DOOR INTO SILENCE
1991
RÉALISATION: Lucio Fulci
SCÉNARIO: Lucio Fulci
AVEC: John Savage, Sandi Schultz, Richard Castleman, Jennifer Loeb et Elizabeth Chugden
Longtemps considéré comme un film perdu, Door Into Silence a toujours été une curiosité dans la filmographie de Lucio Fulci (Zombie, The Beyond) car il a rarement été vu en dehors de sa programmation télévisuelle initiale en 1991. Étant le dernier film du maître du cinéma gore italien, Door Into Silence était un film convoité par les amateurs et voilà qu'il sort enfin sur DVD, gracieuseté de Severin Films. L'attente en valait-elle la peine ?? J'ai bien peur que non!
Melvin Devereux (John Savage - très mauvais) est un agent d'immeuble qui s'est rendu dans une petite banlieue en Louisiane pour visiter la tombe de son père. Sa visite coïncide avec l'enterrement d'une autre personne. En voulant quitter la ville, il aperçoit un corbillard transportant un cercueil. Une partie du nom de la victime, "Mel", lui apparaît. Visiblement paranoïaque, Melvin se met à pourchasser le chauffeur pour confirmer l'identité de la victime, puisqu'il croit qu'il est celui qui repose en paix dans le corbillard. Sa tentative d'en connaître plus sur l'identité du défunt sera le début du cauchemar de Melvin.
Méconnu des amateurs de Fulci, Door Into Silence devrait resté ainsi, puisqu'il s'avère être une tache dans la carrière de son réalisateur et une bien mauvaise façon de clore une excellente filmographie (bien qu'inégale). C'est bien connu, la majorité des derniers films de Fulci avaient peine à rivaliser avec ses classiques, mais jamais ils n'ont approché la médiocrité de Door Into Silence. La dernière oeuvre de Fulci est terriblement mauvaise et ne fait aucun sens. Bien que ce soit une caractéristique récurrente de la filmographie du cinéaste, le non-sens est généralement volontaire de la part du scénario ce qui n'est pas le cas de celui de Door Into Silence . Le film tente d'être sensé et d'appliquer une certaine logique derrière sa trame narrative, mais ce n'est définitivement pas une force de Fulci.
Rappelant un épisode de The Twilight Zone qu'on aurait allongé à n'en plus finir, Door Into Silence tente de cacher son jeu quant à son éventuel revirement final. Bien que ce revirement soit des plus évidents dès le premier plan, Fulci s'entête à poursuivre son récit en prenant pour acquis que le spectateur est dans le néant (non, mais...). Il nous balance des indices gros comme un éléphant tout en tentant de garder le mystère. C'est l'équivalent de jouer à la cachette avec un enfant de deux ans! Pour ajouter à la confusion, le scénario nous dévoile son mystère en milieu de parcours pour ensuite se le réapproprier comme si de rien n’était. De plus, Fulci à un moment propose une solution au mystère comme fausse piste qui aurait pu sauver le film de la médiocrité, pour finalement l'abandonner au profit de sa conclusion mille fois vue.
De plus, chaque événement du film gruge notre tolérance envers l'illogisme. Que ce soit, le héros qui s'allume une cigarette en pleine poursuite automobile ou la scène où Melvin fait réparer sa voiture au garage et se loue une chambre d'hôtel pour attendre les 15 minutes requis pour la réparation, il y a une limite au non-sens. Surtout lorsque celui-ci ne sert que de remplissage pour atteindre la marque des 90 minutes. Il y a aussi une parfaite inconnue qui apparaît quand bon lui semble pour dire à Melvin qu'ils vont se rencontrer bientôt. Puisqu'on apprend qu'elle travaille au salon funéraire, le plan de Fulci n'est pas très subtil! Le plus peu semblé drôle à froid, mais le ton sérieux et monotone du film ne laisse pas place à beaucoup d'humour.
Ceux qui apprécient Fulci pour ses excès gores seront déçus d'apprendre que Door Into Silence ne contient aucune goutte de sang, le réalisateur misant plutôt sur un climat d'angoisse, qui avouons-le, est un des rares éléments réussis. Il faut dire que les opportunités pour de l'horreur à la Fulci se font très rares. Une bonne partie du film se déroule dans la voiture de Melvin, alors que celui-ci tente de retrouver le mystérieux corbillard. Melvin roule, roule et roule. Il reste pris dans la boue et se déprend. Il roule, reste pris sur un pont en décomposition et se déprend. Voilà une bonne partie de l'action du film. Et il y a deux scènes de poursuite entre Melvin et le corbillard qui rappellent une scène du film Phantasm. Malheureusement, celle-ci est si mal mise en scène qu'on croirait assister à un remake de Duel réalisé par Ulli Lommel!!
Le destin est parfois injuste. La maladie ayant affecté Fulci lors de ses dernières années, celui-ci n'a jamais pu dire au revoir convenablement à ses fans. S'il n'est pas trop tard, arrêtez votre découverte de la filmographie de Fulci avec le délirant Cat In The Brain, réalisé un an plus tôt . Vous rendrez service à la mémoire de Fulci et à votre amour propre!! Considérez-vous averti!



• Le Porte Del Silenzio (titre original/Italie)
Door To Silence (titre alternatif/USA)


• Touch Of Death (1988)
• Voices From Beyond (1991)
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