RÉALISATION: Paul Fox
SCÉNARIO: Wil Zmak
AVEC: Kate Greenhouse, Aidan Devine, Gordon Currie, Iris Graham et Dov Tiefenbach
The Dark Hours est un film canadien que j'ai eu la chance de voir au Festival Fantasia 2005. Le Dr Samantha Goodman apprend qu'elle a une tumeur au cerveau. Enivrée par le stress que lui procure son travail et la mauvaise nouvelle qu'elle vient d'apprendre, elle décide de décrocher durant quelques jours. Elle décide d'aller rejoindre son mari qui est allé passer le week-end dans son chalet avec sa jeune soeur. Arrivée là-bas, elle est visitée par un de ses anciens patients qui les prend en otage pour les faire jouer à des jeux aussi macabres que cruels.
Le film nous a été présenté comme étant le meilleur film d'horreur canadien de tous les temps par l'animateur de la soirée. Je ne crois pas que ce soit le cas (Ginger Snaps, The Changeling et The Brood me viennent en tête), mais le réalisateur Paul Fox nous offre néanmoins un film d'horreur psychologique de haute qualité. The Dark Hours débute de façon assez conventionnelle. Trois personnages (et un chien ...) sont dans un chalet au milieu de nulle part. Un maniaque arrive et le carnage est à l'horizon. C'est alors que l'histoire devient totalement imprévisible. Le scénario est non-linéaire, un peu à la façon de Pulp Fiction, mais beaucoup plus tordu. En tant que spectateur, on est invité à faire un voyage dans la tête de Samantha et laissez-moi vous dire que ce n'est pas rose bonbon là-dedans.
L'aspect le plus intéressant du film est de voir le maniaque à l'oeuvre. Ce dernier est complètement tordu et pousse ses petits jeux à l'extrême. Parmi ceux-ci, il y a le jeu du téléphone qui consiste à choisir un numéro de téléphone au hasard dans le calepin d'un des personnages. Il le compose et laisse une des victimes demander de l'aide en moins de trois secondes. Après, elle doit raccrocher ou elle se fait tuer. Pour ajouter du piquant, à chaque appel fait, la victime doit enlever un morceau de linge. Un autre jeu est une version explicite de "vérité ou conséquence", qui vire au désastre lorsque le mari de Samantha doit baiser avec la soeur de celle-ci. Le tout devant Samantha qui en restera traumatisée. Malgré que The Dark Hours mise plus sur l'aspect psychologique de l'horreur, le film comporte néanmoins plusieurs moments gores. Les scènes de meurtres sont très brutales et intenses. Il y en a une en particulier qui rappelle un des meilleurs moments de The Shining. Une autre scène impliquant un doigt coupé a fait gémir le cinéma en entier, pendant plus d'une minute.
Paul Fox nous offre une excellente réalisation. Il a réussi à faire des miracles avec un budget de 500 000$. Honnêtement, on se croirait dans un film de 5 millions en budget. Ce qui rend le film plus crédible est l'excellente distribution. Du lot, Kate Greenhouse, dans le rôle de Samantha, est très bonne. C'est la Jennifer Connelly canadienne. Aidan Devine pousse à l'extrême son rôle de maniaque et il est évident qu'il a eu un immense plaisir à le personnifier. La musique de E.C. Woodley, principalement composée de violons distorsionés, est très efficace.
D'un autre côté, le scénario mise souvent sur des moments humoristiques, qui freinent l'intensité du film. On est loin de la comédie, mais personnellement, j'aurais garder un ton sérieux du début à la fin. Aussi, certaines motivations des personnages sont un peu douteuses. Le montage non-linéaire et les nombreux revirements (que je ne révélerai pas) en font aussi un film qui n'est pas pour tout le monde. À la fin, rien ne nous est expliqué et le réalisateur force le public à se creuser les méninges.
The Dark Hours n'est peut-être pas le meilleur film d'horreur canadien de tous les temps, mais le film de Paul Fox démontre que les Canadiens sont parmi l'élite en terme de films d'horreur.