| |
DEADGIRL
2008
RÉALISATION: Marcel Sarmiento et Gadi Harel
SCÉNARIO: Trent Haaga
AVEC: Shiloh Fernandez, Noah Segan, Micheal Bowen, Eric Podnar et Jenny Spain
Je devais, au départ, aller voir Deadgirl cette année au festival Fantasia. Cependant, il était diffusé un vendredi soir à minuit. Ne pouvant avoir un « lift » pour revenir à la maison, j’ai décidé de passer mon tour, en le regrettant amèrement. Finalement, bien que j’aie bien aimé le film, ce ne fut pas une si grande perte que ça.
Rickie et J.T. sont deux amis un peu losers. Alors qu’ils font l’école buissonnière, ils vont vers un vieil hôpital psychiatrique pour boire de la bière et faire des dommages. Mais dans le sous-sol, ils font une découverte qui changera leurs vies; une jeune femme nue attachée sur une table. Alors qu’elle semble morte, ils réalisent qu’elle est plutôt entre la vie et la mort, ni morte, ni vivante. J.T. décide tout de suite de la garder afin de s’amuser avec. Cela mettra de la pression entre Ricki et J.T. au point où les événements débouleront de façon dramatique.
Deadgirl est un heureux mélange de plusieurs pièces d’un même puzzle, mais qui ne s’imbrique pas ensemble. Le portrait final est divertissant, mais non homogène. Le scénario de Trent Haaga est à la fois un film noir et une comédie pour adolescents. Cependant, alors que le film noir n’est pas assez exploité, la comédie tombe aussi à plat. Ce qui m’a plu dans le scénario est que c’est le genre de film dont les humains sont plus dangereux que le monstre lui-même. Dans ce cas-ci, J.T. est celui qui cause le plus de problèmes et non la morte-vivante. Presque instantanément, sa psyché subit un traumatisme incomparable et commencera à perdre contact avec la réalité. Ce qui est dommage, c’est que le personnage est trop peu détaillé. On le voit tomber dans la folie, mais on ne nous explique jamais pourquoi et l’on ne tente pas de nous donner un aperçu de ses raisons. De plus, le changement se fait de façon automatique et trop rapidement.
Bien que son personnage soit mal développé, c'est réellement le jeu de l'acteur Shiloh Fernandez qui pousse le personnage dans la boue. Fernandez est trop bouffon quand il doit être intense et trop intense quand il doit être charmant. Au point où il a plus l’air d’un maniaque prêt à violer qu’un jeune homme charmant. Au moins, Jenny Spain sort décidément du lot. En incarnant la jeune "zombie", elle démontre une présence incroyable. Elle ne dit presque rien, ne fait presque rien, et pourtant, on sent sa présence durant chaque scène, même si elle ne fait qu’être couchée toute nue sur une table.
Par moment, le film est carrément intense et assez difficile à regarder. Parfois, à cause de la réalisation, parfois à cause du non-dit, mais Deadgirl possède quelques scènes qui en font un long métrage intensément intéressant. Lorsqu’il découvre la jeune femme, J.T. pète alors une coche et se met à abuser de celle-ci. Il la viole sans arrêt, l’offre à ses amis qui se mettent même à pénétrer certaines de ses blessures, car son sexe est trop sec. La violence sexuelle du film est dure et c'est sans compter quelques scènes gores, dont une scène de fellation fatale!
Cependant, le film comporte un peu trop de défauts pour son bien. Deadgirl prend beaucoup trop de temps avant de déboucher et il ne se passe pas grand-chose. Ainsi, on voit souvent J.T. en train de passer beaucoup de temps avec sa zombie. Malheureusement, on ne fait qu’effleurer le sujet, sans jamais s’y attarder comme il se doit. Alors, on nous donne des scènes ennuyantes, mais qui ne devraient pas l’être.
Deadgirl est difficile à cerner. Intéressant, mais mal exploité. Trop long, mais on en redemande encore. Parfois dérangeant, mais cela aurait pu être mieux. Malgré tout, j’ai passer un bon moment en regardant ce film. L’arrière-goût que le film nous laisse est plaisant, mais il est évident qu’il aurait pu être mieux travaillé.



• La Morte-Vivante (version française/Québec)


• Dread (2009)
• Zombie Honeymoon (2004)
| |
|