Il est très rare qu’un excellent concept de film ne soit pas imité. En effet, il arrive souvent qu’un film adulé se voit apparaître une panoplie de "spin-of" tentant de profiter de son succès. Récemment, deux excellents réalisateurs, soit Quentin Tarantino et Robert Rodriguez, ont eu la brillante idée de reproduire le phénomène grindhouse des années ‘70. Il était donc facile de prévoir que les choses n’en resteraient pas là! Mais puisque, malgré son succès critique, Grindhouse s’est totalement planté au box-office, il était évident que les producteurs ne tenteraient pas un suicide économique en reproduisant la même formule au cinéma. C’est donc sur le marché du DVD que les ‘‘double features’’ ont commencé à faire leur apparition. Mais contrairement à bon nombre de DVD, Elvira’s Double Features ne se contente pas de mettre deux films en un. Afin de remplir son mandat et de rendre nostalgique les spectateurs, ce ‘‘double feature’’ met en vedette Elvira, comme l’indique le titre! Nous avons donc droit à deux films commentés et animés par la ‘‘maîtresse des ténèbres’’.

BLUE SUNSHINE

1976

RÉALISATION: Jeff Lieberman
SCÉNARIO: Jeff Lieberman
AVEC: Zalman King, Deborah Winters, Mark Goddard, Robert Walden et Charles Siebert

Film des années ‘70 souvent oublié, Blue Sunshine est le tout premier métrage de Jeff Lieberman, qui nous a également offert Just Before Dawn et plus récemment, Satan’s Little Helper. Étant donné la réputation du réalisateur en question, il est surprenant qu’il ait fallu un double feature pour sortir ce film des boules à mites!

Accordé au film (je ne suis pas expert en la matière), le blue sunshine est une forme de LSD qui a quelques effets secondaires fâcheux, tel que la perte de cheveux ou la crise de folie violente menant au meurtre! Cependant, ces effets n’arrivent qu’une dizaine d’années après l’utilisation de la drogue. Plusieurs personnes l’ayant utilisée auparavant commencent à en subir les conséquences! Malheureusement pour lui, alors que les cadavres s’accumulent, Jerry Zipkin est injustement accusé de ces meurtres. Il devra alors mener sa propre enquête s’il veut prouver son innocence.

Vers le début, Blue Sunshine est très dur à suivre, en raison de plusieurs éléments qui nous sont montrés et dont il est difficile de faire les liens entre. L’idée de départ est bonne, mais le film souffre de trop de longueurs et le scénario semble un peu trop décousu pour que l’on puisse embarquer à cent pour cent. Au moins, le tout finit par se restabiliser et l’histoire finit par être plus facile à suivre.

La réalisation est plutôt réussie et parfois audacieuse. Par moment, j’avais même l’impression de visionner un giallo, en raison de la direction photo particulière et de certains mouvements de caméra inusités. Cependant, la réalisation n’est pas aussi prenante qu’elle le devrait en raison de la qualité d’image, qui a très mal vieillie et qui rend parfois le visionnement un peu pénible. Au moins, l’excellente musique empêche de décrocher complètement. Celle-ci est à la fois étrange et accrocheuse et aurait pu avoir sa place dans un film de Polanski. Les acteurs possèdent, pour la plupart, du charisme et du talent se situant alentour de l’acceptable. On peut très bien sentir la folie des personnages, mais c’est plus grâce à la musique qu’à la prestance des acteurs.

Blue Sunshine est donc un petit film acceptable mais fort dispensable. Vous pourriez aimer, mais même si c’était le cas, ce n’est pas un film qui vous marquerait.

MONSTROID

1979

RÉALISATION: Kenneth Hartford
SCÉNARIO: Kenneth Hartford, Herbert L. Strock, Garland Scott et Walter Roeber Schmidt
AVEC: James Mitchum, John Carradine, Anthony Eisley, Stella Calle et Philip Carey

Dans un petit village en Colombie, des gens sont sans cesse retrouvés assassinés sur le bord d’un lac. Il semblerait qu’un monstre y vive et tue les gens s’y aventurant trop près. Une compagnie engage donc un spécialiste afin de retrouver la créature et de la détruire.

Dès le départ, Monstroid perd toute crédibilité en tentant de nous faire croire que cette histoire, qui se trouvent à mi-chemin entre Jaws et Godzilla, est basé sur des faits réels! Des films avec des histoires un peu poussées ont souvent été tenté de faire passer pour vraie, mais à ma connaissance, rien d’aussi abracadabrant. C’est comme si on me disait que Godzilla, King Kong ou Creature From The Black Lagoon étaient véridique!

Ce qui frappe le plus avec Monstroid est à quel point son potentiel est gâché. À mieux exploiter son monstre, le film aurait pu être une bonne petite série B à la sauce années ‘50. Cependant, le trop grand nombre de longueurs et d’histoires secondaires inutiles finissent par gâcher toutes ses chances d’être intéressant, ou même regardable! Pendant un peu plus d’une heure et demie, il ne se passe pratiquement rien. Parmi les histoires secondaires, plusieurs servent bien le récit (la journaliste qui veut faire son reportage mais qui n’a pas l’autorisation de la ville) alors que plusieurs manquent franchement de pertinence. Qu’est-ce que l’histoire de possession et sorcellerie vient foutre ici?! C’est idiot! Mais que l’idée soit bonne ou non, tous sont mal exploitées et ne servent qu’à endormir le spectateur.

Ajoutez à cela une mise en scène molle, des personnages caricaturaux interprétés par des acteurs médiocres et une qualité d’image qui élèverait mes vidéos de famille au rang de films cultes!! Monstroid est un film ennuyant (Elvira ne se gêne d’ailleurs pas pour montrer qu’elle partage cette opinion!), stupide, mal réalisé et fait sans passion. Les seuls quelques bons moments sont les attaques du monstre. Mais même encore, il faut les prendre au second degré, puisque le monstre en question est tellement ridicule qu’il ne peut provoquer que l’hilarité générale. Bref, un film à éviter à tout prix!!!

  • William Le Blanc

  • BLUE SUNSHINE:

    MONSTROID:

  • Grindhouse (2007)
  • Elvira: Mistress Of The Dark (1974)

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