DEAD TONE

2007

RÉALISATION: Brian Hooks, Deon Taylor
SCÉNARIO: Brian Hooks, Deon Taylor, Vashon Nutt
AVEC: Brian Hooks, Jud Tylor, Aimee Garcia, Wil Horneff, Rutger Hauer

À la base, le Slasher n’est pas vraiment le genre qui me parle le plus. Il me divertit avec une belle régularité, mais j’éprouve souvent un arrière-goût amer devant toutes les incohérences qu’on aligne sous mes yeux. Parfois, même, il n’y a dans les titres les plus faibles qu’une série de meurtres et un océan d’illogisme. Malheureusement, c’est bien le cas du sujet principal de cette critique. La plupart d’entre nous, s’ils avaient à nommer les titres les plus influents du Slasher, mentionneraient probablement parmi d’autres Scream et When a Stranger Calls. Le premier film de Brian Hooks et Deon Taylor ne s’est pas cassé la tête, il reprend la recette du psychopathe téléphonique et l’adapte à sa sauce. Une sauce en sachet, de toute évidence !

Lors d’une soirée organisée par leurs parents, sept enfants qui s’emmerdent fermement décident de faire quelques gags téléphoniques. Tout se passe bien pour les exécrables chérubins, jusqu’à ce qu’un type excédé leur fasse des menaces assez explicites (!). Plus tard dans la soirée, il débarquera bel et bien dans la maison, troublant à coups de hache la réunion des parents. Dix ans après le massacre, quelqu’un revient pour éliminer les enfants… La majorité du film suit les péripéties de deux d’entre eux (ce n’est vraiment pas clair), qui se retrouveront à jouer au même jeu (?) pendant une fête bien arrosée, à téléphoner au même type (?) qui reviendra massacrer les convives (?). L’histoire explique difficilement par quel hasard ils ont téléphoné au même tueur, surtout puisqu’il avait déjà débuté sa ronde meurtrière avant cet appel ! En effet, deux policiers enquêtent parallèlement sur les meurtres de trois de nos plaisantins d’antan.

Dead Tone est un film tourné en 2005 qui, non content de sa prémisse toute sauf originale, vous laissera probablement dans une indifférence des plus totales. Son scénario est bien trop laborieux pour que qui que ce soit s’y investisse réellement. D’un côté, il propose une intrigue extrêmement dure à suivre. De l’autre, un film d’horreur qui laisse régulièrement le spectateur dans une impression de déjà vu. Dès l’introduction, on assiste à un tas de clichés horrifiques s’appuyant sur une progression qui prend les airs d’un gruyère, avec tous les trous qu’elle a ! C’est triste de voir que ces scénaristes inexpérimentés sont tombés dans un piège d’incompréhensions et de bâclage. L’aspect téléphonique n’est d’ailleurs qu’un prétexte, tant il est sous-employé! Le tout se dirige bientôt vers l’entrée en scène d’un tueur qui est physiquement identique à celui d’Urban Legend. Ensuite, on a droit à une phase de course poursuite assez intéressante (Ouf !)! Bien maîtrisée, prenante, et assez gore ! En effet, Dead Tone a au moins l’avantage de disposer de plusieurs meurtres inventifs et sanglants ! Par exemple, on se demande pourquoi personne n’avait jamais songé à leur séance de spa assez… Écarlate!

De plus, la deuxième moitié du film possède une autre qualité, cette fois moins reluisante : En fuyant un énorme type armé d’une hache, les personnages cessent de nous faire rager de par toute leur aura de bêtise ! Non mais ! Ils ont tous des caractères poussés à l’excès, et on aurait envie de gifler ces ébauches d’êtres humains jusqu’à ce qu’ils s’éveillent un peu ! Entre l’homosexuel acharné, le fils à papa et la noire frustrée typique, je voulais pleurer. Il semble que le seul qui possède un personnage cohérent et des répliques de qualité est Brian Hooks, réalisateur et scénariste du film ! Il s’est donné le beau rôle ! Pour étoffer quelque peu leur film, les scénaristes ont aussi ajouté une espèce d’enquête parallèle, entreprise par un policier mélancolique et sa partenaire, qui ne veut pas le voir sombrer seul. Pourtant, leurs apparitions sont minimes, et on réalisera bientôt qu’ils ne sont là que pour servir la fin exubérante que nous ont concoctée les deux scénaristes !

De manière personnelle, j’ai trouvé que Dead Tone possède une ambiance qui ramène vers I Know What You Did Last Summer. Pour le meilleur comme le pire. La photographie du film est d’une rare pauvreté. De plus, Hooks et Taylor font preuve d’une réalisation franchement inégale. Décevante par moments, surprenante à d’autres. Le film mise sur un revirement final qui devrait surprendre, mais malheureusement, l’utilisation d’un montage horrible pour cacher certains éléments au spectateur ne fera que tout lui vendre à l’avance. Certaines coupures sont tellement subites et mal placées que j’en suis venu à croire que je regardais une version censurée ! Ce qui est drôle, c’est que beaucoup des éléments qui paraissaient précédemment incompréhensibles dans le scénario sont partiellement expliqués par la finale, qui est elle-même très brouillonne. Il est triste de voir que pour une conclusion aussi banale, Deon Taylor et Brian Hooks ont été forcés d’amputer beaucoup de l’intérêt de leur script, du à leur doigté de déficients !

En définitive, Dead Tone n’a rien de plus que les autres. Il est globalement si irrationnel que ça en est frustrant. Je ne le recommande qu’aux inconditionnels de la vague Post-Scream, ceux qui n’en ont jamais assez. Un film qui n’a rien d’intelligent, mais dont la phase de course poursuite pourra satisfaire ceux qui n’en exigent pas plus. D’ailleurs, le prochain film de Deon Taylor est un slasher du même genre, dans lequel le psychopathe tuera cette fois ceux qui ne transmettent pas les chaînes de lettres qu’ils reçoivent par Hotmail ! Je ne sais pas pour vous, mais j’ai déjà l’intention de passer mon tour.

  • Marc-Antoine Labonté

  • • 7eventy 5ive (Titre original/États-Unis)

     

    Scream (1996)
    When a Stranger Calls (1979)

     

     
     


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