DEVIL HUNTER

1980

RÉALISATION: Jess Franco
SCÉNARIO: Jess Franco et Julián Esteban
AVEC: Ursula Buchfellner, Al Cliver, Antonio Mayans, Antonio de Cabo et Burt Altman

Jess Franco a beau affirmer en entrevue qu'il n'aime pas les films de cannibales italiens et que ce n'était pas son intention d'exploiter ce sous-genre, il s'avère qu'il s'est néanmoins acharner sur celui-ci à plus d'une reprise. Devil Hunter fut sa première excursion chez les cannibales et de loin sa plus réussie. Mais dans l'univers du prolifique cinéaste Jess Franco, ce n'est pas nécessairement une qualité.

Un groupe de bandits kidnappe une jeune actrice montante (jouée par la playmate Ursula Buchfellner) dans le but de demander une rançon élevé à son agent. Voulant trouver un terrain neutre où procéder à l'échange, les bandits se réfugient en pleine jungle. Lorsque la tentative d'échange tourne mal, les bandits sont séparés et perdent de vue l'actrice. Cette dernière se fait attraper par les membres d'une tribu locale qui comptent bien l'offrir en sacrifice à leur Dieu, un cannibale monstrueux qui se nourrit de coeur de jeunes femmes.

Avec son scénario qui rappelle le terriblement mauvais Cannibal Terror (sur lequel Franco a participé sans en être crédité), Devil Hunter emprunte les bases du film de cannibales sans toutefois se restreindre à celles-ci. L'abondance de tripes, de boyaux et d'hémoglobines qui caractérise des oeuvres telles que Cannibal Holocaust ou Mountain Of The Cannibal God est remplacé par une tendance misogyne propre au cinéaste. En effet, Devil Hunter semble se dérouler dans un univers parallèle où les vêtements féminins n'existent tout simplement pas! Les femmes se dévêtissent dans les moments les plus inopportuns et Franco ne se gêne pas pour gratifier son film de plusieurs zooms de mauvais goût.

Mais si vous pouvez passer par dessus cette lacune (ce qui ne devrait pas être trop difficile chez un public masculin), il est étonnant de constater que Devil Hunter a quelques cordes à son arc. Sans faire concurrence aux oeuvres phares du sous-genre, le film est beaucoup plus professionnel que Cannibals et Cannibal Terror, les deux autres films de cannibales auxquels Franco s'est frotté. Plusieurs scènes du film semblent être l'oeuvre de H.G. Lewis de par leur représentation de la violence. Le gore est exagéré sans être extrême et laisse sous entendre que de la peinture bon marché a été utilisée pour sa conception. Ajoutez à cela une musique tribale de circonstance et vous avez un cousin éloigné de Blood Feast.

Contrairement à la majorité des films de cannibales des années 80, Devil Hunter ne contient aucune cruauté animale. C'est très surprenant si on prend en considération que Franco a généralement une prédilection pour l'exploitation cinématographique de mauvais goût. Devil Hunter s'avère donc une bonne porte d'entrée dans le genre pour ceux qui le fuient en raison de cette cruauté barbare. Dans un autre ordre d'idées, les amateurs de cinéma dit de "série Z" ne voudrons pas manquer la finale incroyablement maladroite dans laquelle le héros utilise ses meilleures prises de lutte contre le cannibale. Avec le talent de Franco derrière la caméra, ça donne un résultat spectaculairement mauvais!

Devil Hunter n'est certes pas un incontournable du film de cannibales, mais dans les circonstances, il aurait pu être bien pire. Il est clair que Franco n’était pas animé par la passion durant le tournage, mais il a le mérite d’avoir changé légèrement les règles du genre, chose que peu de clone de Cannibal Holocaust ont tenté.

  • Dany Champagne

  • • Sexo Canibal (Titre original/Espagne)
    • Chasseur De L'Enfer (version française/France)

     

    • Cannibals (1980)
    Cannibal Terror (1981)

     

     
     


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