DON'T OPEN TILL CHRISTMAS

1984

RÉALISATION: Edmond Purdom
SCÉNARIO: Al McGoohan et Dereck Ford
AVEC: Edmond Purdom, Alan Lake, Belinda Mayne, Mark Jones et Caroline Munro

Lorsqu'on jumelle Noël et cinéma d'horreur, il est logique de penser à un Père Noël meurtrier. Silent Night, Deadly Night, Tales From The Crypt et Christmas Evil ont d'ailleurs exploité le concept en long et en large. Sortie alors que les slashers connaissaient un déclin, Don't Open Till Christmas inverse le concept en présentant un psychopathe qui s'en prend exclusivement à des gens déguisés en Père Noël. Et vlan dans les dents pour la commercialisation excessive de Noël!!

La police de Londres est sur le qui-vive. Il reste quelques jours avant la journée de Noël et un homme masqué s'en prend aléatoirement à des gens déguisés en Père Noël. Déçue que les autorités ne détiennent aucun suspect, la fille d'une des victimes mène son enquête alors que l'assassin frappe à un rythme alarmant! Porter la barbe blanche aura rarement été aussi déconseillé!

Les détracteurs de Noël qui croient avoir trouvé en Don't Open Till Christmas le film qui exhaussera leur fantasme vont rapidement se raviser à la vue du long métrage. Cette seule réalisation de l'acteur Edmund Purdom (connu des amateurs grâce à Pieces et Horrible) est inepte à tous les points de vue! Bien qu'il soit sortie pendant la période folle des slashers, la structure et le ton de Don't Open Till Christmas sont plus similaires à ceux d'un giallo. Le scénario nous propose un personnage impliqué bien malgré lui avec les meurtres du film qui tente de mettre la main sur le coupable par ses propres moyens. Si dans la majorité des gialli, l'enquête est accessoire, celle de Don't Open Till Christmas bat des records. Sans queue ni tête, elle oblige le spectateur à lâcher prise et se contenter de trouver refuge dans les nombreuses scènes de meurtres qui peuplent le film.

S'il y a une qualité qu'on peut attribuer au film est qu'il s'assume pleinement dans son concept. Don't Open Till Christmas contient pas loin d'une dizaine de Père Noël qui périssent aux mains du psychopathe. Un vrai Final Destination du temps des fêtes avec en bonus une jolie blonde nue sous son manteau de Père Noël qui titille les sens du tueur! En théorie, Don't Open Till Christmas aurait dû s'avérer un incontournable du temps des fêtes, au même titre que Black Christmas, Gremlins et Silent Night, Deadly Night. Si ce n'est pas le cas, c'est en majeure partie attribuable à la réalisation sans conviction de Purdom. Certes le scénario est idiot, mais Purdom avait entre les mains l'opportunité de livrer un film d'exploitation de haut calibre. Les meurtres, trop nombreux, sont garrochés sans finesse l'un à la suite de l'autre comme s'il avait été emprunté à un autre film et greffé lors du montage. Ces scènes sont soit trop longues (une poursuite emmerdante de plusieurs minutes avec un personnage qu'on nous présente à peine) ou trop courtes (voici un Père Noël; sploush il est mort!).

Le piège dans lequel tombe le film est que chaque victime est présentée quelques minutes, voire même quelques secondes avant sa mort. Le spectateur n'a donc aucun lien envers le personnage. Purdom aurait pu régler le tout avec des meurtres hauts en couleur, mais à part une ou deux exceptions, Don't Open Till Christmas fait pâle figure devant les autres slashers de son époque. Cela dit, le blâme ne doit pas être porté uniquement sur Purdom. Le générique du film annonce que des scènes additionnelles ont été écrites et réalisées par Ray Selfe. Voilà donc probablement la raison du manque d'homogénéité du film.

Un regard plus approfondi du générique révèle qu'outre Purdom, certaine force créatrice de Pieces, certainement le meilleur "mauvais film" de tous les temps, sont aussi à l'oeuvre sur Don't Open Till Christmas ce qui ne fait que renforcer la notion que le film aurait pu être une série B classique. La scène où, un photographe demande à sa copine de pauser nue vêtue d'un habit de Père Noël quelques jours après la mort de son Père... déguisé en Père Noël, laissait présager le même style d'absurdité, mais le plaisir s'arrête là! Il n'est pas surprenant que Don't Open Till Christmas soit l'unique réalisation de l'acteur Edmund Purdom. Le film est à l'image de ses prestations; froid et statique.

"N'ouvrez pas avant Noël clame le titre du film. Je vous propose plutôt de ne pas ouvrir du tout...

  • Dany Champagne

  • • New Year's Evil (1980)
    • Too Scare To Scream (1985)

     

     
     


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