Detention

DETENTION

2011

RÉALISATION: Joseph Kahn
SCÉNARIO: Joseph Kahn et Mark Palermo
AVEC: Shanley Caswell, Josh Hutcherson, Aaron David Johnson, Spencer Locke et Dane Cook

"Who taught you how to make a snuff porno, Lady Gaga ??"

Selon Joseph Kahn, bien des cinéastes ressentent à un moment ou l'autre, le besoin de réaliser un film sur l'adolescence. Kahn a ressenti ce besoin tôt dans sa carrière. Pour son deuxième long-métrage, il a essentiellement compacté tous les styles de films qui l'ont influencé lors de sa propre adolescence et a apprêté le tout pour nous livrer sa vision de la jeunesse contemporaine. Le résultat est une oeuvre en pleine crise épileptique qui est destinée à diviser les opinions.

Riley Jones, une étudiante malhabile socialement est amoureuse de son meilleur ami d'enfance, Clapton Davis, qui l'ignore au profit de la séduisante Ione. Mais cette dernière est beaucoup trop jolie et sophistiquée pour Calpton. Alors pourquoi s'intéresse-t'elle à lui subitement ? Cette relation éveille la rage de Billy Nolan, qui rêve depuis longtemps de régler ses comptes avec Clapton, en plus d'influencer Sander Sanderson à enfin tenter de séduire Riley pour qui il a secrètement le béguin! Pfff... On reprend son souffle!

Tout ce mélodrame sera interrompu par un tueur, costumé comme le populaire personnage du film d'horreur fictif Cinderhella, qui s'en prend à Taylor Fisher, la fille la plus populaire de l'école et bitch avouée! La mort de Taylor crée peu d'émoi, c'est plutôt lorsque l'assassin s'en prend, sans succès, à Riley que les gens prennent la menace plus au sérieux. Pourquoi un tueur voudrait-il s'en prendre à une étudiante au bas de l'échelle de popularité? Lorsque le tueur fait une nouvelle victime, le directeur de l'école garde en détention un groupe d'étudiants qui était présent lors du drame. Persuadés que le tueur se trouve dans le groupe, les étudiants devront découvrir son identité s'ils ne veulent pas être la prochaine victime.

En dire plus ne ferait que gâcher les nombreuses surprises que contient Detention, mais permettez-moi de mentionner que les changements de corps, la fin du monde, les extra-terrestres, un homme-mouche, une mascotte d'ours qui voyage dans le temps et un satané Canadien qui remet constamment l'héroïne à sa place sont tous impliqués!! Non, Detention n'est pas votre slasher typique. En fait, ce n'est pas un film d'horreur à proprement dit même s'il endosse l'étiquette de slasher fièrement. Tenter d'attribuer à Detention un genre serait un exercice futile. Detention, c'est... Detention!

Comme Detention se nourrit sans gêne dans la fontaine de l'hommage et des références, la meilleure façon de le décrire est de le comparer à des oeuvres déjà existantes. Alors, c'est parti. Le film de Joseph Kahn est un amalgame de Heathers, Clueless, Breakfast Club, Scream, Back To The Future, Donnie Darko et The Fly, qui aurait été écrit par l'enfant né de l'union entre John Hugues et Seth MacFarlane! C'est l'équivalent de regarder une discussion sur Twitter entre deux adolescents hyperactifs, mais pour une raison difficile à expliquer le réalisateur Joseph Kahn réussi à rendre le tout cohérent.

Derrière ce bombardement de références culturelles, cinématographiques, musicales et ce trop plein d'amour pour les années '90 (plus particulièrement 1992!), se trouve une caricature assez juste de notre société branchée. Une société qui, culturellement, regarde constamment en arrière, question de ne pas être trop essoufflée par la vitesse fulgurante à laquelle elle évolue. Une société qui de la bouche même de l'héroïne Riley Jones, est plus un concept qu'une réalité. Et des références culturelles Detention en contient tellement, que même l'odomètre de la voiture de Jacques Villeneuve aurait de la difficulté à faire le décompte!

Le côté horreur du film n'est pas très présent, mais il est fichtrement réussi. Même si les effets gores auraient gagné à ne pas être exécutés par ordinateur, Detention démontre en peu de temps plus d'originalité que bien des slashers récents. La scène de poursuite dans une cour est étonnement efficace, mais la palme revient à la scène dans laquelle un personnage suicidaire se pend et doit se défendre au bout d'une corde contre le tueur qui apparait subitement. La série fictive de Cindherella est un bel ajout et comme c'est le cas avec les Stab de la saga Scream, elle permet de lancer quelques flèches aux conventions. C'est à Saw que Kahn a décidé de lancer son venin et il touche la cible en plein centre.

Alors que la première heure est hyper séduisante, le dernier tiers annonce la transition entre l'étrange et le bizarroïde! C'est lorsque la détention débute que tous les éléments des nombreuses histoires secondaires prennent de l'importance en venant s'entrecroiser dans le présent et dans le passé. Si ce n'était pas déjà fait, Detention viendra vous aliéner et ceux qui appréciaient pour les mauvaises raisons seront rapidement rebutés. Il faut donner crédit à Kahn et son coscénariste Mark Palermo qui lancent carrément une tonne d'idées en l'air, mais ont l'habileté de tout rattraper.

Detention est une oeuvre singulière, ça, il n'y a pas de doute. Joseph Kahn a repoussé les limites de l'introspection et le résultat n’est rien de moins que charmant. Le cinéaste aurait bien des leçons à donner aux producteurs des parodies pour adolescents qui inondent les clubs vidéo. Dommage qu'il soit probablement lui-même confiné à la détention pour un petit bout de temps!

  • Dany Champagne

  • Heathers (1989)
    Vampire Girl Vs. Frankenstein Girl (2009)

     

     
     


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