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DOG SOLDIERS
2002
RÉALISATION: Neil Marshall
SCÉNARIO: Neil Marshall
AVEC: Sean Pertwee, Kevin McKidd, Liam Cunningham, Emma Cleasby, Thomas Lockyer
En 2005, The Descent sort en salle en Europe, puis en Amérique l’année suivante. Grâce à son utilisation brillante du huis clos souterrain et le sentiment de claustrophobie qui s’en dégage, The Descent ne tarde pas à provoquer la quasi-unanimité des amateurs, qui le considèrent comme l’un des films d’horreur les plus efficaces de la décennie. Ce succès automatique ne tarde pas à propulser le cinéaste britannique Neil Marshall qui acquiert alors le statut de l'un des grands réalisateurs de sa génération. L’engouement se poursuit avec Doomsday, un hommage au cinéma postapocalyptique, rappelant des œuvres telles que Mad Max et Escape From New York. Mais qu’en est-il de Dog Soldiers, premier film de Marshall, sorti en 2002?
Un groupe de soldats est envoyé dans les montagnes d’Écosse pour un entraînement militaire dans les bois. Alors que progresse leur itinéraire, la troupe tombe sur des carcasses déchiquetées qui s’avèrent être les restants d’une autre unité!! Ils ne tardent pas à comprendre ce qui s’est passé puisqu’une meute de loups-garous déchaînés les prend rapidement d’assaut. Les soldats parviennent à atteindre une maison abandonnée dans laquelle ils s’enferment et se barricadent. Mais les loups-garous ont plus d’un tour dans leur sac!
Même si Neil Marshall doit principalement sa réputation à The Descent, il serait injuste de négliger Dog Soldiers qui, admettons-le, est un vrai tour de force pour un premier film! Après une scène d’ouverture qui nous donne une bonne idée du métrage sans trop en dévoiler, le film adopte un rythme plus lent dans lequel Marshall (également scénariste) prend le temps de développer ses personnages. L’une des particularités de ce développement est qu’il touche de manière à peu près égale chaque membre du groupe. Ainsi, les personnages importants se définissent à mesure que diminue le nombre de survivants. Sur ce point, Dog Soldiers rappelle quelque peu Alien.
Puis surviennent les loups-garous. Adoptant la mentalité Jaws, Dog Soldiers évite d’exposer trop rapidement les antagonistes, préférant y aller de manière progressive afin de garder la tension et le mystère. Il en est de même pour le gore qui, plus transparent au départ, devient de plus en marquant d’une scène de violence à l’autre. La qualité des effets spéciaux est d’ailleurs l’un des aspects les plus réussis du film. Le plus ironique est que le CGI a été mis de côté pour éviter que l’attention du spectateur ne soit trop portée sur la qualité des effets spéciaux au détriment de l’histoire. Pourtant, ceux-ci ont de quoi faire rougir de honte la plupart des grosses productions récentes!
Malgré tout, la quantité généreuse de gore n’empiète jamais sur la tension dégagée par le film. Le dernier acte, se déroulant en huis clos dans la maison, dégage une ambiance semblable à Night Of The Living Dead et The Evil Dead (l’un des personnages se nomme d’ailleurs Bruce Campbell) et pour l’une des rares fois, l’action s’agence presque à perfection à l’horreur. Tournées à la caméra à l’épaule, les scènes d’attaques de loups-garous sont brutales et violentes, tout comme la riposte des militaires. Durant ces scènes, on réalise bien vite que le titre, Dog Soldiers, s’applique autant à l’un des partis qu’à l’autre. Heureusement, les longues scènes de massacres, très fortes en émotions, sont entrecoupées de moments de répit, permettant au spectateur de reprendre son souffle avant que l’action ne reprenne de plus belle!
La seule ombre au tableau est qu'en fin de parcours, Dog Soldiers ne parvient pas à éviter certaines facilités scénaristiques et à tomber dans l’extravagant. Cela atteint son paroxysme lorsque l’un des personnages s’engage dans un combat à main nue avec un loup-garou. Comme si le fait qu’il reste moins de survivants rendait ceux-ci plus efficaces face aux bêtes poilues! Ç’aurait néanmoins pu être bien pire si le film avait été produit par Hollywood, par exemple, puisque la majorité des acteurs sont très crédibles et que le film évite le surplus de testostérone à la Schwarzenegger.
Sans être du niveau des autres œuvres mentionnées dans cette critique, Dog Soldiers s’avère être un divertissement fort efficace. Malgré un budget restreint, Marshall a réussi un véritable coup d’éclat. Un film à voir si vous aimez les émotions fortes!



• Aliens (1986)
• The Descent (2005)
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