EMBODIMENT OF EVIL

2008

RÉALISATION: José Mojica Marins
SCÉNARIO: José Mojica Marins et Dennison Ramalho
AVEC: José Mojica Marins, Jece Valadão, Adriano Stuart, Milhem Cortaz et Rui Resende

C’est samedi dernier, le 25 juillet 2009, que Coffin Joe était de passage au festival Fantasia pour présenter en première Canadienne son plus récent film, Embodiment Of Evil. Quarante ans après avoir réalisé At Midnight I’ll Take Your Soul, le bonhomme maintenant âgé de 73 ans reprend le rôle qui l’a rendu populaire et qui visiblement, ne l’a jamais quitté. Caché derrière un drap noir dans une boîte en forme de cercueil sur roulettes, escorté par deux jolies demoiselles en tenue gotique légère et deux esclaves culturistes, le maître de l’horreur Brésilien fait une entrée spectaculaire sous un déluge d’applaudissements. Après un sympathique discours de présentation, les lumières tombent et le moment tant attendu débute.

Emprisonné durant quarante ans suite à des crimes commis entre 1964 et 1967 (At Midnight I’ll Take Your Soul et This Night I Will Possess Your Corpse), Zé do Caixão alias Coffin Joe est enfin libéré et ne tarde pas à rattraper le temps perdu. Toujours désireux de trouver la génitrice parfaite afin assurer la continuité de son sang, Joe est cette fois aidé d’une bande de jeunes esclaves complètement dédiés à l’aider. En cours de route, plusieurs seront brutalement torturés et assassinés, pendant que la police, aidée d’un prêtre tordu, tente de retrouver le vieil homme afin de le ramener devant la justice.

Bien que mise en vente il y a quelques années avec Awakening Of The Beast comme troisième récit, c’est Embodiment Of Evil qui vient officiellement conclure la trilogie de Coffin Joe. Jouissant déjà d’une notoriété favorable un peu partout sur le web et dans les revues d’horreur, le film s’est rapidement hissé très haut dans mes attentes.

À l’aide de flashbacks, José Mojica Marins revient sur ses deux précédents films, ficelant brillement la trame de fond de cette nouvelle histoire et justifiant le retour de Joe. Cette fois, aucune censure ou restriction n’est imposée. Les explosions de violence et de nudité fusent à un rythme auquel Marins n’aurait pu même rêver il y a quarante ans. Tortures graphiques incluant consommation de chair fraîche, yeux crevés, sexe sanglant et hameçons géants sont au rendez-vous. Dans une scène où Coffin Joe se retrouve en Enfer (expérience particulière pour un athée pur et dur…), le côté humain et plus sensible du personnage refait surface alors qu’il est hanté par les victimes de ses crimes. Nous avons alors droit à l’une des scènes de torture du film qui n’est pas un trucage, dans laquelle une réelle adepte de douleur se fait coudre les lèvres (de la bouche…) ensemble. Quelle joie!

Apparemment, cette suite à été écrite il y a plus de trente ans. Ce serait la faute d’une malédiction qui a fait perdre la vie à trois producteurs, à différents stades de production, si le film a mis tout ce temps à voir le jour. Un peu farfelu direz-vous, mais Marins lui, semble fermement y croire. Ce n’est qu’à l’arrivée de Dennisson Ramalho (Love From Mother Only), qui est lui-même un grand fan de Coffin Joe, que le projet a finalement abouti.

Le film m’a parfois donné l’impression de n’avoir ni queue ni tête, mais en bout de ligne, m’a sincèrement diverti. Ce n’est peut-être pas le meilleur de la saga, mais c’est de loin le plus sadique, ce qui pour ma part, à très bien compensé. J’ai été ravi et touché de voir José Mojica Marins recevoir un prix pleinement mérité pour l’ensemble de son œuvre. En addition à l’aspect théâtral qu’a apporté Marins à sa présence, et sa gentillesse envers le public montréalais, l’initiative du festival de lui remettre ce prix a fait de cet événement ma plus belle soirée à Fantasia cette année. L’attente aura été très longue pour les inconditionnels de Coffin Joe, mais en bout ligne, en aura amplement value la peine.

  • Robert Parent

  • • Encarnação Do Demônio (titre original/Brésil)

     

    At Midnight I’ll Take Your Soul (1963)
    • This Night I’ll Possess Your Corpse (1967)

     

    A Nightmare On Elm Street (1984)
    The Texas Chain Saw Massacre (1974)

     

     
     


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