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THE DEVIL INSIDE
2012
RÉALISATION: William Brent Bell
SCÉNARIO: William Brent Bell et Matthew Petterman
AVEC: Fernanda Andrade, Suzan Crowley, Simon Quarterman, Evan Helmuth et Ionut Grama
Le Vatican n'endosse pas cette critique!
Avec The Devil Inside, le studio Paramount tente de surfer sur la vague de sa propre vache à lait: la série Paranormal Activity. Il est clair que la tâche sera ardue, comme en témoignent les huées que l'auteur de ces lignes a personnellement entendues à la fin de la projection du film. Mais n'empêche, les gens à la recherche d'un bon petit film d'exorcisme contenant une dose considérable de frissons seront bien servis.
Le film débute par un appel logé au 911. Une dénommée Maria Rossi confesse avoir tué trois personnes, deux curés et une religieuse. Apparament, la dame était en séance d'exorcisme, chose que l'Église nie. Après avoir été internée dans un asile aux États-Unis, elle est étrangement transférée dans un hôpital à Rome, sans explication claire à la famille. L'histoire fait alors un bon de vingt ans. Ayant appris d'étranges révélations sur le cas de sa mère , Isabella Rossi part en Italie pour constater de l'état de celle-ci. Dans ces bagages, elle apporte Michael, un cinéaste désireux de documenter le tout. Sur place, ils feront la rencontre de deux prêtres qui exécutent des exorcismes sans le consentement de l'Église Catholique. Isabella voit en eux une solution pour sauver sa mère puisque les médecins ont plutôt posé un diagnostique de maladie mentale.
Par l'entremise du populaire format du faux documentaire, The Devil Inside propose un pot-pourri de films d'exorcisme. Possessions, contorsions, prête repentant, drame du passé, Démon qui connaît les protagonistes et effets malaisants sont à l'honneur. En guise de cerise sur le sundae, le film de William Brent Bell (Stay Alive) propose même une séance d'exorcisme à l'intérieur d'une voiture en marche dans les rues de Rome! Que voulez-vous de plus dans un film d'exorcisme en 2012 ?!? Le format du faux documentaire est ici utilisé dans des conditions plus artistiques puisque c'est un documentariste professionnel derrière la caméra. Cela donne un aura plus mystérieux dans les scènes de transitions, mais surtout, permet à Bell d'être plus explicite et calculé dans l'horreur déployée à l'écran.
Par contre, ce n'est pas l'approche documentaire qui réussit le mieux à The Devil Inside, mais bien son scénario. Le film d'exorcisme étant un genre qu'on renvoie automatiquement à un seul et unique grand classique du genre, il est toujours surprenant de voir que des cinéastes sont capables de le recycler efficacement. Sur ce point, The Devil Inside ne contient pas beaucoup d'éléments nouveaux, mais excelle dans sa façon de raconter son histoire. Les personnages des deux prêtres qui agissent sous le radar de l'Église et le bref regard sur l'industrie de l'exorcisme en Italie apportent assez de nouveau souffle pour que l'oeuvre se démarque. Il ne serait d'ailleurs pas étonnant d'apprendre que le scénario, que Bell a coécrit avec Matthew Petterman, a été initialement développé sans l'élément du faux documentaire et que la donne a changé considérant la popularité soudaine du sous-genre. C'est quand même dommage, car un peu plus de contenu, mêlé à l'intrigue déjà bien ficelée, aurait aidé à rendre l'histoire encore plus passionnante.
Puis, vient la finale, qui sera la cause principale de nombreuses déceptions. Celle-ci est la définition même d'une fin en queue de poisson. Mais quelle queue de poisson!! Il est vrai qu'en terminant son film aussi abruptement, Bell le prive d'un troisième acte si cher au public friand de cinéma hollywoodien, mais avec le recul, il permet surtout à The Devil Inside de ne pas se complaire dans les clichés et le déjà vu. Car tout ce qu'il manque à The Devil Inside, c'est cette explication, une résolution que nous a déjà donné The Exorcist, Exorcism Of Emily Rose, The Antichrist, Exorcism voire même le récent The Last Exorcism. En refusant de nous donner de conclusion, William Brent Bell donne son identité à son film. Et n'en déplaise aux contestateurs, c'est avec le sourire aux lèvres que j'ai quitté la salle de cinéma.
The Devil Inside n'est pas parfait. Mais avec une tension constante, des moments d'effroi bien maitrisés, quelques revirements ingénieux et un scénario fort sympathique, il s'élève au-dessus de la moyenne. 2012 débute de belle façon!



• Le Diable En Moi (Version française/Québec)


• The Last Exorcim (2010)
• The Rite (2011)
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