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EASTER BUNNY, KILL! KILL!
2006
RÉALISATION: Chad Ferrin
SCÉNARIO: Chad Ferrin
AVEC: Timothy Muskatell, Ricardo Gray, Charlotte Marie, Marina Blumenthal et Amy Szychowski
Nicholas est un adolescent atteint de déficience intellectuelle qui est obnubilé par la fête de Pâques. Il déteste profondément le nouveau conjoint de sa mère, avec raison. Remington, de son prénom, est une crapule de premier plan : bandit, drogué et meurtrier à ses heures, il n’hésite pas à menacer et utiliser le jeune homme handicapé à ses fins vicieuses. Un soir, alors que la mère de Nicholas est forcée de travailler temps double à l’hôpital, Remington en profite pour organiser une petite fête comprenant ce qu’il affectionne le plus : des putes et de la cocaïne. Pour ce faire cependant, le bandit de bas étages à besoin d’argent. Il fait donc appel à son vieil ami pédophile, le très dégoûtant Ray Mann, et lui offre de venir "jouer" avec Nicholas. Peu de temps après, un mystérieux justicier au masque de lapin s’introduit dans la maison et entame d’y exterminer toute trace de vice, transformant la soirée en véritable carnage.
Il vous faudra un sens de l’humour particulièrement noir pour apprécier ce film à sa juste valeur. La simple idée d’inclure de la pédophilie et un enfant handicapé dans une comédie gore pourrait en repousser plusieurs. Merci aux interprètes très convaincants, j’ai moi-même ressenti un léger malaise. Trop sérieux pour rire, trop drôle pour ne pas rire, Easter Bunny, Kill! Kill! est un OVNI dans le ciel des comédies d’horreur.
Le film se démarque par plusieurs aspects souvent négligés par les cinéastes amateurs, en commencant par sa distribution. Bien qu’il ait été conçu à Hollywood, Easter Bunny, Kill! Kill! n’a rien d’un film hollywoodien à grands déploiements - tourné en format numérique dans un nombre restreint d’environnements, avec une équipe réduite et de très modestes moyens, il n’a cependant rien à envier aux ligues majeures. Le réalisateur Chad Ferrin (Someone’s Knocking at the Door, Unspeakable) a su choisir son équipe et ses comédiens avec flair, ce qui est tout à son honneur.
Contrairement à votre comédie d’horreur de base mettant en vedette Ron Jeremy, les personnages d’EBKK! sont joués par des comédiens professionnels aussi attachants que détestables. Quand à eux, le directeur photo Giuseppe Asaro (Gag) et le groupe The Giallos Flame assurent l’ambiance du film. Vous l’aurez deviné, l’utilisation des gels de couleurs prononcées et de musiques instrumentales progressives vient rendre hommage aux giallos italiens en beauté. Parlant d’horreur italien, EBKK! renferme sont lot de gore de qualité. Le lapin de Pâques géant n’hésite pas à utiliser tous les outils qui lui tombent sous la main afin d’éliminer les malfrats et ultimement, secourir son plus fidèle admirateur, le pauvre et injustement exploité Nicholas.
Dans le dernier tournant du film, alors que le scénario semblait prendre un virage un peu trop tiré par les cheveux pour garder sa crédibilité, j’ai cru que le rythme allait se casser, me laissant perplexe devant les décisions prises par Ferrin - Mais surprise! La finale tordue, véhiculant des valeurs familiales très bizarres, m’a fait lever les bras dans les airs, célébrant la naissance d’un petit bijou de cinéma indépendant que je ne suis pas prêt d’oublier.
Slasher, comédie gore, giallo, easterploitation (?!!), appelez-le comme vous voudrez, j’ai tout aimé de ce joyeux amalgame qu’est Easter Bunny, Kill! Kill! C’est vicieux, audacieux, très drôle et sanglant. Enfin une comédie d’horreur qui fait rire. Veuillez accepter, monsieur Ferrin, l’agrément de mes deux pouces en l’air. Je me donne l’obligation de visionner le reste de votre filmographie sans tarder.



• Henry : Portrait of a Serial Killer (1986)
• The Driller Killer (1979)
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