DOLLS

1987

RÉALISATION: Stuart Gordon
SCÉNARIO: Ed Naha
AVEC: Ian Patrick Williams, Carolyn Purdy-Gordon, Carrie Lorraine, Stephen Lee et Guy Rolfe

Pour son troisième film, le réalisateur Stuart Gordon (Re-Animator) nous a offert un étrange mélange entre Friday The 13th Part 5 et Toy Story.

Suite à une vilaine tempête, un groupe d'étrangers est forcé de passer la nuit dans le manoir d'un couple confectionneurs de poupées. Du groupe, Judy, une jeune fille de 7 ans, est persuadée d'avoir vu bouger les jouets qui peuplent la demeure. Traitée de folle par ses parents, les visions de la jeune fille s'avèrent être vraies. La nuit tombée, les poupées prennent vie et s'en prennent à ceux qui ont perdu leur coeur d'enfant.

Produit par Charles Band (qui a produit plus de 200 films d'horreurs à petit budget), Dolls est une version mieux réalisée de son classique Puppet Master. Le prolifique producteur a engagé un réalisateur talentueux pour donner vie à un scénario banal. À 77 minutes, Dolls ressemble plus à un épisode de Goosebumps (Fais-Moi Peur) qu'à un long métrage professionnel. Utilisant un minimum de violence et de suspense, le film semble être adressé à un public très jeune. J'ai rarement vu des personnages aussi antipathiques que ceux présents dans ce film. Les endurer pendant plus d'une heure est une épreuve en soi. La première demi-heure sert à nous présenter les étrangers qui font irruptions dans le manoir. Du groupe, il y a l'adorable Judy, qui est accompagnée de ses parents. Ceux-ci auraient plus leur place en tant que méchants dans Home Alone. Vient s'ajouter à eux, un gros loser sympathique (qui ne l'est pas vraiment) et deux jeunes filles punks qui feraient honte à tous les Sid Vicious et Joey Ramone de la Terre.

Lorsqu'enfin tout ce beau monde décide d'aller se coucher, les poupées entrent en action. Vu la courte durée du film, cela nous laisse un bref 45 minutes "d'horreur". Le personnage principal étant une enfant, le ton du film s'en fait ressentir. La violence n'est jamais réellement menaçante et le suspense n'a pas d'intensité. Je vais avouer que les scènes de meurtres sont réussies, mais elles sont trop peu nombreuses. Les effets visuels sont aussi intéressants, quoique datés pour notre époque. La finale moralisatrice à l'eau de rose a eu l'effet d'une douche froide (pas que l'eau était bien plus chaude avant, mais...).

Le film a quand même certains mérites. Dolls est le film parfait pour faire découvrir le genre aux plus jeunes. Pour les plus vieux, la réalisation de Stuart Gordon est à point. À défaut de nous offrir un film intéressant, Gordon a le mérite d'avoir offert la meilleure réalisation possible dans les limites du scénario. Le visuel est impressionnant et je dirais même gaspillé sur un film aussi ordinaire.

Chucky n'a pas à s'inquiéter: les poupées de Dolls ne lui volent pas sa position de "poupée la plus effrayante du cinéma d'horreur" ! Dolls n'est pas le pire des films, mais je m'attendais à plus de la part d'un film de la filmographie de Stuart Gordon.


  • Le film a gagné le prix des meilleurs effets spéciaux au Fantafestival de Rome en 1987.

  • Quant à elle, la jeune Carrie Lorraine a été nominée pour un Young Artist Award en 1988.

  • Le scénariste Ed Naha a aussi écrit Troll et C.H.U.D. 2.

  • Puppet Master (1989)
  • Child's Play (1988)

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