DEVIL FETUS
1983
RÉALISATION: Hung Chuen Lau
SCÉNARIO: Man Wah Tsang
AVEC: Eddie Chan, Wing Cheung Gam, Pak-Kwong Ho, Tan Lau et Saan Leung
Avec un tel titre, difficile de ne pas être piqué de curiosité. Devil Fetus promet, par sa jaquette et sa notoriété, 85 minutes de folie et de caoutchouc gluant directement importé de Hong Kong.
Tourné en 1983, le film met en scène tous les incontournables défauts d’un film d’horreur chinois produit à cette époque : émotions surjouées, montage chaotique, scénario chambranlant et quelques ridicules fresques de magie, mais pourtant, toutes ces petites imperfections donnent au film un charme irrésistible.
Le tout débute dans un encan où une jeune femme mise une importante somme d’argent sur un vase qui lui fait un effet bizarre. Charmée, elle se met à caresser l’objet qui se transforme soudainement en monstre aux cheveux gris et qui lui prodigue une torride partie de sexe (!). Au même moment, son mari qui revient d’un voyage d’affaires la surprend au lit avec la créature. En colère, il tente de corriger sa conjointe, mais est aussitôt frappé de plein fouet par l’esprit maléfique du vase qui le défigure de façon visqueuse. Le lendemain, poussée par l’esprit démoniaque, la jeune femme se suicide. La famille décide alors de contacter un sorcier. Durant la cérémonie (qui sert aussi de funérailles pour le couple), le ventre de la défunte se met à gonfler jusqu’à l’explosion pour révéler le fétus démoniaque issu de la relation sexuelle entre le monstre et la victime de ses pulsions sexuelles. Le sage homme aura cependant le dessus et réussira à écarter la malédiction indéfiniment. Les années passent et la famille semble avoir complètement oublié les horribles événements survenus plus tôt, jusqu’au jour où le mal refait surface afin de terminer ce qu’il a entrepris.
Le film de Hung Chuen Lau n’est pas sans rappeler le premier Evil Dead. Sans tomber dans le plagiat, l’utilisation du stop motion à des fins de décomposition et du déplacement de meubles est directement emprunté au classique de Sam Raimi paru deux ans plus tôt. Je dois avouer que je préfère de loin cette technique peu coûteuse d’effets spéciaux aux nouvelles technologies numériques qui ne sont ni drôles, ni crédibles et plutôt pénibles à regarder. Mais est-ce que le film livre la marchandise? À mon humble avis, oui. À défaut de ne pas beaucoup miser sur la marionnette en forme de méchant fétus, le film est riche en effets spéciaux gore qui feront sourire les plus blasés disciples de Lucio Fulci. Les maladresses de la production sont elles aussi assez amusantes, ce qui dans le cadre d’un film nommé Devil Fetus, ne fait qu’accentuer le plaisir.
En somme, quiconque à mi-chemin intéressé au cinéma catégorie 3 de Hong Kong (l’équivalent du Rated R aux Etats-Unis), ou simplement curieux de voir un chinois déguisé en monstre gluant pratiquer la position du missionnaire, se doit de voir cet étrangeté orientale. Il s’agit d’une œuvre originale et unique qui m’a franchement divertie. Je n’ai aucune hésitation à vous le recommander.
Ha oui, j’allais oublier la scène de piscine qui nous fait instantanément oublier que les chinois sont champions du monde en plongeon! Un festin visuel!



• Moh Tai (titre original/Hong Kong)


• Seeding of a Ghost (1983)
• Mr. Vampire (1985)
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