DINOSHARK

2010

RÉALISATION: Kevin O’Neill
SCÉNARIO: Frances Doel et Guy Prevost
AVEC: Eric Balfour, Iva Hasperger, Aaron Diaz, Humberto Busto et Roger Corman

Roger Corman a déjà été synonyme de classique. Pas tout le temps, je vous l’accorde, mais il a réalisé et produit quelques films qui sont maintenant des classiques tels que Pirahna, Humanoids from the Deep, Deathrace 2000 et j’en passe. Mais où est donc ce Roger Corman de cette époque ? Est-ce la sénilité qui le rend moins bon dans son travail ou bien est-ce l’aura débilitante de SyFy Channel qui le lobotomise à petit feu?

Sacrée planète! À cause du réchauffement planétaire qu’on lui fait subir, ses poles commencent à fondre. La montée des niveaux des océans n’est pas la seule catastrophe à laquelle on doit s’attendre. On doit également faire face à des requins préhistoriques qui sont libérés des glaciers. C’est ainsi qu’une poignée de ses requins sont ressuscités et dispersés aux quatre vents, dont Puerto Vallarta. Trace, un capitaine de bateau et Carol, une spécialiste de la vie marine/coach de water polo/modèle de bikini feront équipe afin de traquer et tuer cette bête.

L’idée de faire un film à propos de monstres préhistoriques géants ou de croisement entre deux animaux est géniale. Cela a quand même donné quelques films assez intéressants ou divertissants. Le problème c’est que le marché est déjà saturé de film de ce genre, principalement régurgité par Syfy Channel. Encore pire, c’est qu’ils se servent toujours du même schéma pour faire leur long métrage. Au bout du compte, on obtient chaque fois le même film avec quelques éléments seulement de nouveau.

Par exemple, c’est quoi le trip de toujours faire manger un hélicoptère à ses monstres ? J’ai vu ça dans presque tous les films de monstre géant sortis ces quelques années. C’est à se demander si les hélicoptères sont l’équivalent des Oméga 3 pour les monstres, un élément que toutes les compagnies veulent nous faire manger. J’en suis presque à faire la demande de mettre les hélicoptères sur la liste des espèces en voix de disparition.

Il y a aussi le fait qu’on veut chaque fois capturer le monstre, soit dans un filet, un lac, une rivière et j’en passe. Mais à chaque fois, le monstre se transforme en ninja et saute par-dessus les obstacles. Tout ça, c’est de la faute à Willy (du film Free Willy), qui a montré au monde marin entier comment sauter par-dessus des obstacles. Ce qui est maintenant l’équivalent marin d’un doigt d’honneur en criant « fuck you ».

Sinon, Dinoshark possède énormément de points en commun avec Pirahna. Par exemple, au lieu de stopper les piranhas d’attaquer des gens lors de l’ouverture d’un nouveau parc aquatique, nos héros tente d’empêcher un match de water-polo. Alors au lieu de sauver une centaine de vies, nos héros se cassent la tette que pour deux équipes de quatre personnes!!

Le problème du film, c’est qu’il se prend trop au sérieux pour ce que c’est réellement, un film avec un requin préhistorique, au lieu d’être hyper cheesy. Mais heureusement, le long métrage est fait à la va-vite, ce qui permet au film de contenir quelques moments loufoques malgré lui. Le troisième acte voit nos deux héros tenter de tuer le requin en se promenant sur le lac avec une motomarine tout en lançant des grenades dans l’eau. Une scène tout droit sortie de vieux jeu de NES. Ainsi qu’une scène où Carol vient de trouver que le monstre est en fait un requin préhistorique, crie presque eurêka avant d’enlever son chandail ! Un pur délice !

Autrement dit, un autre film qui ne mérite pas d’être sur un DVD, ni même le prix d’impression pour le mettre sur ce support vidéo ! Là-dessus, je vais aller écouter mes nouvelles éditions de The Wizard et Howard the Duck !

  • Dominic Paulhus

  • Sharktopus (2010)
    Mega Piranha (2010)

     

     
     


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