DAYBREAKERS

2010

RÉALISATION: Michael Spierig et Peter Spierig
SCÉNARIO: Michael Spierig et Peter Spierig
AVEC: Ethan Hawke, Willem Dafoe, Sam Neil, Claudia Karvan et Michael Dorman

Hey! Le jeune! Oui, toi le jeune! Tu es tanné de voir des films dans lesquels les vampires sont romantiques? T’es tanné de voir des suceurs de sang faire la baboune car ils sont malheureux? Tu te dis qu’une créature de la nuit ne devrait pas briller au soleil comme de la sueur sur le front d’un obèse? Eh bien, viens essayer notre nouveau produit; Daybreakers!

2019. Depuis dix ans, l’humanité disparaît peu à peu et laisse place aux vampires, qui sont présentement la race dominante. Ces derniers ont repris la société en main et traitent les humains comme du bétail. Mais lorsqu’il n’y a presque plus d’humains, ça veut dire qu’il n’y a presque plus de nourriture. Edward ( original! ) est un vampire hématologiste qui recherche un substitut au sang humain. Mais lorsqu’il entrera en contact avec des humains, il découvrira qu’il existe quelque chose de mieux, un remède! Mais il devra faire vite, car la population de vampire affamée se transforme en d’affreuses créatures qui menacent désormais les deux races.

Daybreakers commence fort! Durant les premières cinq ou dix minutes, le film nous explique en détail, et sans réels dialogues, ce qui s’est passé et installe ainsi le ton du film. Sans pouvoir l’expliquer, durant ces moments, on ne peut s’empêcher de penser à une version contemporaine des films du studio Hammer, mélange d’ambiance et d’hommage. La réussite muette des frères Spierig (Undead) n’est que le début. Le reste du film est tout aussi léché et mélange parfaitement l’ambiance sensuelle des films d’horreur avec des scènes d’action purement hollywoodiennes. Ainsi, une poursuite d’auto dans laquelle il y a de l’action sur les routes et à l'intérieur de la voiture devient une scène hautement artistique.

La difficulté avec les films de vampires est de se les approprier. On peut rester classique en ne réinventant pas la roue ou on peut changer les règles et créer quelque chose de nouveau à partir de quelque chose de vue et revue. C’est ce que nous propose Daybreakers. Non seulement on nous offre un film dans lequel les vampires ont gagné, mais on nous sert aussi une nouvelle mythologie. Il n’y a pas grand-chose de changer, mais les petits détails font toute la différence. Par exemple, lorsque les vampires se font enfoncer des pieux dans le cœur, ils ne disparaissent pas en tas de poussières à la Buffy, mais ils explosent comme des putains de grenades. De plus, qu’est-ce qui arrive lorsque les vampires crèvent de faim? Ils se transforment en monstres horribles et surpuissants. C’est surtout ce dernier élément qui, à mon avis, vient nous donner de la nouveauté et dirige l’histoire sur de nouveaux territoires.

D’ailleurs, ces nouveaux vampires ont une apparence terriblement terrifiante. Le contraste entre ces bestioles et les vampires aux allures subtils et sensuellement dangereux donne un ton unique au film. C’est comme si on mélangeait au blender Twilight, Interview with The Vampire et 30 Days of Night. De plus, visuellement, ces créatures sont effrayantes. Les maquillages sont fabuleux, bien que la plupart des effets soient par ordinateurs.

Côté gore, le film nous donne de petits bonbons ici et là, mais rien d’exceptionnel… jusqu’à la fin. Lors du paroxysme final, le film passe de subtil à carrément démentiel avec une boucherie incroyable. Du sang, du gore, des morceaux qui revolent partout, en veux-tu, en voilà! C’est d’autant plus surprenant, car le film ne nous laisse jamais présager qu’il possède une ambiance aussi écœurante, dans les deux sens du terme.

Daybreakers est le premier film d’horreur de 2010 et déjà, j’ai deux noms pour les Citrouilles D’Or dans la catégorie des meilleurs acteurs : Ethan Hawke et Willem Dafoe. Hawke, dans son premier rôle au cinéma d’horreur, vient nous charmer par sa présence unique. À la fois dangereux, charismatique et sympathique, Hawke vient de livrer une prestation presque aussi prodigieuse que celle dans Gattaca. Mais la palme revient définitivement à Dafoe, qui nous offre un personnage nouveau dans sa large palette. Drôle, rythmé, intense, il nous prouve qu’il est un grand acteur. C’est tout un tour de force de réussir à s’approprier un personnage qui semble avoir été fait sur mesure pour un type du genre d'Arnold Schwarzenegger, surtout avec la shape qu’il a!

Pas du tout ce a quoi je m’imaginais, Daybreakers vient quand même me séduire. C’est dommage par contre qu’il ne puisse allumer la petite étincelle en moi, car le film mérite presque une note plus haute, mais il manque un petit quelque chose. Du moins, Daybreakers reste un film que je recommande fortement, surtout à ceux en manque de vampires qui ne semblent pas sortir d’un catalogue de chez Sears!!

  • Dominic Paulhus

  • • L'Aube Des Survivants (version française/Québec)

     

    Thirst (1979)
    30 Days of Night (2007)

     

     
     


    Horreur Web © 2003-2010
    Création/rédaction: Dany Champagne • Graphisme: Daniel Bérard