DURHAM COUNTY
Saison 1

2007

RÉALISATION: Adrienne Mitchell et Holly Dale
SCÉNARIO: Laurie Finstad-Knizhnik, Janis Lundman et Adrienne Mitchell
AVEC: Hugh Dillon, Justin Louis, Laurence Leboeuf, Helene Joy et Sonya Salomaa

Après avoir écouté la première saison de Durham County, j’en suis à me demander si les femmes ne sont pas les messies des œuvres de psychopathes. On sait tous que Mary Harron a réussi l’adaptation et la réalisation d’une de mes œuvres préférée, American Psycho. On se disait que c’était peut-être la seule de son espèce, une femme capable de créer un film d’horreur de cette qualité. Mais voilà qu’un trio de femme, Laurie Finstad-Knizhnik, Janis Lundman et Adrienne Mitchell, ont créé de toute pièce une nouvelle série dramatique à propos d’un potentiel tueur en série et de son nemesis policier. Une série qui est des plus alléchante.

Afin de se rapprocher de son amante, le policier Mike Sweeney déménage sa petite famille à Durham County, sa ville natale. Mais, malheur, sa maîtresse est assassinée peu après son arrivé par Ray Prager, le voisin de Sweeney et son ancien meilleur ami. C’est Sweeney qui aura la charge de l’enquête et qui devra élucider les plus récents meurtres et disparitions de Durham County! Difficile d’en dire plus sans trop en révéler, mais voilà l’essence de la série. Mélange entre Dexter, CSI et Six Feet Under, Durham County est une série originale et divertissante. Pur produit Canadien!

J’admire particulièrement les textes de Laurie Finstad-Knizhnik, Janis Lundman et Adrienne Mitchell. Les intrigues sont intéressantes, les dialogues sont savoureux et l’approche qu’elles ont tentée pour Ray Prager est réussie. Au lieu de le traiter d’emblée comme un monstre, les trois femmes tentent de nous le faire comprendre et ce, sans l’humaniser complètement. Prager est l’œuvre d’une vie de maltraitance, de folie et de malchance. Tout au long de la série, on apprend à le connaître alors qu’il effectue une descente aux enfers. Le plus fascinant, c’est que l’on analyse aussi Mike Sweeney, le bon policier, de la même façon. Ainsi, on découvre ses actes passés peu reluisants ainsi que ses tendances à la violence. Même si on sait qui est le vrai méchant dans l’histoire, la ligne qui sépare Sweeney de Prager est très mince. Rien n’est noir, rien n’est blanc à Durham County, tout est gris.

L’une des plus belles particularités de la série est la chimie entre Mike Sweeney et Ray Prager, ou plutôt, entre les deux acteurs respectifs, Hugh Dillon et Justin Louis. Non seulement ils sont excellents dans leurs rôles respectifs, mais le temps qu’ils passent ensemble à l’écran est sublime. On sent carrément l’air qui est lourd de haine et de vengeance.

Pour la réalisation, Adrienne Mitchell et Holly Dale ont elles aussi tenté de faire différent. Elles ont voulu donner un visuel stylisé à la série grâce à des procédés visuelles et à mélanger rêve et fiction, tout en gardant un style simple la plupart du temps. Tout cela donne une série au ton neutre mais parsemé d’éclairs artistiques. Ainsi, avec un visuel certain, les créatrices réussissent d’ailleurs à donner aussi un aspect romantique et philosophique aux rêveries de Mike Sweeney avec sa défunte maîtresse.

Comme série policière, Durham County est très ordinaire. Cependant, pour ceux qui adorent savourer une œuvre qui pénètre dans la psyché d’un psychopathe, Durham County est parfaite pour vous.

  • Dominic Paulhus

  • Durham (version française/Québec)

     

    • Dexter (2006)
    American Psycho (2000)

     

     
     


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