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THE ELEPHANT MAN1980
RÉALISATION: David Lynch ‘‘I am not an animal! I am a human being! I...am...a man!’’ John Merrick souffrait d'un cas extrême du syndrome de Protée, une maladie génétique déréglant la croissance des tissus et causant des malformations, ce qui lui a valu le surnom de "l’Homme Éléphant". Merrick travaillait dans une fête foraine en tant que ‘‘freak’’ dans la deuxième partie des années 1800 où il y était maltraité. Le cas de Merrick a beaucoup fait avancer la science, qui a l'a étudié de près, en plus d’influencer plusieurs films traitant de déformations du corps. Très fidèle à la vraie histoire, The Elephant Man raconte le chemin de John Merrick à partir du moment où il est secouru. Un jour, le docteur Frederick Treves le découvre et intéressé par son cas extrême, l’amène à l’institut médicale afin de l'étudier. Plus tard, alors qu’il est de nouveau chez lui, Bytes, son ‘‘propriétaire’’ se fâche contre lui et le bat violemment. Treves le transporte alors à l’hôpital et, de plus en plus fasciné pas son cas, décide de finalement l’héberger à temps plein. Si au début, John terrorise le personnel de l’établissement, il finit par être très apprécié et sa popularité monte considérablement au sein du milieu bourgeois. Malheureusement, Bytes, frustré d’avoir perdu son gagne-pain, continue de tourmenter le pauvre homme qui ne cherche qu’à vivre en paix. Sortit en 1980, The Elephant Man est le second film de David Lynch. Dû au succès de Eraserhead, son premier film, c’est lui qui s’est vu offrir le contrat de réalisation par le producteur, Mel Brooks. Hommage à des films tels que Freaks, de Tod Browning, le second métrage de Lynch est une claque en plein visage. The Elephant Man est une critique sociale intelligente sur la place que prennent les gens déformés dans la société et sur la méchanceté des hommes. John Merrick, dû à sa malformation extrême, est rejeté de la société et vit en ermite dans des conditions déplorables. Néanmoins, c’est la personne la plus civilisée du film. Au début, son visage effraie mais, tout comme les personnages du film, on s’y habitue et plus le film avance, plus on finit par le trouver sympathique. La critique sociale sur la méchanceté des hommes est tant qu’à elle des plus percutante. Bien que Merrick ne demande qu’à vivre paisiblement, il est toujours harcelé et traité comme un monstre. La scène où Bytes et les autres vont le retrouver dans sa chambre pour le frapper est particulièrement cruelle. Il en est de même pour la séquence se déroulant dans le métro. L’horreur, ce n’est pas seulement des zombies ou un maniaque avec un couteau, c’est aussi de voir à quel point la nature humaine peut s’avérer destructrice. En raison du maquillage de John Merrick dont les couleurs demeuraient peu crédibles, Lynch a choisi le tourner son film en noir et blanc. Ce choix s’avère très bénéfique car l’aspect ‘‘ancien temps’’ n’en est que renforcé. De plus, l’éclairage est tout simplement splendide et la direction photo, irréprochable. La musique est magnifique mais pas assez exploitée à mon goût. Quelques moments du film, comme la scène de rêve ou la pièce de théâtre vers la fin sont tellement grandioses que j’en avais les pupilles dilatées!! C’est grâce à ces scènes que Lynch a vraiment l’occasion de démontrer son immense talent. Car le reste du film, sans être ennuyant (loin de là) repose plutôt sur les dialogues et contient peu d’éléments horrifiques. John Hurt, dans le rôle de Merrick, est excellent. Il sait très bien jongler avec les émotions et ce n’est pas pour rien qu’il a été nominé pour un Academy Award du meilleur acteur. Anthony Hopkins, qui joue le docteur Treves, donne également une performance admirable. Étant la seconde personne civilisée du film, ça fait changement de son Hannibal Lecter! Freddie Jones et Michael Elphick, quant à eux, incarnent très bien les ‘‘trous du cul’’ du film et, conformément aux attentes du réalisateur, on a envie de leur cracher au visage. The Elephant Man est donc un classique à voir, qui plaira autant aux cinéphiles qu'aux humanistes. Je n’ai aucune misère à comprendre la raison pour laquelle les nominations ont plu sur ce film. J’ai maintenant le goût d’explorer la filmographie de David Lynch de fond en comble.
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