DANS TON SOMMEIL
2010
RÉALISATION: Caroline et Éric du Potet
SCÉNARIO: Caroline et Éric du Potet
AVEC: Anne Parillaud, Arthur Dupont, Thierry Frémont et Jean-Hugues Anglade
Peut-être suis-je complètement blasé ?
Depuis quelques temps, les films français rament pour me surprendre. Il y a quelques années, le mot France suffisait à mettre à genoux bien des amateurs en attente de films crades, et moi aussi. On repense toujours aux mêmes titres, mais à des titres qui ont su marquer bien des fanatiques d’horreur, dont la rédaction du site sur lequel vous surfez actuellement. Aujourd’hui, alors que les sorties se multiplient chez nos amis d’outre-Atlantique, la qualité n’est plus vraiment la même. L’odeur de réchauffé est bien présente. Peut-être manque t-il à ces nouveaux films l’espèce de précédent de violence établi par leurs grands frères ? Peut-être ont-ils été rattrapés par la banalité de leurs concepts parfois très réducteurs ? De ce fait, ma critique de Dans ton Sommeil se trouve être la critique d’un sous-genre qui commence à tourner en rond.
Sarah, infirmière, habite seule dans une grande maison de campagne. Isolée de la sorte depuis une tentative de suicide de son fils qui l’aura laissé dans un état végétatif et le départ subséquent de son mari, elle sombre dans une profonde dépression. Un soir, après avoir cumulé beaucoup trop d’heures de travail pour demeurer au chevet de son fils, elle renverse en voiture un jeune garçon du nom d’Arnaud. Ce dernier, qui lui évoque fortement son propre enfant, est pourchassé sur les sombres routes de campagne par un homme qui veut sa peau.
Par les producteurs d’À L’Intérieur, Dans ton Sommeil n’est ni plus ni moins qu’un espèce de patchwork final de tous les films d’invasions de domicile vus dans les dernières années. Le projet passe donc après Haute Tension, À L’Intérieur, Ils, l’introduction de Martyrs, Funny Games, The Strangers, etc ! L’invasion de domicile est une thématique intéressante et une continuation logique au climat de peur de l’Autre, climat excessivement fort partout dans le monde par les temps qui courent. Malheureusement, elle a été exploitée de nombreuses fois et Dans ton Sommeil n’est pas un film qui parvient à s’imaginer une approche distincte.
En effet, le film reprend plusieurs éléments assez classiques dès son introduction (une femme solitaire dans la quarantaine, délestée de tout par le destin) et ne parviendra jamais à débarrasser le spectateur d’un net sentiment de déjà vu. De plus, Dans ton Sommeil tente de mettre en scène des événements très violents comme l’assassinat d’une famille entière, mais le fait avec si peu d’intensité que l’on peut se permettre de regretter Haute Tension ou Martyrs. Le film passe après de gros morceaux, si bien qu’il laisse totalement indifférent.
En général, ce film n’est pas non plus très tendu. Il est doté d’une photographie maitrisée et d’acteurs intéressants (Anne Parillaud en tête de liste mais aussi Arthur Dupont et Thierry Frémont), alors que son évolution, entrecoupée de flash-backs lors des moments cruciaux, n’est pas si passionnante ! Le rythme est cassé dans le but de servir des revirements narratifs faibles et prévisibles. Sincèrement, qui ne s’attendrait pas à ça ? Dommage. Le film est d’une linéarité presque désarmante.
Et, en y réfléchissant bien, attablé devant Microsoft Word, je crois que c’est tout ce qu’il y a à dire sur un film de 70 minutes sans originalité !
Je ne crois pas être si blasé que ça. C’est Dans ton Sommeil qui l’est ! Le film reprend sans étincelles une recette trop classique. Je me demande sincèrement si les gens derrière ce projet croyaient s’en sortir avec tant de facilité ! Ce n’est pas mauvais, mais ça manque singulièrement de vie.



• In their Sleep (Titre d’exploitation anglophone)


• Ils (2006)
• À L’Intérieur (2007)
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