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DANTE'S INFERNO
2006
RÉALISATION: Sean Meredith
SCÉNARIO: Sean Meredith, Sandow Birk et Paul Zaloom
AVEC: Dermot Mulroney, James Cromwell, Tony Hale, Martha Plimpton et Scott Adsit
Si je vous dis Dante Alighieri, vous n’avez probablement aucune idée de qui il s’agit. Je dois vous avouer qu’il a 24 heures, je ne savais pas plus que vous qui est cet illustre personnage. Un réalisateur? Un acteur peut-être? Un musicien? Mmmmmm, non, non et non! Ce Dante est en fait un poète du XIIe siècle. Il écrivit, pendant sa courte vie, un sublime chef d’œuvre : The Divine Comedy. Il y raconte, à l’intérieur de nombreuses pages, la vie après la mort selon le christianisme. Alighieri se place au centre de l’histoire et nous décrit son passage dans l’autre monde où il traverse l’Enfer, le purgatoire et le Paradis. Vous comprenez que les artistes, au fil des siècles qui suivirent, s’inspirèrent de multiples façons de ce texte. Sean Meredith reprend le flambeau de ses prédécesseurs en tentant de moderniser le périple en Enfer sans toutefois détruire les vestiges de l’œuvre originale. À l’aide de ses anciens coéquipiers Zaloom et Birk, il encrera l’histoire dans un contexte contemporain où les péchés et les coupables nous sont plus reconnaissables.
Un homme, Dante, se réveille dans une ruelle sans se rappeler comment il a pu aboutir dans un tel endroit. Un vieillard, vêtu d’une toge, se présente à lui en le priant de le suivre au nom de sa bien-aimée. Déboussolé, Dante le suit. Il s’apercevra rapidement qu’il effectue une descente en enfer guidé par le poète Virgil. Il traversera les 9 cercles des ténèbres : les limbes où se trouve les non-baptisés, l’entre de la luxure où les pécheurs sont condamnés à baiser pour l’éternité (drôle de punition!!), celle de la gourmandise, de l’avarice, de la colère, des hérétiques qui brûlent dans leur tombe pour l’éternité, le domaine de la violence, des fraudeurs puis celui des traîtres qui sont prisonniers de la glace. Il fera finalement face à Lucifer lui-même et découvrira ce qui advient de ceux qui ont trahi Dieu. Pendant son long voyage, il rencontrera plusieurs personnalités controversées comme Hitler, Marilyn Monroe, Pol Pot, JFK, etc.
Dans son adaptation cinématographique, Sean Meredith utilise un procédé peu exploité qui représente parfaitement le cinéma d’animation underground. Et oui, ce film est une sorte de dessin animé non conventionnel. Ceux d’entre vous qui ont visionné son dernier film, In Smog and Thunder (2003), savent de quoi il est question. Je n’ai pas trouvé le nom juste de ce type de procédé, mais je dirais que ce sont des marionnettes en papier dessinées à la main. Ça semble peut-être moyen comme idée, mais les dessins sont attrayants et je vous assure qu’on embarque rapidement dans l’histoire.
De plus, on ne nous cache pas du tout l’idée de spectacle de marionnettes. Au contraire, on l’accentue à son maximum. Par exemple, on débute le film par une scène se situant à l’intérieur d’un théâtre où on entend une foule qui se tait peu à peu. Puis, l’intensité des lumières diminue et le rideau rouge est tiré pour laisser place à une scène où un décor est monté. L’action y commence naturellement. On remarque aussi que les ficelles et les bâtons qui articulent les personnages sont souvent volontairement apparents. On pourrait pousser à dire que c’est une sorte de mise en abîme qui nous empêche d’être trop passif devant les images qui nous sont montrées. On nous pousse au questionnement. Ce qui est une expérience unique en son genre et entièrement délectable. Finies les promenades main dans la main avec des scénaristes qui nous imposent leur vision. Sean Meredith et ses confrères ouvrent les portes à l’interprétation personnelle.
Malgré l’histoire qui semble avoir les deux pieds dans l’horreur, Dante’s Inferno penche beaucoup plus vers la comédie noire. On nous sert un cocktail de blagues parfois drôles, parfois douteuses saupoudré d’images crues et violentes. On trempe souvent dans le grotesque et le ridicule que les possibilités des marionnettes en papier accentuent aisément. Alors ne vous attendez pas à avoir peur, mais plutôt à vous bidonner de façon étrange.
Depuis la sortie de Dante’s Inferno, Meredith n’a toujours pas annoncé de nouveau projet en cours. J’espère de tout cœur que les nombreux prix qui ont récompensé son œuvre (entre autres, le prix « Best feature film » au festival de films underground de Lausanne) le motiveront à continuer.



• Creepshow (1982)
•Army Of Darkness (1993)

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