DESPERATION

2006

RÉALISATION: Mick Garris
SCÉNARIO: Stephen King
AVEC: Steven Weber, Tom Skerritt, Henry Thomas, Ron Perlman et Kelly Overton

La plupart des films réalisés par Mick Garris sont des adaptations de romans de Stephen King. Dans sa carrière, il a tourné Sleepwalkers, The Stand, la version pour la télé de The Shining, Quicksilver Highway et Riding The Bullet. Après avoir pris une pause de King pour créer la série Masters Of Horror, Garris est finalement retourné à sa vieille habitude en adaptant pour la télévision le best-seller Desperation.

Un shériff cinglé patrouille sur des routes isolées et arrête un couple après avoir trouvé dans leurs affaires un sac rempli de marijuana. Ensuite, il les amène à Desperation, une ville fantôme où tout la population a été décimée et leur cadavres sont répandus sur le sol. Puis il les enferme dans une cellule. Lorsque son patron se fait enlever, Steve, accompagné de Cynthia, une auto-stoppeuse qu'il a ramassé, part à sa rescousse afin de le secourir. Ils réussissent finalement à le retrouver, ainsi que les autres prisonniers, après qu'ils aient réussit à s'évader. Malheureusement, le groupe n'est pas arrivé au bout de ses peines, car il commence alors à être victime de phénomènes surnaturels et d'attaques de bêtes comme des chiens, des serpents et un lion. Ils tenteront alors de faire le lien entre le shériff, qui est possédé par une sorte de démon et le passé sombre de la ville...

Ce n’est pas évident d’écrire le résumé de Desperation sans dévoiler les surprises du film! La preuve: je n’ai même pas réussis!! Le scénario change plusieurs fois de cap et contient beaucoup de revirements, ce qui rend l’histoire très imprévisible. Ce qui commençait comme un film portant sur un policier fou s’est transformé en film de bibittes pour finalement devenir une histoire d’esprit (ou démon... c'est pas clair) vengeur. Durant plus de deux heures, le métrage de Mick Garris a largement le temps de nous sortir toutes sortes de choses, comme le policier en question, des serpents, des chiens enragés, des tarentules, le fantôme d’une petite fille venant les avertir et finalement l’esprit vengeur!

Le film a été fait rapidement et sans budget, mais pourtant, le défaut ne vient pas de la réalisation. Même si le scénario nous surprend constamment, tous ces éléments mélangés finissent par perdre le spectateur. L’histoire aurait dû, soit en arriver à l’histoire d’esprit plus tôt, ou continuer dans la même voie que le début. De plus, la morale du film m’a complètement débarqué de la fin. Le film est beaucoup trop porté sur Dieu et l’opposition entre le bien et le mal. Aussi, conformément à la morale, l’enfant du groupe ne cesse de parler de Dieu et de le prier au point que ça en devient irritant. C’est peut-être parce que je suis un athée convaincu, mais à part lorsqu’il s’agit de possession, de satanisme, ou de monstres de l’Enfer, je ne supporte pas qu’on me parle de religion dans les films que j’écoute. Un thème plus intéressant est le racisme des Américains, mais ce sujet n’est pas suffisamment exploré.

Côté réalisation, Mick Garris n’est peut-être pas un maître dans son domaine au même titre que Dario Argento ou George A. Romero, mais son talent est indéniable. Il démontre une bonne capacité à garder la tension élevée. De plus, quelques plans de caméra audacieux sont placés ici et là à travers le métrage. L’action n’est jamais mise de côté et les scènes avec les bibittes sont très intéressantes. Le tout est rehaussé par un visuel très léché. Le gore est également présent dans quelques scènes, quoiqu’on est assez loin d’en avoir plein la vue. Néanmoins, le film contient quelques longueurs, notamment à propos de la légende de la mine, ce qui a tendance à nous faire décrocher.

Le casting contient entre autres Tom Skerritt (Alien, Poltergeist 3), Steven Weber (Dracula: Dead And Loving It, The Shining série télé), Matt Frewer (Dawn of the Dead 2004, Chocolate), Kelly Overton (The Ring Two), Henry Thomas (Elliot dans E.T., Pyscho IV: The Beginning) et Ron Perlman (Sleepwalkers, Blade II, Hellboy). Ils sont tous très bons dans leurs rôles. Ron Perlman, en particulier, me faisait d’ailleurs un peu penser au sheriff Hoytt dans le remake de The Texas Chainsaw Massacre, peut-être en un peu moins sadique.

Malgré ses quelques longueurs et ses défauts scénaristiques, Desperation procure un bon divertissement, quoiqu’il est assez loin d’être inoubliable. Conseillé aux fans de Stephen King surtout!

  • William Le Blanc

  • The Stand (1992)
  • It (1990)

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