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DUEL1971
RÉALISATION: Steven Spielberg Avant que Jaws ne le dévoile au grand public, Steven Spielberg a fait ses classes dans le monde de la télévision. À la fin des années 60, il réalise plusieurs émissions, dont Night Gallery et Columbo. En 1971, il se voit confier un téléfilm du nom de Duel. Spielberg en a profité pour y démontrer son immense talent! David Mann doit aller rencontrer un client pour son travail. Pour se faire, il doit emprunter une autoroute pratiquement déserte. En chemin, il est ralenti par un gros camion rouillé qui n'avance pas très vite. En choisissant de le dépasser, David prend la pire décision de sa journée. Frustré, le chauffeur du camion décide de pourchasser David. Lorsqu'il se rend compte que le camionneur ne lâche pas prise et en veut à sa vie, David n'a pas le choix que de jouer le jeu et de confronter ce psychopathe de la route! Le médium de la télévision n'est vraiment pas un obstacle au talent de Steven Spielberg. Avec un mince budget, une cédule de tournage très courte et des producteurs qui ne croyaient pas en lui, Spielberg a livré un téléfilm mémorable. D'autant plus d'actualité de nos jours avec le phénomène de la rage au volant, Duel est d'une simplicité alarmante, mais tellement efficace. Spielberg applique déjà le style de réalisation qui le rendra populaire avec Jaws. Celui-ci suggère plus qu'il n'en montre et cela aide énormément à faire monter la tension psychologique. Sa méthode pour créer du suspense est si perfectionnée qu'à certains moments, on a l'impression qu'Alfred Hitchcock a eu son mot à dire sur le film! Spielberg est aussi très perfectionniste dans le choix de ses cadrages et de ses plans. Le réalisateur ne se laisse pas contraindre par le format du téléfilm. Il se permet plusieurs plans artistiques ainsi que quelques mouvements de caméra et trucages visuels très sophistiqués. Le plus impressionnant est la façon dont il réussit à bâtir autant de tension avec une histoire aussi primaire. Dès le début, le film va droit au but. Le personnage de David Mann est aseptisé de tout développement. On apprend plutôt à le découvrir par son tempérament face à l'adversité. Le plus intéressant est le personnage du camionneur. Bien qu'on ne le voie jamais (mis à part son bras et ses jambes), celui-ci est le personnage le plus développé du film. En fait, ce vilain très particulier prend vie sous la forme de son affreux camion. Ce vieux tas de ferraille est l'équivalent du requin dans Jaws! Sa moindre présence apporte une certaine peur, puisque ses agissements sont imprévisibles. Les bruits qui le caractérisent, plus précisément son klaxon, finissent même par devenir effrayants. Par contre, certaines scènes semblent avoir été rajoutées ou allongées pour permettre au film de durer plus longtemps. Peut-être est-ce l'effet de l'âge, mais il m'a semblé que certaines scènes manquaient de cadence et freinaient le rythme du film. Duel aurait été beaucoup plus efficace avec un mince dix minutes en moins. Aussi, l'utilisation de la bande-son est un peu douteuse, Spielberg n'utilisant pas de musique pour la première moitié du film. Il laisse plutôt place aux bruits ambiants de la route ainsi qu'à la radio de David Mann. Si cette technique permet d'accentuer le réalisme, elle amoindrit néanmoins le suspense. Sans pour autant abandonner cette méthode, il aurait été profitable pour Spielberg de l'utiliser un peu moins. Avec son premier film, Steven Spielberg a montré d'emblée qu'il n'était pas un simple réalisateur, mais bien un excellent cinéaste avec une vision propre. On peut donc remercier le ciel qu'il ait choisi un film d'horreur pour faire ses premiers pas!
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