Don’t be Afraid of the Dark

DON’T BE AFRAID OF THE DARK

1973

RÉALISATION: John Newland
SCÉNARIO: Nigel McKeand
AVEC: Kim Darby, Jim Hutton, Barbara Anderson, William Demarest et Lesley Woods

Ah, la machine hollywoodienne! Non contente de resservir aux amateurs des films qu’ils ont déjà vus à-travers le phénomène de la « remake-O-mania », elle a même l’audace de s’attaquer à des classiques intemporels qu’elle se sait déjà totalement démunie à améliorer! Pendant que les producteurs font rager les fans en refaisant à la sauce « contemporaine » Halloween, The Thing et autres REC, une foule de vieux films mal mis en scène à l’époque de leur conception sont écartés derechef par les gros studios car leur nom ne fait pas vendre.

Pourtant, ne serait-ce pas une noble mission à donner au remake que celle de recréer avec plus de cran certains des grands échecs du cinéma d’horreur ou encore de retravailler les longs métrages qui vieillissent avec difficulté? Si on peut difficilement compter sur l’armée hollywoodienne et ses sous-fifres sans âme pour placer de quelconques considérations artistiques devant les idéaux financiers, c’est à un gars comme Guillermo del Toro que revient l’avenir du remake. Marqué lors de son enfance (comme plusieurs gamins de l’époque) par Don’t be Afraid of the Dark, il a aujourd’hui refaçonné à sa manière une histoire qui s’impose à mes yeux comme carrément mauvaise dans son exécution, bien qu’assez inspirée.

Alex Farnham et son épouse, Sally, font l’acquisition d’une vaste et vieille demeure. D’abord enthousiaste, Sally verra rapidement son bonheur décroître. C’est qu’elle a fait fi des avertissements du vieux menuisier, Mr. Harris, qui lui avait explicitement dit de laisser condamnée la vieille cheminée de leur maison. À présent, il semble bien que Sally ait libéré une force maléfique… Étant la seule témoin d’événements aussi effrayants qu’insolites, on la croira bientôt folle. Si seulement c’était son unique souci! Car les créatures qui chuchotent dans la nuit veulent à présent l’âme de celle qui les a libérées…

La semaine dernière, j’ai publié une critique de Let’s Scare Jessica to Death, l’un des « classiques » qui à mon avis a le plus largement usurpé sa réputation. Décrit comme une perle de l’épouvante par cette même génération qui m’a fortement recommandé Let’s Scare, Don’t be Afraid of the Dark n’est rien de plus qu’un second pétard mouillé. Conçu il y a 38 ans par Lorimar Productions pour être présenté à la télévision, ce petit film ne dure en fait que 70 minutes. C’est une chance, serait-on tenté d’affirmer après visionnement.

Il n’y a pas grand-chose qui puisse être interprété comme une réussite dans ce projet. Certes, il est compréhensible que ça ait pu effrayer certains gamins facilement impressionnables en 1973 puisque le film reprend certaines des thématiques qui auront fait plus tard le succès du traumatique Child’s Play chez les jeunes (créatures miniatures aux desseins horribles, personnage principal qui affronte l’incrédulité de ses proches). Cependant, 40 ans après et chez un public qui de plus est adulte, on ne retrouvera ici aucun effet psychologique plus fort que celui de l’ennui chronique.

Déjà, les qualités esthétiques de l’œuvre sont assez piteuses. Dans certaines scènes ayant lieu à la cave où la caméra s’éloigne un tant soit peu des protagonistes, leurs actions deviennent carrément imperceptibles car trop sombres et floues. Certains choix du réalisateur sont douteux, comme cette première scène où l’on filme de loin la maison dans laquelle aura lieu l’action pendant plusieurs minutes en écoutant uniquement les dialogues des personnages. Quelques éléments de montage sont quant à eux assez aberrants. On reconnaîtra cependant aux artisans la facture visuelle de leurs minuscules démons, des créatures crédibles et originales.

Dans le rôle principal, Kim Darby fait partie de ces actrices que je considère comme absolument incapables de rejoindre le spectateur. Elle n’a aucun charisme et nous n’avons ainsi que faire du sort qui lui sera réservé. Le film oscille principalement entre les phénomènes bizarres dont elle est témoin et sa quête pour que quiconque finisse par la croire. Après une heure de ce petit jeu, on a finalement droit à une finale qui a pu effrayer certains tous petits, mais qui n’a rien de grandiose lorsque mise au bout d’un film d’aussi mauvaise qualité.

Don’t be Afraid of the Dark n’a rien à offrir. Je ne recommande pas de se laisser duper par la réputation avantageuse de ce film, ni même de le voir à se disant qu’on souhaite le comparer à la nouvelle mouture. Si à présent Guillermo del Toro et le réalisateur Trox Nixey font pire que ceci, vous entendrez les échos de mon rire aux confins les plus éloignés de l’Univers. Enfin, un bon potentiel pour générer du remake de qualité!

  • Marc-Antoine Labonté

  • • Nightmare (titre alternatif)
    • Les créatures de l’ombre (version française)

     

    Don’t be Afraid of the Dark (2010)

     

    Ghoulies (1985)
    Let’s Scare Jessica to Death (1971)

     

     
     


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