THE TWILIGHT SAGA : ECLIPSE
2010
RÉALISATION: David Slade
SCÉNARIO: Melissa Rosenberg
AVEC: Kristen Stewart, Robert Pattinson, Taylor Lautner, Bryce Dallas Howard et Dakota Fanning
Sept mois après la sortie du deuxième volet, le troisième opus de la saga Twilight pointe son nez. Plus tôt que tard, si on tient compte de l’année séparant le premier du deuxième. Comme la coutume semble instaurée, on change de réalisateur comme de chemise. C’est au tour de David Slade (Hard Candy et 30 Days of Night) de prendre les commandes et tenter sa chance. Je ne sais pas si les producteurs se sont imaginé que Slade ferait des miracles puisqu’il a déjà touché aux histoires de vampires, mais bon, soyons réalistes, autant comparer un drame judiciaire et un film fantastique aux saveurs médiévales. Nous pouvons au moins nous appuyer sur un élément de constance, Dieu merci, la scénariste Melissa Rosenberg supervisée par l’auteur des romans, Stephenie Meyer.
Elle suit toujours la logique et la chronologie des évènements du livre. Bella termine sa dernière année scolaire à Forks auprès de la famille Cullen et de son tendre Edward. On lui avait promis et imposé, suite à la rencontre avec l’autorité vampirique les Volturi, qu’on ferait d’elle une immortelle après sa graduation. Edward est désespéré de damner l’âme de son amoureuse tandis que Bella est sidérée à l’idée de vieillir aux côtés d’un homme éternellement jeune. Afin d’apaiser sa conscience, Edward décide de demander Bella en mariage. Ce qui la troublera plus qu’autre chose.
Du côté moins romancé, et je n’ai même pas abordé le sujet de Jacob le loup-garou fou de Bella, une bande de jeunes vampires font des ravages à Seattle, la plus grosse ville près de Forks. Rien n’est plus violent et puissant que ces mort-vivants de fraîche date. Plusieurs incidents convainquent les Cullen que cette troupe sanguinaire recherche Bella. Mais qui donc pourrait bien être à leur tête? Qui pourrait en vouloir à une jeune et innocente humaine? Trop de monde semble-t-il! Entre sa quantité d’ennemie et ses innombrables protecteurs, Bella réussira-t-elle à mettre de l’ordre dans sa vie?
Malgré la trame narrative « bonbon », Eclipse, comme son nom l’indique, est beaucoup plus sombre et intense que ses deux prédécesseurs. On assiste à une dimension obscure insoupçonnée mise en image de façon convaincante. En réévaluant ce qui ne fonctionnait pas, on semble avoir conclu que pour être crédible, on devait se concentrer sur la profondeur. On laisse majoritairement tomber les pectoraux nus injustifiés. Ce qui est une bonne chose. On perdait énormément de sérieux à les montrer à outrance. On utilise à nouveau Bella en « voix-off » pour accéder à ses pensées lorsque l’action est nébuleuse. Pour les fans qui demande de la rigueur, on reste fidèle au livre où les sentiments de l’héroïne nous sont transmis dans les moindres détails. C’est aussi intéressant pour les non familiers à l’univers littéraire. Ils peuvent ainsi comprendre plus aisément les motivations difficiles à saisir de Bella. L’essence du bouquin semble belle et bien transmise dans ce film.
Je dois mettre un bémol sur le romantique, par exemple. Aussi sombre que ce film puisse être, on reste dans une histoire d’amour. Les scènes d’affection sont sucrées à en lever le cœur. Et je ne parle pas en tant que femme célibataire aigrit par l’amour. Je suis heureuse en couple et l’envie de lancer mon sac de pop-corn à l’écran m’a traversé l’esprit maintes fois. Bon, pour être franche, je trouve habituellement nulle ce type de film.
Encore une fois, les fans étaient aux anges dans un état frisant l’euphorie. Ils avaient l’humour facile et riaient aux blagues trop légères à mon goût. Rien ne m’a arraché le moindre sourire. De mon côté, l’atmosphère sombre du film a fonctionné à merveille sur moi tandis que l’aspect comique rarissime est passé inaperçu. Néanmoins, il est toujours intéressant de se retrouver dans une salle où l’excitation des spectateurs est palpable.
Un point captivant au niveau de l’histoire est la mise en lumière du passé de plusieurs personnages (les Quileutes, Rosalie et Jasper). Dans le roman, on nous dévoile ces informations au compte-goutte afin de garder le suspense. On fait de même dans le film en mettant en images certains passages de leur vie antérieure. L’auditoire attend avec impatience ces bribes d’informations. Évidemment, il serait impossible de tout transposer à l’écran vue la longueur du livre. Les coupures sont nécessaires et les actions implicites de mise. Ces choix ont été faits en bonne et due forme, n’entravant pas la continuité, ni la compréhension du récit.
Artistiquement parlant, la sobriété est le mot du jour. Il n’y a pas de place pour les plans à couper le souffle. Les décors, la musique, les costumes, l’interprétation des acteurs, l’éclairage et le choix de cadrage ne sont pas mauvais, mais loin d’être exceptionnels. Le montage sonore reste efficace mais sans prétention. Clairement approprié dans ce cas où l’émotion est le centre de l’histoire et n’a nullement besoin d’être véhiculé par d’autres moyens.
Petit aparté ; je trouve bien triste qu’une fois enfin libéré de vieux dogmes désuets, on remette à la mode des concepts comme l’amour aveugle, le mariage à 20 ans et toutes ces autres idées incongrues auxquelles on pouvait se réjouir d’être débarrassées. J’en conviens, ce n’est aucunement la faute au film en soi, mais bien à l’auteur qui s’accroche et transmet ses valeurs passées. Comme je l’ai lu dans le magazine Rue Morgue (#100), pour chaque femme forte du type Buffy The Vampire Killer, il y a une Isabella Swan qui nous fait régresser dans nos démarches d’autonomie féminine. J’espère que les jeunes d’aujourd’hui en sont conscients.
Finalement, y a-t-il quelque chose d’horrifiant dans ce film qui justifie Horreur-web de s’attarder sur son cas? Je dirais qu’outre la mise en scène de loups-garous et de vampires, ce qui n’est pas rien tout de même, cette œuvre n’est aucunement du domaine de l’horreur. Aucun effroi, aucun souffle court, aucune tension n’est perceptible. À moins d’être une petite nature. Je pense que les gens qui apprécient Eclipse voient totalement autre chose. Probablement la romance!



• La Saga Twilight : Hésitation (titre français/Québec)


• Twilight (2008)
• The Twilight Saga : New Moon (2009)


• Harry Potter and The Half Blood Prince (2009)
• Cirque Du Freak : The Vampire’s Assistant (2009)
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