DAMNED BY DAWN

2009

RÉALISATION: Brett Anstey
SCÉNARIO: Brett Anstey
AVEC: Renee Willner, Taryn Eva, Peter Stratford, Danny Alder et Bridget Neval

En s'autoproclamant inspiré autant par le cinéma de Sam Raimi que les classiques du studio Hammer, le film australien Damned By Dawn arrive en Amérique à grands galops! Et pour une fois, les références ne sont pas exagérées. Damned By Dawn fait agréablement penser à un film du studio Hammer sous la gouverne de Raimi! Il reste que le cinéaste a quand même encore quelques croutes à manger avant d'être dans la même ligue que ses influences.

Alors que sa grand-mère est mourante, Claire se rend visiter sa famille avec son copain. Seule avec sa grand-mère, cette dernière lui raconte la légende de la Banshee, un être surnaturel qui vient cueillir l'âme des personnes mourantes à l'aide de son cri strident. Croyant que sa grand-mère est légèrement sénile, Claire ne fait pas de cas de cette histoire, jusqu'à ce qu'un cri étrange la réveille au milieu de la nuit. Accourant au lit de sa grand-mère, elle aperçoit la fameuse Banshee venue la réclamer. Après hésitation, Claire pousse la Banshee du balcon, qui atterri sur le piquet d'une clôture. Elle apprend alors à ses dépens que d'intervenir dans le rituel de la Banshee a de macabres répercussions!

Bien qu'il en soit à son premier film, le cinéaste Brett Anstey démontre un savoir-faire impressionnant, alors qu'il livre un film à l'atmosphère envoutante où un revirement n'attend pas l'autre. S'il s'assume pleinement dans ses influences (le titre est d'ailleurs un clin d'oeil à Evil Dead 2: Dead By Dawn), cela n'empêche pas Anstey de traiter d'une légende trop souvent reléguée en second plan et d'offrir un scénario assez imprévisible. Le premier tiers du film est d'ailleurs très mystérieux et étonnement effrayant. Le brouillard est si prédominant qu'il aurait dû figurer dans la distribution et la vieille maison au milieu de nulle part appartenant à la famille de Claire est le point de départ idéal pour cette histoire d'épouvante.

C'est lorsque Claire croit s'être débarrassée de la fameuse Banshee que l'influence Sam Raimi débarque. Dès lors, les héros sont attaqués par des squelettes volants, des cadavres sortent de la terre et ceux qu'on croyait morts reviennent à la vie. Le tout, dans les bois peu réconfortants qui entourent la demeure familiale. Un peu comme l'avait fait Raimi avec son premier film, The Evil Dead, Anstey exploite à fond ce qu'il a entre les mains, à savoir une vieille maison et une forêt qui donne la chair de poule. Une bonne partie du film est consacré à la création d'atmosphère et l'anticipation des prochaines attaques de l'ennemie. Des techniques de réalisation simples, mais efficaces sont employées pour générer du suspense. Tout comme le préconise Raimi, on note aussi que Damned By Dawn incorpore des éléments surnaturels loufoques dans un contexte sérieux.

À part peut-être dans Cry Of The Banshee mettant en vedette Vicent Price, Damned By Dawn est un rare film à mettre en scène l'être légendaire, issu du folklore irlandais et écossais, qu'est la Banshee. Et lorsque le cinéaste n'a pas recours à des mouvements de caméra saccadés pour accentuer la lourdeur de ses cris, la Banshee imaginée pour le film procure son lot de frissons dans le dos. Si la légende l'entourant, marmonnée par la grand-mère en début de parcours, n'est pas très élaborée, il n'en demeure pas moins que le personnage est attrayant d'un point de vue horrifique.

Par contre, si l'effort déployé par le cinéaste et l'amour qu'il porte au projet sont palpable, certaines techniques utilisées pour venir à ses fins amoindrissent le produit final. Eh oui, le fameux CGI est la cause de bien des remous dans Damned By Dawn! À commencer par l'ajout de brouillard par ordinateur, l'altération digitale de la photographie et des squelettes volants peu convaincants. S'il est vrai que le film a un look beaucoup plus professionnel ainsi, il est difficile de ne pas se laisser déconcentrer par le manque de réalisme de certains effets, même si dans l'ensemble c'est très mineur comme défaut.

Brett Anstey aurait dû endosser une mentalité de série B, à défaut d'offrir un film moins tape-à-l'oeil. Le plus bel exemple survient vers la fin du film, alors que Claire est aux prises avec plusieurs squelettes qui tentent de l'engloutir dans la terre. Les mains utilisées pour les gros plans sont des accessoires, certes peu crédibles, mais qui offrent un charme indéniable à la séquence en plus de nous rappeler les beaux jours d'un certain Ash. Par contre, lors des autres séquences, les squelettes sont produits par ordinateurs et ne soutirent pas les mêmes frissons aux spectateurs. Anstey avait une vision plus grande que nature et se devait d'utiliser des effets numériques pour les mettre en scène. Le fait qu'il ait créé les effets indépendamment est un accomplissement en soi, mais une mise en scène plus restreinte aurait été beaucoup plus percutante.

N'empêche que pour un film distribué directement sur DVD et Blu-ray ayant bénéficié d'un minimum de couverture médiatique, Damned By Dawn est surprenant. Certes les défauts viennent souvent troubler notre plaisir, mais il est agréable de regarder une oeuvre produite par des gens qui ont le coeur sur la main.

  • Dany Champagne

  • Darkness Falls (2003)
    Drag Me To Hell (2009)

     

     
     


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