DOGHOUSE

2009

RÉALISATION: Jake West
SCÉNARIO: Dan Schaffer
AVEC: Danny Dyer, Stephen Graham, Noel Clarke, Terry Stone et Lee Ingleby

Les hommes viennent de Mars et les femmes viennent de Vénus. Moi Tarzan, toi Jane! Un gars c’t’un gars, une fille c’t’une fille. Il n’y a pas une plus importante dualité que celle entre l’homme et la femme. Cette dualité en prend pour son rhume dans Doghouse, le nouveau film du réalisateur britannique Jake West (Evil Aliens).

Alors qu’il vit une rupture amoureuse difficile, Vince trouve confort chez son groupe d’amis d’enfance. Ceux-ci laissent tous tracas féminins de côté le temps de passer un week-end entre gars. Leur périple les amène dans un petit village en campagne. Si l’endroit semble désert à première vue, le groupe fait rapidement connaissance avec les habitants de la place. Un virus a été malencontreusement relâché et affecte exclusivement la population féminine. Celui-ci transforme les femmes en zombies assoiffés de chairs masculines. Pris au dépourvu, Vince et ses amis devront affronter la chose même qu’ils ont tenté de fuir : une bande de femmes en furie!

Y-a-t’il une différence entre une femme en SPM et un zombie enragé? Pour ma sécurité physique, je préfère m’abstenir de répondre!! Bien que sexiste sur les bords, le concept de Doghouse est vraiment rigolo. Nouvelle entrée dans la vague de comédies d’horreur britanniques, Doghouse offre peu de choses qui n’ont pas été déjà exploitées dans Shaun Of The Dead, Severance ou le terriblement surévalué (un point pour moi!) Lesbian Vampire Killers. Malgré tout, Jake West réussit à nous soutirer quelques fous rires en nous bombardant de blagues en bas de la ceinture et de parties de corps humains arrachées!

Léger et sans prétention, Doghouse mise beaucoup sur la confrontation entre les deux sexes, mais surtout entre les personnages de chaque clan. Autant les héros masculins que les zombies féminins sont bien définis et ont tous leur propre personnalité. Chaque zombie a son trait spécifique, que ce soit la coiffeuse qui se sert de ses ciseaux comme armes ou la masochiste qui ne se fait pas prier pour utiliser son fouet. Le noyau du film se veut une espèce de carnaval sanglant où chaque personnage a l’opportunité d’utiliser ses traits de caractère pour se défendre. Reste à découvrir si cela lui sert à bon escient ou non!

Le film est un peu lent à démarrer, en partie parce que le scénario veut prendre le temps de bien présenter les sept personnages masculins principaux. Une fois le premier zombie rencontré, le tempo se met en marche et une bouffonnerie n’attend pas l’autre. Voilà la plus belle qualité du film, qui à défaut totalement réussi, en offre assez pour que le spectateur ressorte satisfait du visionnement.

Même si Doghouse peut sembler être une comédie d’horreur éclatée et sans limites, c’est loin d’être le cas. . Le film se veut plus une succession de blagues et de moments sanguinolents qu’une réflexion qui a du punch sur la dualité masculine et féminine. West ne pousse jamais assez loin le mordant de son sujet, étant assez conservateur niveau horreur et trop « pipi-caca » avec son humour. Le style d’humour préconisé par West est très facile et même infantilisant. Le cinéaste a la mauvaise manie de drainer chaque blague au maximum, au point d’en écœurer le spectateur. C’est dommage puisque le concept du film en souffre beaucoup.

Les meilleurs moments du film sont aussi affectés par le ton général du film. Ce qui aurait pu être des scènes classiques ne franchit jamais le seuil de la bonne scène. Je pense notamment au moment où deux des héros tentent d’éloigner une horde de zombies en les attirant avec une voiture téléguidée transportant une tête décapitée. C’est drôle et unique, mais à peine effleuré. Même chose pour les confrontations entre les zombies et les humains, qui la plupart du temps, nous laissent sur notre faim. Considérant que West a réalisé l’excessivement gore Evil Aliens, un traitement plus grand-guignolesque aurait certainement été bénéfique.

Cela dit, une fois le générique apparu, il est difficile de ne pas retirer une certaine satisfaction de Doghouse. Certes, il est dommage qu’un concept si original ne soit qu’une excuse pour balancer des blagues de mauvais goût, mais ces mêmes blagues ont le mérite d’arracher plusieurs sourires.

  • Dany Champagne

  • Severance (2006)
    Lesbian Vampire Killers (2009)

     

     
     


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