DUMPLINGS

2004

RÉALISATION: Fruit Chan
SCÉNARIO: Lilian Lee
AVEC: Bai Ling, Tony Leung Ka Fai, Miriam Yeung Chin Wah, Miki Yeung et Meme Tian

De nos jours, les femmes sont obsédées par leur apparence. La silhouette parfaite, les régimes minceur, la pilule miracle, les crèmes antirides… Elles sont prêtes à tout essayer afin de retrouver un éclat de leur jeunesse. Certaines sont même prêtes à débourser des sommes faramineuses en chirurgies esthétiques afin de retrouver leur taille de guêpe. Et tout ça pourquoi? Dans le seul et unique but de plaire. Voilà un sujet original pour un film d’horreur!

Madame Ching Lee est une ancienne actrice d’une série télévisée célèbre de Hong Kong. Elle approche de la quarantaine et elle est confrontée au fait qu’elle n’a plus 20 ans. La série dans laquelle est tenait un rôle majeur est en rediffusion. Quelle horreur! Elle fait déjà parti des classiques. Et pour combler le tout, son mari, un homme très riche et influent de Hong Kong, s’est déniché une maîtresse d’une vingtaine d’année. Madame Lee se sent vieillir, perd de plus en plus confiance en elle-même et se sent flasque. Elle est donc prête à tout pour s’offrir la cure de rajeunissement miracle, et ce, quel qu’en soit le prix. C’est alors qu’elle fait appel à tante Mei, une ancienne employée du corps médical, dont le teint est irréprochable malgré son âge. Cette femme détient une recette secrète miraculeuse de raviolis cuits à la vapeur, qui donne des résultats inespérés. Mais quel est donc cet ingrédient secret qu’utilise tante Mei?

Le cinéma asiatique d’horreur est de plus en plus populaire et bon nombre de réalisateurs nous ont offert des chef d’œuvres. Dumpling en fait parti. Il est inspiré d’un scénario qui pourrait rendre jaloux Stephen King de ne pas y avoir pensé auparavant. Le gore n'est pas très présent, mais les quelques scènes qu'il nous offre sont excessivement bien réalisées. En particulier une scène d’avortement qui m’a fait ressentir un certain malaise dans la partie du bas ventre. On devine assez vite de quoi est constituée la fameuse recette, mais cela n’altère aucunement le charme de l’intrigue. Étant donné qu'on se doute bien de l'ingrédient en question, on ne peut qu'avoir un petit haut-le-coeur lorsque madame Lee déguste, bouchée par bouchée, ces fameux raviolis. Les effets sonores lors de ces scènes, envenimes ce malaise, mais laisse un agréable sentiment de dégoût que l'on recherche souvent lorsqu'on visionne des films d'horreur. L'actrice principale est d'une beauté telle qu'on peut vraiment ressentir l'exagération de certaines femmes qui se dénigre physiquement, sans aucune raison valable. Elle est tellement belle qu'on dirait une Geisha. Par contre, on ne voit pas très bien la répercussion de cette fameuse recette sur son apparence. Mais lors d'une scène très bien exploitée entre Madame Lee et son mari, on nous fait comprendre qu'il y en a bien un. L'expression sur le visage de Monsieur Lee, et la façon dont il la caresse, nous laisse entendre qu'elle a effectivement changé au point de le séduire de nouveau.

« Dumpling » a été réalisé, à l’origine, pour l'anthologie Three Extremes, qui contient trois courts métrages. Par contre, à l'origine, le film de Fruit Chan est un long-métrage singulier. La version de Three Extremes dure 30 minutes, tandis que la version originale est de 1h30. Je préfère de beaucoup la version individuelle puisque cette histoire très originale mérite d'être bien mûrie, et je trouve que la version de 30 minutes est trop condensée. Ce sujet d'actualité offre une version longue très intéressante. Pour ceux qui trouvent le sujet un peu banal, mais dont la curiosité à été piquée, je vous conseille au moins le combiné, puisque les deux autres histoires (Cut et Box), ont été réalisées en collaboration entre Park Chan-Wook et Takashi Miike (Imprints, Audition, One Missed Call).

Dumblings relève peut être un peu plus du drame fantastique que du drame d’horreur, mais révèle une histoire intéressante et divertissante que je conseille à tous ceux qui apprécient les films asiatiques. Bref, Dumblings n’est pas un film à regarder en mangeant. Mais pour les têtes fortes qui ne se disent pas dédaigneuses, je vous suggère ce film succulent à déguster comme plat principal après une bonne soupe won-ton. Sur ce, je vous souhaite un très bon appétit.

  • Karine Deblois

  • Three Extremes (2004)

  • Gaau Ji (titre original/Hong Kong)
  • Nouvelle Cuisine (version française/France)

  • Imprint (2006)
  • Thinner (1996)

    Venez discuter de Dumplings sur le forum.