DONKEY PUNCH

2008

RÉALISATION: Oliver Blackburn
SCÉNARIO: Oliver Blackburn et David Bloom
AVEC: Nichola Burley, Robert Boulter, Sian Breckin, Tom Burke et Julian Morris

S'il y a un qualificatif qu'un film qui base sa narration sur un des actes sexuels les plus dégradants ne peut avoir, c'est bien celui de "divertissement honnête"! De par son titre et son synopsis, Donkey Punch annonce haut et fort son intention de choquer et ébranler les moeurs, mais s'avère être un gros pétard mouillé! On repassera plus tard pour le coup sur la nuque!!

D'abord, qu'est-ce qu'un "donkey punch" ? Cet acte sexuel barbare consiste à prendre sa partenaire par derrière et la frapper sur la nuque au moment précédant l'orgasme. La violence du coup créer des spasmes musculaires qui augmentent la sensation chez l'homme. "La femme gagne quoi dans tout ça" demande l'un des personnages féminins du film. "Je n'ai pas compris ta question" lui répond l'homme! Et d'ajouter ce critique: "Et le spectateur, lui?"

Trois amies font la fête gambadant de bar en bar dans le but de courtiser de beaux jeunes hommes. Lorsque finalement elles rencontrent un groupe d'hommes qui leur semble intéressant, ces derniers les invitent à passer la soirée sur un luxueux yatch. Drogue et alcool sont au rendez-vous et en quantité exagérée. Des couples se forment et la fête se transforme rapidement dans la chambre à coucher du bateau. En plein acte sexuel, un des hommes frappe sa partenaire sur la nuque pour expérimenter le fameux donkey punch. Malheureusement, sa partenaire en meurt, laissant ses deux amies complètement traumatisées par les événements. Ne voulant pas être dans le trouble, le groupe d'hommes décide de jeter le corps de la victime à l'eau et d'inventer une histoire bidon. Mais une fois remises de leurs émotions, les deux filles tenteront de venger la mort atroce de leur amie.

Avec une telle prémisse, il n'y a pas de doute que Donkey Punch aurait dû être le Last House On The Left de la génération Red Bull! Hélas, le cinéaste Oliver Blackburn (qui a aussi co-scénarisé Vinyan) manque de courage, préférant crier au loup plutôt que de passer réellement à l'acte. Il y a bel et bien utilisation du "donkey punch" dans le film, mais le tout nous est quasiment présenté comme un chapitre perdu de la saga American Pie plutôt que la critique sociale acerbe que le film aurait dû être. En Donkey Punch, Blackburn et son coscénariste David Bloom ont trouvé un concept viscéral comme on en avait rarement vu depuis les années 70. Dommage que le tout s'arrête au concept, puisqu'une fois les cartes mises sur table, Donkey Punch s'avère être rien de plus qu'un simple thriller horrifique à mi-chemin entre I Know What You Did Last Summer et Very Bad Things.

Il n'en demeure pas moins que Donkey Punch est un divertissement agréable. Le film réussit adéquatement à présenter ses personnages ainsi qu'à mettre la table pour son intrigue horrifique. Bien que les motivations des personnages masculins soient parfois difficiles à digérer, cela n'empêche pas l'histoire de progresser. La direction photo est soignée et la musique de François Eudes (Haute Tension, À L'Intérieur) apporte un petit plus à l'ensemble de l'oeuvre. Les scènes de meurtres, à défaut d'être aussi choquantes qu'elles ne le voudraient, ont un certain charme. Suffit de garder ses attentes basses.

Ceci étant dit, Donkey Punch se mêle dans la masse, ne réussissant aucunement à se démarquer des autres films récents qui lui sont semblables. L'oeuvre n'a de provoquant que son titre, comme si la seule impression du terme Donkey Punch sur la pochette du DVD était suffisante pour marquer un point. Oliver Blackburn et David Bloom avaient la chance de commenter sévèrement sur les excès d'une génération égocentrique et gâtée. Au lieu de cela, ils nous ont offert un simple petit film d'horreur sans mordant... dommage!

En raison de son sujet controversé, il serait facile de juger à l'avance Donkey Punch. Mais il se peut bien que vous le jugiez pour les mauvaises raisons. C'est peut-être par peur que Blackburn a traité son sujet du bout des doigts. Par contre, cela n'excuse pas l'énorme manque d'opportunisme. Beaucoup de bruit pour rien...

  • Dany Champagne

  • • R.S.V.P. (2002)
    Chaos (2006)

     

     
     


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