RÉALISATION: Dario Argento
SCÉNARIO: Dario Argento et Bernardino Zapponi
AVEC: David Hemmings, Daria Nicolodi, Gabriele Lavia, Macha Meril et Eros Pagni
Sorti en 1975, le quatrième film d'horreur de Dario Argento, Deep Red (Profondo Rosso), est
considéré par bon nombre de ses fans comme étant son premier
chef-d'oeuvre.
Marcus Daly, un pianiste renommé, est témoin d'un meurtre crapuleux. Il se rend sur les lieux du
crime, mais il est trop tard puisque l'assassin s'est enfuit. Le lendemain,
la presse affirme qu'il a vu le tueur et qu'il peut l'identifier. Ceci met
le tueur à ses trousses et Marcus devra éclaircir le mystère avant d'être la
prochaine victime. Ce dernier est aidé d'une étrange journaliste qui semble le courtiser.
Je dois avouer, l'élément horreur de Deep Red tient du génie. Sa réalisation est tout simplement éblouissante, avec ce film, Dario Argento prouve qu'il est dans les même ligues qu'un Alfred Hitchcock ou un Orson Welles (eh oui, il est à ce point bon). Ses mouvements de caméra sont somptueux et aident grandement à amplifier le suspense et la tension. Argento a le don de trouver le moment parfait pour nous montrer le point de vue de l'assassin. L'histoire ressemble un peu à celle de son premier film, The Bird With The Crystal Plumage, mais en plus horrifique. Les moments gores du film sont très explicites et surtout réalistes. Tout le mystère du film repose sur un élément très audacieux. Je ne peux en parler pour ne pas vous gâcher la surprise, mais Argento a pris un énorme risque et il a réussi son pari. Un autre élément qui rend le film encore meilleur est l'excellente trame musicale des Goblin. Celle-ci est différente des musiques traditionnelles des films d'horreur, mais combien efficace. John Carpenter en aurait d'ailleurs été influencé pour sa musique de Halloween.
Pour ce qui est des éléments horreur et mystère du film, j'accorde à Deep Red la note parfaite de cinq sur cinq. Mais ... parce qu'il y a toujours un mais ! Le film contient une intrigue dans laquelle la journaliste et le pianiste se courtisent. Les nombreuses scènes dédiées à cette intrigue sont inutiles, inefficaces, mais surtout, extrêmement ennuyeuses. On dirait qu'elles sont tout droit sorties d'un mauvais sitcom américain! À cause de ceux-ci, le film à de la misère à garder une tension constante. À 127 minutes, Argento aurait facilement pu couper ces scènes et nous offrir un film de 100 minutes beaucoup plus efficace.
Je ne contredis pas ceux qui considèrent Deep Red comme étant un chef-d'oeuvre. Personnellement, je n'ai pas été capable de passer par-dessus les faiblesses narratives du film. Deep Red est néanmoins un très bon film, à voir absolument.