DON’T LOOK UP

2009

RÉALISATION:Fruit Chan
SCÉNARIO: Brian Cox et Hiroshi Takahashi
AVEC: Reshad Strik, Henry Thomas, Kevin Corrigan, Elena Satine et Eli Roth

Don’t Look Up a perdu son pari. Ce film est un remake de Joyû-rei, réalisé en 1996 par Hideo Nakata (Ringu). Après avoir vu cette nouvelle mouture, j’avais encore moins le gout de voir l’original. J’ai envi de remonter le temps et perdre mon DVD dans la poste. J’ai envi de reculer plus loin et refuser l’offre de Dany Champagne d’être critique. J’ai même une envie folle de retourner encore plus loin dans le temps, me réveiller dans le lit de ma mère, dire que je m’appelle Calvin Klein, éviter de justesse une relation incestueuse temporelle, empêcher mon père d’emmener ma mère au bal, et ce, tout en créant le Rock And Roll quelques années avant son temps. J’emmerde Don’t Look Up à ce point-là.

Il y a des années, Béla Olt et son équipe disparurent mystérieusement en plein tournage. Affligé par des visions, Marcus décide de terminer le film, à propos d’une jeune femme torturée et assassinée au moyen-âge, maintenant devenue une mulli, c'est-à-dire un fantôme. Malgré les avertissements voulant que le lieu soit hanté, Marcus décide quand même de s’y rendre, voulant refaire le film sur le même plateau qu’autrefois. Mais peu à peu, les membres de l’équipe de tournage sombrent dans la folie, disparaissent ou meurent. Rendu à moitié fou par ses visions, Marcus tentera malgré tout de découvrir la vérité sur ce qui s’est passé.

Il n’y a pas seulement Bill Murray et Scarlett Johansson qui peuvent se perdre dans la traduction, Brian Cox également. Sa nouvelle version du scénario du japonais Hiroshi Takahashi ne fait aucun sens. On part dans une direction, avec le drame qu’a vécu Marcus auparavant, ensuite on nous emmène vers le mystère du fantôme, pour ensuite nous trainer vers ce qui se passe sur le plateau. Tout ça, sans jamais former de cohérence entre les éléments qui se côtoient sans jamais s’imbriquer entre eux.

Toute cette confusion sera fatale vers la fin. Le scénario tentera alors de tout expliquer en même temps, mélangeant tous les éléments ensemble dans le blender pour former une seule explication sans aucune logique. J’avais l’impression de regarder la finale s’enliser dans un tourbillon. Se trouvant dans une toilette. Pleine de marde. Et ce, sans compter le revirement final qu’on voit venir des milles à la ronde.

La confusion doit être contagieuse, car même Fruit Chan en souffre. Lui, qui nous avait habitués à des films empreints d’atmosphère et de tension, il nous livre ici un film à la teinte hyper américanisée, qui ne reflète pas vraiment son style. C’est comme s’il faisait une copie, mais sans comprendre ce qu’il fait. De plus, plusieurs de ses plans sont carrément farfelus, donnant une atmosphère bizarre au film. À quelques reprises, les plans ne semblaient même pas cadrer. Comme si l’on regardait le film, mais avec un œil de pirate, nous masquant la gauche ou la droite de la scène.

Même son de cloche au niveau de la tension horrifique. Don’t Look Up ne nous en offrant aucune. Les seuls moments qui peuvent être considérés comme de l’horreur ne sont que des scènes « cheaps ». Il n’y a qu’une seule scène de réussie, lorsque le monteur s’aperçoit qu’un œil est apparu sur ses écrans d’ordinateur. Mais encore là, Chan vient gâcher le tout quand ça devient intéressant. Et qu’est-ce qui vient gâcher ce moment, et une bonne partie du film? Des effets spéciaux CGI. Mais pas seulement des effets minables, mais carrément atroces, tout droit sortis des premiers balbutiements de la technique. Et Chan se fit malheureusement beaucoup trop à ces effets pour nous faire peur, ce qui ne réussit aucunement. Le plus étrange, c’est que malgré tout, le film se donne un ton sérieux et crédible, tout le contraire de ce que les effets numériques nous proposent.

Si au moins le film reposait sur les épaules d’un acteur principal de taille, mais non. Reshad Strik passe son temps entre un air confus ou apeuré. Jamais il n’arrive à nous faire croire à son personnage, un jeune réalisateur prometteur, fort et courageux. On dirait plutôt une petite fillette. Même Henry Thomas ne réussit pas à sortir du lot. Eh oui, Elliott, le meilleur ami d’E.T. l’extra-terrestre tient un rôle dans Don’t Look Up. Mais ce n’est pas le film qui le fera sortir de l’ombre. En fait, il est mieux d’en semer en esti des Resse’s Pieces s’il veut retrouver son chemin vers la gloire un jour.

Comme quoi le Blu-ray a définitivement des limites. Le procédé a beau rendre le film plus beau, ça ne le rend pas meilleur. Un peu comme la chirurgie plastique pour les femmes. Tu as beau être belle pour les yeux, si tu n’as rien à dire tu n’iras pas plus loin dans la vie….. OK, mauvais exemple! De toute façon, Don’ t Look Up est loin d’avoir l’air d’une belle blonde aux totons joufflue.

  • Dominic Paulhus

  • • Joyû-rei (1996)

     

    The Ring (2002)
    Reincarnation (2006)

     

     
     


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