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DEVIL'S HIGHWAY2007
RÉALISATION: Fabien Pruvot Les films d'horreur ayant lieu aux alentours d'une route désertique ne sont pas rares. Souvent, les protagonistes de ces films s'égareront, pour ensuite se faire rediriger sur le droit chemin par un aimable étranger(!). Devil's Highway pour sa part propose une variante légèrement différente. On remplace ici l'automobile par l'autobus voyageur et on remplace les vilains sauvages par un dangereux passager. Cela ne change pas grand-chose me direz-vous ? Peut-être. En fait, je suis surtout resté surpris de constater que Devil's Highway ne faisait pas dans le survival ni dans le slasher. Ma seule grande surprise du film d'ailleurs. Un autobus voyageur emmène une douzaine de passagers vers Las Vegas. Le trajet consiste à traverser une longue route en plein milieu du désert et donc, les arrêts sont peu fréquents. Au cours du voyage, les voyageurs feront face à des événements quelque peu étranges. À chaque arrêt, le nombre de passagers diminue et on en ignore la cause. Un passager voudrait-il du mal au groupe ou bien est-ce l'autoroute qui porterait malheur ? Avant de démarrer Devil's Highway, l'amateur de cinéma d'horreur doit d'emblée savoir ce qu'il s'apprête à visionner, sans quoi il sera nécessairement déçu. Il s'agit d'un suspense agrémenté de quelques éléments horrifiques, le tout ayant la forme d'un road movie. Encore une fois, on se retrouve avec un film qui hésite entre deux chemins, sans jamais prendre le risque de s'aventurer trop loin dans l'un ou dans l'autre. Le problème de Devil's Highway se situe d'abord au niveau du scénario. En tentant d'explorer trop d'avenues, la scénariste Jennifer Farrell noie le récit dans une bouillie plus ou moins appétissante. Tout au long du trajet vers Las Vegas, on s'attarde à nous présenter à tour de rôle les différents groupes de personnes présentes dans l'autobus. On comprend tôt que certains passagers ont connu un passé trouble et on se demande si une solidarité au sein du groupe serait possible dans le cas où le voyage tournerait mal. L'idée était bonne mais le résultat lui l'est un peu moins. Le réalisateur Fabien Pruvot tente de mettre l'accent sur l'aspect dramatique du trajet, mais l'effet est limité. Les personnages ressortent superficiels pour la plupart et les grands revirements du film surviennent à des moments inopportuns. En revanche, la plupart des acteurs parviennent à donner une certaine crédibilité à l'aventure. Le film entretient un ton sérieux, mais celui-ci se gâte lorsque l'action concerne les jeunes de l'autobus. Je suis d'avis pour affirmer que la consommation de drogue (d'acide dans le cas présent) dans les films d'horreur est généralement signe de moments fort prometteurs. Cependant dans ce film, l'épisode est d'une banalité navrante et permet une fois de plus à la scénariste de nous en passer une "petite vite" en terme de plausibilité. Le tueur dans Devil's Highway possède le pouvoir de pénétrer dans la psyché des passagers. Hormis l'évident cliché que cela représente à première vue, ce manège devient également fort redondant. Sa façon de tuer l'est d'ailleurs tout autant. Le film ne contient pas le moindre gore et je doute même qu'on y voie du sang. Enfin, l'histoire explicative derrière les meurtres ne fournit pas au film le second souffle dont il aurait tant eu besoin. Seul le dernier droit du film apparaît un peu plus intense, mais c'est en vain. On se sent trop en sécurité dans Devil's Highway et lors d'un film du genre, ce n'est certainement pas ce qu'on recherche. Pour compenser les nombreuses faiblesses, la réalisation de Fabien Pruvot sauve en partie le film. Il réussit à rendre le périple minimalement angoissant par le choix de ses cadrages à l'intérieur de l'autobus. Pour sa part, la photographie demeure acceptable bien que certains plans souffrent d'un ton de couleur étrange. Par contre, le plus gros défaut du film est sans contredit son montage !!! En plus d'être inutilement saccadé lors des scènes d'actions, des effets numériques superflus sont fréquemment utilisés lors des transitions entre les plans. Cette douteuse stratégie colle très mal au film et l'handicape lourdement. Juste pour cette raison, Devil's Highway paraît esthétiquement beaucoup plus pauvre. Malgré mon apparent ennui devant Devil's Highway, je ne pourrais totalement le déconseiller. Le film m'a tenu attentif jusqu'au bout et m'a tout de même procuré une parcelle d'adrénaline. Mes reproches définitifs envers le film concernent son montage ainsi que son manque d'audace au niveau du scénario. Autrement, l'ensemble est relativement moyen. Un type de film auquel les plus jeunes pourraient peut-être accrocher. Le film est distribué au Canada par Paradox Entertainment Group.
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