risques. Les droits d'auteurs du roman étaient du domaine public, mais toutes les altérations portées dans la série de huit films de la Universal étaient protégées (ce qui inclus le look du monstre et la méthode de réanimation). C'est donc avec la menace constante de poursuites que la production du film a débutée. Le scénario de Jimmy Sangster (Horror Of Dracula) met l'emphase sur l'évolution et les motivations de Victor Frankenstein. De sa jeunesse en tant qu'orphelin à la progression des ses expériences, The Curse Of Frankenstein apporte une nouveau regard sur le personnage de Victor Frankenstein. Le film étant majoritairement constitué de développement de personnages, il était important que ceux-ci soient interprétés par un groupe sélect. Peter Cushing nous présente un Victor Frankenstein sous un tout autre jour. Dans cette version, Frankenstein n'a aucun scrupule et ses actions le placent dans le clan des vilains. L'arrivé du monstre étant relégué au troisième acte, le film prend la forme d'un mélodrame macabre porté avec brio par un Cushing au sommet de sa forme. Ce dernier porte littéralement le film sur ses épaules, définissant à tout jamais le personnage de Victor Frankenstein. À l'aide du scénario élaboré, Cushing apporte une certaine authenticité qu'on ne retrouvait pas dans les adaptations précédentes. Son interprétation, une des meilleures de sa carrière, est des plus rafraîchissantes. Dans le rôle du monstre on retrouve le légendaire Christopher Lee (Horror Of Dracula, The Face Of Fu Manchu). L'acteur apporte certes quelques touches distinctives à son personnage, mais le scénario ne lui permet vraiment pas de laisser une marque quelconque. De plus, son maquillage est plutôt raté et semble avoir été appliqué à la dépêche. Il est vrai que l'apparence du monstre immortalisé par Boris Karloff dans le Frankenstein de James Whale est protégé par des droits d'auteur, mais ceci n'excuse pas le piètre travaille des maquilleurs! Heureusement, l'essentiel du récit repose sur la création du monstre et non le produit fini. Malgré tout, je dois donner crédit au réalisateur Terence Fisher (Horror Of Dracula, The Devil's Ride Out) qui réussit à apporter sa touche à la scène d'introduction du monstre. En étant à son premier film pour Hammer, Fisher y va d'une approche minimaliste, laissant plutôt les acteurs et les somptueux décors percer l'écran. Le style de réalisation de Fisher est simple, le cinéaste se contentant de peu d'alternance d'angles. Sa caméra est toujours placée au bon endroit au bon moment et c'est ce qui le rend efficace. La musique de James Bernard (Torure Garden) fait dans l'excès offrant ainsi une contradiction efficace avec la réalisation sobre. Le Frankenstein de James Whale est une oeuvre complexe qui a défini à tout jamais l'interprétation du roman de Mary Shelley. Malgré l'ombre que ce dernier lui porte, The Curse Of Frankenstein ressort comme étant une des adaptations les plus divertissantes.
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