RÉALISATION: Renny Harlin
SCÉNARIO: Duncan Kennedy, Donna Powers et Wayne Powers
AVEC: Thomas Burrows, Saffron Burrows, LL Cool J, Michael Rapaport, Stellan Skarsgård et Samuel L. Jackson
L'histoire de ce film d'horreur se déroule dans un laboratoire aquatique. Plusieurs chercheurs travaillent à développer un médicament pour l'alzheimer. La source de leur médicament se situe dans les cellules du cerveau des requins. Dans le but d'avoir de meilleurs résultats, les scientifiques ont altéré les molécules de trois requins. Ceci donne des requins aux cerveaux plus gros, donc des requins plus intelligents. Cette décision s'avère coûteuse lorsque les requins se mettent à attaquer le personnel, avec une ruse qu'on ne leur connaissait pas.
Dans un des sketchs hilarants de l'émission Chick & Swell (émission humoristique québécoise), un baigneur se fait poursuivre par un requin. Il sort de l'eau et, à sa grande surprise, le requin le suit toujours. Arrivé chez lui, le requin est toujours à ses trousses et finit par tuer le baigneur dans sa douche. Le film Deep Blue Sea est tellement exagéré qu'une scène comme celle que je viens de raconter aurait sa place dans le film! Deep Blue Sea est une série B avec des requins meurtriers, donc je m'attends à quelques exagérations. Par contre, je n'étais pas préparé aux stupidités du film de Renny Harlin. Les requins sont intelligents, o.k., je peux y croire, mais de là à ce qu'ils soient capables d'allumer un four dans lequel une victime s'est caché ... il ne faut pas nous prendre pour des imbéciles. Et ce n'est pas tout! Dans une des scènes, un hélicoptère vient chercher un blessé sur une civière. La civière tombe à l'eau avec la pauvre victime. Un des requins prend la civière dans sa bouche, se donne un élan et propulse la civière (avec la victime qui y est toujours attachée) dans la vitre de la partie sous-marine du laboratoire. Effectivement, on n'a pas affaire à Jaws !
Le film de Renny Harlin prend une route totalement opposée au chef-d'oeuvre de Steven Spielberg. Si Jaws prenait le temps de développer les personnages et la tension, Deep Blue Sea lui, ne se fie qu'à ses nombreux effets spéciaux pour impressionner le spectateur. De la part d'un réalisateur comme Renny Harlin (A Nightmare On Elm Street 4, Exorcist: The Beginning), je ne m'attendais pas à autre chose. Mais après plus de 15 ans de carrière comme réalisateur, il serait temps que quelqu'un dise à Monsieur Harlin qu'une bonne histoire a toujours un meilleur impact que des grosses explosions. Le scénario, écrit par, entre autres, le duo derrière Valentine, est très prévisible, mais ce n'est pas son pire défaut. Ce que j'ai le plus détesté sont les personnages qui sont tous des clichés. Le pire est le cuisinier (LL Cool J) qui n'a pas sa place dans l'intrigue et qui passe la moitié du film à parler avec son perroquet. Premièrement, ce n'est pas très hygiénique d'avoir un animal dans une cuisine et, deuxièmement, on s'en fout de ton perroquet !! Tout ce qui reste au spectateur à se mettre sous la dent (mauvais jeu de mots, je sais...) sont les scènes où les requins bouffent les humains et, la cerise sur le sundae: le moment où un requin mange le putain de perroquet !
Ne vous faites pas influencer par sa distribution impressionnante ou le visuel léché, Deep Blue Sea est un mauvais film. Si vous voulez vraiment voir un film d'horreur "aquatique", je vous suggère plutôt Lake Placid, sorti le même été que Deep Blue Sea, mais beaucoup plus efficace.