DARK FLOORS

2008

RÉALISATION: Pete Riski
SCÉNARIO: Mr.Lordi et Pekka Lehtosaari
AVEC: Skye Bennet, Noah Huntley, Dominique McElligott, Ronald Pickup et les membres du groupe Lordi

En 2006, un petit groupe Finlandais nommé Lordi gagna l’Eurovision Song Contest, avec une chanson intitulée « Hard Rock Hallelujah ». Mais ce qui retint l’attention ne fut pas leur chanson, ni que ce fut la première fois que la Finlande gagna le concours, mais bien que les membres du groupe portent tous des déguisements élaborés de monstres. Le groupe s’est alors fait une base de fans dévoués. Voulant profiter de tout cela, Lordi s’est retrouvé avec la possibilité de créer leur propre film. Avec Dark Floors, Lordi nous montre que leur succès instantané n’était pas nécessairement synonyme de talent.

La petite Sarah est malade et les médecins lui font passer une batterie de tests. Son père, épuisé de voir sa petite fille souffrir sans que les médecins ne trouvent quoi que ce soit, décide de quitter l’hôpital. Mais lorsque Sarah, son père et trois autres personnes se retrouvent dans l’ascenseur, celui-ci s’arrête subitement, pour ensuite les emmener au sixième étage, qui se trouve à être vide. Au fur et à mesure qu’ils descendent, l’hôpital se retrouve de plus en plus décrépi et d’énormes monstres les attaquent.

Dark Floors est à Lordi ce que le film Spice World fut aux Spice Girls, rien de moins qu’un véhicule promotionnel tourné sous forme de long métrage. Le film fut écrit par le chanteur de Lordi et tout le groupe se trouve à jouer un des monstres habitant l’hôpital. En fait, Dark Floors n’est rien de moins qu’un gros trip d’égo de la part de Lordi qui se sont dit que leur seul mérite d’avoir gagner l’Eurovision Song Contest méritait un film fait par eux et avec eux.

Tout d’abord, le scénario, co-écrit par Mr.Lordi et Pekka Lehtosaari, est extrêmement confus. Tantôt un film de monstre, parfois un film de fantôme, des fois un film de zombie, d’autres fois il flirte avec le fantastique, Dark Floors ne prend aucune position par rapport à tout ces genres. Au lieu de s’abandonner complètement dans un seul genre, il ne fait que tous les effleurer, sans vraiment puiser le meilleur de chacun. C’est donc normal qu’en plus, les scénaristes n’offrent vraiment aucune explication concluante aux événements. Là encore, ils puisent un peu partout dans les thèmes et tons qu’ils empruntent. On se retrouve donc avec plein d’éléments mis dans un broyeur et la mixture que cela nous donne se trouve à être le scénario.

Le pire est encore à venir. Malgré tout cela, Lordi et Lehtosaari réussissent quand même à démolir encore plus leurs textes en créant non seulement des personnages crétins, mais aussi des dialogues giga prévisibles. C’est extrêmement mauvais signe quand on peut, à l’avance, prédire ce que les personnages vont dire ou faire dans certaines situations. De plus, les protagonistes sont incroyablement stupides. Pendant près d’une heure, ils répètent sans arrêt « What the hell is this? » dès que quelque chose de bizarre se produit et, tout à coup, ils acceptent ce qui se passent et se mettent à discuter d’univers parallèles et de monstres, comme si cela était la chose la plus logique du monde. Rarement au cinéma, il n’y aura eu personnages plus antipathiques que cela. Sans parler que, de plus, ils sont des produits concentrés de clichés. Par exemple, il y a le personnage mystique qui semble en savoir plus que les autres, l’infirmière super naïve et candide ou encore le personnage hyper chiant qui « bitch » tout le monde. Ce dernier est le pire. À mon avis, il ne meurt pas assez tôt dans le film!

Toute cette médiocrité est carrément vomis par l’entremise d’acteurs sans talents particulier qui ne semblent ni comprendre ce qu’ils font là et encore moins la motivation de leurs personnages. À vrai dire, la seule performance qui m’a convaincue est celle de Sarah. L’actrice, qui devait jouer son personnage comme une autiste, avait la plupart du temps sur le visage la même expression que moi en regardant le film : les yeux vagues, le regard vide, un coulis de bave sur le menton et gémissant de douleurs.

Dark Floors ressemble malheureusement à une pale copie, ou hommage, à Silent Hill. Alors que les personnages descendent les escaliers, les étages deviennent plus délabrés, sombres et remplis de cadavres, un peu leur version du changement de réalité. De plus, aléatoirement, ils se font attaquer par les monstres, zombies et autres créatures démoniaques. Tout ça, car les forces du mal veulent kidnapper Sarah pour une mystérieuse raison. Que l’on veuille s’inspirer de Silent Hill pour faire un film, c’est bien correct, mais étant fan non seulement des jeux mais aussi du film, je trouve l’inspiration faite par Lordi extrêmement insultante!

Mais bon, donnons à César ce qui appartient à César. Il n’y a que deux éléments qui m’ont empêchés de sortir en trombe de la salle de cinéma. Premièrement, chapeau au département des effets spéciaux. Les décors qu’ils ont créés sont absolument fabuleux. Plus le film avance, plus l’hôpital à un aspect horrifique et démoniaque. De plus, les costumes créés pour les personnages de Lordi sont tout aussi savoureux. À la limite entre l’épeurant et le grotesque, ils sont l’un des trop peu nombreux points positifs au film.

L’autre aspect intéressant provient, par je ne sais quel miracle, du scénario. Durant le film, on apprend que les personnages se retrouvent prisonniers du temps. Non seulement il est arrêté, mais des événements qui se produisent maintenant sont en fait des répercussions d’événements se produisant plus tard. Par exemple, l’un des personnages se promènent dans le corridor et trouve deux vieux cadavres empalés sur une perche. Plus tard dans le film, on voit la bataille entre l’un des démons et l’un des personnage qui se termine alors que le démon, blessé par la perche, fait une brochette avec celui qui l’a blessé. Cet aspect du film est extrêmement original et aurait tellement dû être mieux exploité, mais ce n’est pas le cas.

Fait intéressant : Dark Floors est le film Finlandais le plus coûteux de son histoire. Un film qui a tout simplement été un énorme flop dans son pays natal. Dark Floors est tout simplement quelque chose qui n’aurait jamais dû être. Un film fait par un groupe qui a été propulsé beaucoup trop tôt, et sans raison, vers la célébrité.

  • Dominic Paulhus

  • • Thirteen Ghosts (2001)
    Silent Hill (2006)

     

     
     


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