THE DORM THAT DRIPPED BLOOD

1982

RÉALISATION: Stephen Carpenter et Jeffrey Obrow
SCÉNARIO: Stephen Carpenter, Jeffrey Obrow et Stacey Giachino
AVEC: Laurie Lapinski, Stephen Sachs, David Snow, Pamela Holland et Daphne Zuniga

Alors que les Halloween, Friday The 13th, Prom Night et The Burning dominaient le Box Office, deux étudiants en cinéma de UCLA ont décidé de réaliser un slasher comme projet de thèse. L’idée ne plaisait pas à leurs professeurs et a provoqué la dérision de leurs collègues de classe. L’histoire ne dit pas si Stephen Carpenter et Jeffrey Obrow ont obtenu la note de passage, mais l’œuvre qui a résulté de l’exercice The Dorm That Dripped Blood, leur a ouvert bien des portes en plus de bénéficier d’un suivi appréciable trente ans après sa sortie. Le respecté distributeur américain Synapse a mis le grappin sur ce film indépendant et lui a réservé un traitement royal!

Les vacances de Noël entraînent la désertion du campus d'une université américaine. Joanne et quatre de ses amis restent sur place pour vider une aile du dortoir qui sera démoli sous peu. Seul sur les lieux, le groupe ne ménage pas les efforts durant le jour et profite de soirées arrosées bien méritées. Ils ne sont par contre pas les seuls à passer leurs vacances de Noël loin de leur famille. Un intrus est resté sur le campus et a des intentions plus sadiques que de déménager des meubles.

Un parallèle intéressant et particulier qu’on peut tracer avec The Dorm That Dripped Blood est qu'il est en quelque sorte le Evil Dead des slashers. Les deux œuvres ont été tournées sensiblement à la même époque par des étudiants désireux de laisser une carte de visite et d’expérimenter avec les techniques de réalisation. Les deux films abordent aussi un scénario semblable, à savoir une histoire qui se déroule dans un lieu confiné réunissant un minimum de personnages. Bien entendu la qualité des deux œuvres est à l’opposée et mon intention n’est pas de comparer les deux œuvres. Stephen Carpenter et Jeffrey Obrow n'ont pas une once du génie de Sam Raimi, mais on ne peut les accuser d'un manque de coeur à l'ouvrage.

De par son synopsis simple, il est clair que The Dorm That Dripped Blood n'a pas l'intention de transcender les règles et la structure définies par les slashers de son époque. Le scénario qu'ont écrit Carpenter et Obrow avec Stacey Giachino n'est qu'une excuse pour mettre en exécution une série de scènes où l'atmosphère glauque prime. Les scènes dans lesquelles un personnage marche, effrayé, dans un couloir sombre sont à l'honneur et c'est à l'avantage du film, puisque les deux cinéastes sont très doués pour exploiter à fond le potentiel horrifique de scènes à l'apparence anodine. Sur ce point, Halloween de John Carpenter est une influence assez évidente.

Produit avec un budget ne dépassant même pas les 100 000$, The Dorm That Dripped Blood est juste assez professionnel pour être pris au sérieux tout en abordant un côté amateur qui le rend plus enclin à se faire pardonner ses défauts. Le visuel sombre et très granuleux le démarque des slashers plus léchés de son époque et augmente l'atmosphère morbide. Bien que les deux réalisateurs mettent plus l'accent sur l'ambiance et le suspense, les meurtres du film valent le détour et ont même valu au film une courte présence sur la liste des Video Nasties! Les moments forts proposent un perçage de tête à la drille et une succession de coups de bâton de baseball au visage.

Parmi les inconnus qui meublent la distribution se trouve Daphne Zuniga (Melrose Place, Spaceballs, mais pour l'auteur de ces lignes, c'est plus The Initiation et The Fly 2!) dans son tout premier rôle. Ironiquement, l'actrice qui a aujourd'hui une cinquantaine de rôles à son actif est celle qui semble le moins à l'aise devant la caméra. The Dorm That Dripped Blood marque aussi le début de carrière du compositeur Christopher Young (Hellraiser, Drag Me To Hell, Urban Legend). Bien que ce dernier affirme, dans l’entrevue présente sur le Blu-ray, qu’il n’a pas écouté sa composition depuis fort longtemps par honte, sa musique augmente la qualité de l’œuvre. Sa composition n’est aucunement subtile et grandement influencée par le style de Bernard Herrmann (Psycho). C’est le genre de musique bien prononcée qui est parfaite pour un slasher.

Pour la sortie du combo Blu-ray et DVD, Synapse a déniché la version intégrale des réalisateurs qui n'a jamais été commercialisée. Les cinéastes ne se souvenaient même plus de son existence, c'est tout dire! Ces derniers prennent part à une piste de commentaires audio informative. De plus, des entrevues avec Christopher Young et Matthew W. Mungle, le créateur des effets spéciaux sont incluses.

The Dorm That Dripped Blood souffre certes de quelques longueurs et d'un montage chancelant par moment, mais lorsqu’il se met en mode « horreur », on ne peut douter de son efficacité. Chapeau pour la finale non conventionnelle aussi. Dans le cas où ma critique ne soit pas assez explicite: pour les amateurs de slashers des années 80, The Dorm That Dripped Blood est un must!

  • Dany Champagne

  • • Pranks (titre alternatif/USA)
    • Death Dorm (titre alternatif/USA)

     

    •Night School (1981)
    Final Exam (1981)

     

     
     


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