END OF THE LINE

2007

RÉALISATION: Maurice Devereaux
SCÉNARIO: Maurice Devereaux
AVEC: Ilona Elkin, Nicolas Wright, Robin Wilcock, Joan McBride et Kyle Allatt

Natif de Montréal, Maurice Devereaux est un jeune réalisateur qui s’est fait connaître avec $LA$HER$ et son court métrage PMS Survival Tips. En 2006, il réalise End Of The Line, sont projet le plus ambitieux à date. Tourné principalement à Montréal et un peu à Toronto, End Of The Line a été présenté en première québecoise durant l’édition 2007 du Festival Fantasia.

Après une longue nuit à l’hôpital, Karen rentre chez elle. Alors qu’elle se trouve dans le métro, elle se fait attaquer par les membres d’une secte religieuse qui effectuent le jugement dernier. Elle se ralliera à plusieurs autres survivants pour sortir vivante du métro, ce qui ne sera pas être une tache facile.

Ne connaissant pas Maurice Devereaux, je ne m’attendais pas à beaucoup de ce film, mais je dois dire que j’ai été agréablement surpris. Cependant, il ne faut pas se fier à la première demi heure. Le film débute de façon très moyenne. On commence par nous présenter Karen, qui est l’héroïne finale. Ensuite, pour nous montrer que c’est bel et bien un film d’horreur, Devereaux utilise des moments de frayeur totalement prévisibles, mais qui fonctionnent tout de même. Le seul problème, c’est que ces moments ne semblent être là que pour boucher un trou et forcer la note de l’horreur. Je ne serais pas surpris de lire le scénario et de voir à tous les deux pages « Insérer moment d’horreur ici » !! Alors ensuite, Devereaux nous présente chacun leur tour ses autres personnages principaux en nous démontrant ce qui se passe dans leur vie juste avant que les membres du culte ne commencent à les attaquer. En général, ce ne sont pas des scènes vraiment plaisantes, mais j’ai déjà vu pire. La première demi heure ne semble même pas fait par le même réalisateur que le reste du film tellement c’est réalisé avec amateurisme. Même l’acteur Ilona Elkin (Eternal), qui est formidable dans ce long métrage, me tombait sur les nerfs au départ.

Ce n’est vraiment que lorsque les extrémistes religieux commencent à attaquer les pauvres gens que le film devient vraiment captivant. Le suspense alors inséré dans le film est ce qui en fait un pur divertissement. C’est alors que la paranoïa attaque nos héros et que Devereaux joue avec les peurs de chacun des personnages, que ce soit autant celles du gars musclé qui veut être avec sa famille, que du jeune garçon qui veut protéger sa copine ou alors cette dernière qui est une des membres de la secte, mais qui n’ose pas effectuer le jugement dernier. Lorsque nos héros ne sont pas en train de se cacher, ils essaient alors de se frayer un chemin dehors.

Personnellement, c’est durant ces scènes que je trouve que Devereaux est à son meilleur. Un peu comme pour The Descent ou Creep, Devereaux utilise la noirceur autant à l’avantage de ses héros que de ses meurtriers. Ceux-ci apparaissent de nulle part et provoquent pas mal de dégâts. Devereaux n’à pas peur de faire souffrir ses personnages et de les tuer de façons gratuites. Il va même parfois un peu loin, en tuant par exemple, un homme et sa femme enceinte en poignardant cette dernière à grands coups de couteau pour enlever le bébé de son ventre et le déposer entre les deux cadavres. Ce moment du film est assez pénible à regarder, mais il est fait de façon pour que ça soit à la limite du bon goût. Devereaux semble adorer jouer avec les tabous car à plusieurs reprises, nos héros devront se battre contre de vieilles personnes ou des enfants, ce qui joue autant avec notre moral que celle des protagonistes.

D’ailleurs, la plus grande force de ce film, à mon avis, ce sont les méchants. Autant pour l’interprétation de la plupart des acteurs que de la façon dont ils ont été écrits, ceux-ci portent le film à eux seuls. Tout le mythe derrière leur organisation est extrêmement enlevant et on en redemande plus. D’ailleurs, tout ce qui à rapport à la secte et la finale me faisait légèrement (très très légèrement en fait), penser à Silent Hill. Je ne veux pas trop vendre le punch final, mais ceux qui écouteront le film comprendront.

Même si je vends allégrement le film, End Of The Line contient son lot d’humour juvénile, de mauvaises performances et de médiocres dialogues ce qui empêche d’en faire un bien meilleur film qu’il ne l’est en réalité. Enlevez la première demi heure et corrigez les défauts mentionnés plus haut et on aurait pu se retrouver avec le meilleur film d’horreur québécois réalisé avec Sur Le Seuil !

  • Dominic Paulhus

  • • Raw Meat (1972)
    Creep (2005)

     

     
     


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