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DARK WATERS
1993
RÉALISATION: Mariano Baino
SCÉNARIO: Mariano Baino et Andy Bark
AVEC: Louise Salter, Venera Simmons, Mariya Kapnist, Lubov Snegur et Alvina Skarga
J’ai toujours eu un faible pour les films de nonnes sataniques. Malheureusement, la majorité d’entres eux sont mauvais. Faute de budget, d’ambition, de talent ou les trois (oui, je pense à Bruno Mattei), il est assez difficile de prendre au sérieux ces films qui blasphèment allègrement la religion catholique avec nudité, violence et satanisme. C’est là où Dark Waters intervient. Bien plus qu’un autre "nunsploitation", le premier long-métrage de Mariano Baino rend hommage au cinéma italien des années 70 et 80 en évitant de tomber dans la facilité et la gratuité.
Elizabeth (Louise Salter) est une londonienne qui vient d’hériter de la fortune de son père récemment décédé. Elle doit se rendre sur une île recluse, dans un couvent très ancien qui abrite une communauté de sœurs extrêmement dévouées à leur religion, dans le but d’éclaircir les raisons obscures pour lesquelles son défunt père finançait ce couvent et pourquoi devrait-elle continuer ces paiements. Suite à une rencontre avec la mère supérieur (une vieille dame aveugle qui s’exprime par grognements gutturaux), Elizabeth est invitée à séjourner au couvent afin de "se donner le temps de comprendre", puisque de toute façon, le bateau qui fait la navette entre l’île et le continent ne passe qu’une fois par semaine. Dès la première nuit, Elizabeth est témoin d’activités inquiétantes se déroulant dans les catacombes du couvent.
Sarah (Venera Simmons), une nonne aimable mais suspecte, est la seule personne dont Elizabeth peut espérer de l’aide. Elle lui confesse qu’avant de mourir, son père lui a avoué qu’elle est née sur cette île et qu’elle y a vécu jusqu’à l’âge de sept ans. Il lui a aussi fait promettre de ne jamais y remettre les pieds; Promesse qu’elle regrette amèrement de ne pas avoir tenue. Les souvenirs de son enfance resurgissent progressivement alors qu’Elizabeth est la proie des nonnes sataniques. Vingt ans plus tôt, une amulette à l’effigie de "la bête" fût brisée, écartant temporairement le mal qui règne au couvent, mais les sœurs on depuis reconstitué la pierre sacrée, faisant resurgir "la bête" à l’aide d’incantations et de sacrifices humains. Avant la fin de son voyage, Elizabeth sera confrontée à ses vraies origines, chose qu’elle aurait préféré garder dans l’oubli…
Dark Waters fait partie de ces films dont j’ai trop longtemps négligé l’écoute mais qui me font réaliser que "vaut mieux tard que jamais". C’est un film très ambitieux, qui met en scène des décors sublimes et une cinématographie beaucoup mieux maîtrisée que ce que les films de série B nous ont habitués à voir, mais d’abord et avant tout, c’est un excellent film d’horreur. (À ne pas confondre avec Dark Water, le film de fantômes japonais ou son remake américain avec Jennifer Connelly.) À la base, ce film devait être une production à grand déploiement mais dans l’une des nombreuses entrevues accordées par le réalisateur Mariano Baino pour l’édition spéciale du DVD, nous apprenons que les choses on très mal tournées durant le tournage en Ukraine : Retards de cédules, délais de livraison de pellicule et d’accessoires, problèmes avec certains comédiens et techniciens toujours saouls qui ne parlent pas un mot d’anglais, bref, un cauchemar qui pourrait presque faire rivalité au tournage d’Apocalypse Now.
On apprend aussi que la motivation première pour faire ce film était de faire un film d’horreur terrifiant, sans situations humoristiques ou adolescents en chaleur, ce qui contribue grandement à sa réussite. Peut-être en partie à cause de tous les problèmes rencontrés lors de la production, Dark Waters jouit d’un charme indéniable. Les tensions et malheurs semblent avoir donnés une âme au produit fini, ce qui est plutôt rare dans le cinéma (tous genres confondus). J’ai déjà mentionné que l’un des points fort est la splendide photographie mais je dois aussi souligner la trame sonore. Baino à eu la brillante idée de mélanger de l’orgue lourd à des comptines russes chantées par des enfants et des pleurs de poupons durant certains moments clés du film, ce qui génère une atmosphère authentiquement sinistre une fois mélangé aux images sataniques.
Je dois avouer que je suis encore sous le charme de Dark Waters, par conséquent, mon jugement pourrait en être légèrement altéré. Il est assez rare que je me tape un film deux fois de suite et une fois de plus le lendemain avec les commentaires du réalisateur (trois fois en moins de 24 heures donc). Le premier visionnement m’a charmé, le deuxième m’a bouleversé et le troisième m’a fait m’incliner devant ma télé. Je ne comprends pas pourquoi ce film ne jouit pas d’une plus grande popularité car c’est véritablement un petit chef-d’œuvre du cinéma d’horreur! Comme on dit : À chacun ses classiques – et Dark Waters fait désormais partie des miens.



• Dead Waters (titre vidéo / États-Unis)


• Alucarda (1978)
• Cemetery Man (1994)
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