THE DARK LURKING

2010

RÉALISATION: Gregory Connors
SCÉNARIO: Greg Connors
AVEC: Tonia Renee, Bret Kennedy, Ozzie Devrish, Dirk Foulger, Roslyn van Doorn

Je suis certain qu’il existe, quelque part dans les tréfonds de l’Alaska ou de l’Iowa, un fan profond et indémontable de séries B. Un vrai de vrai ! Un type qui ne jure que par ça, un gars pour qui l’adaptation cinématographique de Doom et le Resident Evil d’Anderson sont la Mecque du cinéma contemporain. Un gars qui voue un culte sincère à Umberto Lenzi ou Uwe Boll pour tout ce qu’ils apportent dans sa vie (Auschwitz ? Laissez-moi rire). Un gars pour qui une scène d’action illisible est l’équivalent d’un bon Tarantino chez la majorité. Un gars pour qui les deux choses importantes d’une bonne soirée cinéma sont la pluie diluvienne de stéréotypes et l’explosion finale digne de ce nom ! Je suis sûr qu’il existe quelque part un public cible pour The Dark Lurking, quoi !

Lena se réveille, amnésique, dans une mystérieuse pièce blanche. Tentant en vain de se remémorer quelque souvenir que ce soit, elle tombe rapidement sur un commando de militaires subissant les assauts de créatures mutantes. Il se trouve que ces dernières ont entièrement investi le complexe scientifique dans lequel notre beau monde se trouve. Jusqu’ici, il est normal que ce synopsis vous évoque fortement Resident Evil. Mais en fait, les laboratoires se situent sur une autre planète. Et un quelconque scientifique mégalomane a réussi à activer une relique datant de l’époque d’Hitler (?), qui attire 150 000 monstres de latex sur nos pauvres héros.

Réussiront-ils à s’en sortir avant que l’explosion thermonucléaire programmée par les autorités galactiques ne les réduise en tas de cendres ?

On ne se le cachera pas, trouver quelque chose à dire sur The Dark Lurking est à peu près aussi fastidieux que de regarder ce film dans son entièreté ! D’abord, celui-ci dispose d’un scénario à l’image de ce qu’écrirait un enfant de 12 ans, la tête pleine d’idées et d’images intenses, se foutant encore pour le moment d’hypothétiques subtilités psychologiques ou émotionnelles. Et vous voulez que je vous dise ? C’est exactement pour ça qu’Hollywood ne confie pas ses budgets à des enfants de 12 ans !

Et oui, cette dernière affirmation est parfois douteuse, aux vues du travail de Michael Bay.

Ce film se résume, principalement, à une trame narrative ténue qui s’appuie sur un nombre incalculable de fusillades et d’affrontements très peu crédibles avec les monstres. Si seulement ces éléments avaient un certain intérêt ! Le réalisateur est particulièrement brouillon et en appelle à une mise en scène au-dessus de ses moyens. Malgré un film entier passé dans les sombres dédales du complexe scientifique, le désir de créer une ambiance fermée qui se transmet au spectateur demeure de l’ordre du fantasme. Le sort réservé à chacun des personnages est d’une prévisibilité alarmante, ceux-ci disparaissant un à un aux mains de créatures qui, au moins, possèdent une certaine crédibilité visuelle.

D’ailleurs, The Dark Lurking nous introduit à des personnages que l’on croirait presque reconnaître. Oui oui, puisqu’on a passé des centaines d’heures de nos vies en compagnie de ces stéréotypes classiques ! Se côtoient l’éternel sosie de The Rock, le pauvre lieutenant qui succombe d’une griffure au visage (abandonnant les autres à leur sort, puisque le film n’est commencé que depuis 20 minutes) ainsi que le militaire mauvais garçon qui va prendre du grade et devenir le plus courageux de tous… Ces types doivent escorter des scientifiques exécrables. Difficile d’éprouver une quelconque empathique pour les couards, le mégalo qui finira comme finissent tous les mégalos de séries B ou les bitchs de service ! Tout le monde s’engueule vertement à coups d’one-liners punchés, ponctués de quelques sacrifices courageux et d’horribles (feel the sarcasm in my voice) mutations physiques. Après qu’on ait baillé longuement, le film s’achève bêtement avec le destin de Lena, que les scénaristes se sont efforcés de nous faire comprendre depuis 80 minutes à l’aide d’une intrigue des plus louches ! La relique hitlérienne dans l’espace ? Pouviez-vous faire plus cliché, s’il vous plaît ? Il est connu que le nazisme et la science-fiction font rarement le meilleur des mariages!

Sauf si, bien entendu, They Saved Hitler’s Brain incarne pour vous le bon goût cinématographique. À ce moment là, j’imagine que vous êtes prêts pour ce The Dark Lurking.

Je ne sais pas quoi vous dire de plus. Je ne comprendrais vraiment pas une personne faisant des pieds des mains pour acquérir un film aussi miteux et convenu. Convenu, un mot régulièrement employé dans ma caractérisation des séries B de ce genre. Peu importe, je suis certain qu’après la publication de cette critique je n’entendrai plus jamais parler de The Dark Lurking. Dépêchons, donc !

  • Marc-Antoine Labonté

  • • Resident Evil (2002)
    Pandorum (2009)

     

     
     


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