DARK HOUSE

2009

RÉALISATION: Darin Scott
SCÉNARIO: Darin Scott
AVEC: Meghan Ory, Jeffrey Combs, Diane Salinger, Matt Cohen et Shelly Cole

Qui ne se souvient pas de son baptême de feu dans une maison hantée récréative? L’expérience est constituée d’une longue attente en file où notre anxiété augmente à mesure que nous nous approchons de la porte d’entrée, suivi de trois minutes pendant lesquelles des monstres robotisés mal huilés tentent de nous effrayer. La fin du manège est généralement suivie de la phrase: « je ne perdrai plus jamais mon temps à attendre pour quelque chose d’aussi niaiseux! ». Mais vous savez très bien qu’à la prochaine visite, vous serez premier en ligne!

Un des huit films de la collection 2010 Fangoria Frightfest, Dark House traite d’un orphelinat supposément hanté qui est transformé en attraction par le gourou des maisons hantées récréatives. Walston Rey est reconnu à travers les États-Unis pour ses maisons hantées, mais dernièrement, il a perdu la touche. L’orphelinat est l’endroit idéal pour tester une nouvelle technologie qui utilise des lasers et des hologrammes pour recréer des menaces à travers la maison. Par souci d’authenticité, il a engagé des étudiants en art dramatique pour jouer des rôles dans la chorégraphie de la maison. Lorsque Rey présente sa nouvelle attraction à deux critiques de maisons hantées récréatives (où est-ce que j’envoie mon CV pour un tel emploi?), les vrais fantômes de l’orphelinat prennent possession de l’ordinateur de la maison hantée. Croyant avoir à faire à des hologrammes, les journalistes et les acteurs sont rapidement aux prises avec une menace bien réelle.

L’attrait d’une maison hantée récréative est d’être effrayé dans le confort douillet de la redondance et de la prévisibilité. Dark House accomplit cette tâche pour une bonne partie de sa durée. En fait, lorsqu’il se comporte comme le sujet dont il traite, le film de Darin Scott est assez divertissant. Plus qu’il ne devrait l’être, même. Scott nous balance des hausses subites de sons et des effets spéciaux douteux au visage à un rythme constant. Bref, le genre d’éléments qui fait généralement grincer des dents les amateurs de cinéma d’horreur. Compte tenu du sujet du scénario, il est facile de pardonner l’utilisation de ces effets cheaps. La tâche d’une maison hantée n’est-elle pas de tenter de soutirer désespérément un quelconque sursaut de la part des visiteurs ? Sur ce point, Dark House mérite une bonne petite tape sur l’épaule pour l’effort.

Visuellement, et dans un sens thématiquement, Dark House est comparable au remake de House On Haunted Hill qui met aussi en vedette Jeffrey Combs. Les deux films relèguent l’atmosphère de côté au profit d’effets spéciaux exubérants, de décors colorés et de monstres diversifiés. Scott, qui s’était fait remarquer aux débuts des années 90 grâce à son scénario de Tales From The Hood, fait le saut dans le rôle de réalisateur et s’en sort plutôt bien. Ce dernier ne fait pas dans la finesse, mais il a le mérite de garder le spectateur attentif. Il faut dire aussi que l’acteur Jeffrey Combs (Re-Animator) devait avoir le projet à cœur, puisqu’il est très motivé dans le rôle du promoteur.

Si Dark House donne l’impression que notre passage dans une maison hantée ne sera pas soldé par un roulement des yeux, la porte vient nous frapper le derrière à la sortie. Non satisfait d’avoir sous la main un petit divertissement léger, Scott change de cap à la toute fin venant nous offrir pas un, mais bien deux revirements contradictoires! La tentative de fin ouverte suggère que le spectateur doit se questionner sur les événements du film et en venir à sa propre conclusion, mais il est difficile de tenter d’analyser une finale illogique et contradictoire. Et si l’envie vous prend d’entendre les explications du réalisateur et du producteur sur la piste de commentaires audio, vous allez vous buter à deux cinéastes prétentieux qui se flattent mutuellement dans le sens du poil, visiblement fiers de leur coup! La recette des monstres qui crient «Boo! » fonctionnait, pourquoi l’avoir abandonnée?

Je l’avoue, j’ai baissé mes gardes et je me suis laissé charmer par une œuvre douteuse au passage. Mon imprudence est venue me mordre les doigts et j’en ai payé le prix en sortant frustré du visionnement. Malgré qu’il nous procure quelques bonnes frousses, Dark House ressort comme un film qui se pense plus intelligent qu’il ne l’est. Ce qui est certain, c’est que si une suite voit le jour, « je ne perdrai plus jamais mon temps à attendre pour quelque chose d’aussi niaiseux! »

  • Dany Champagne

  • House On Haunted Hill (1999)
    Tales From The Hood (1995)

     

     
     


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