EPITAPH
2007
RÉALISATION: Jeong Beom-sik et Jeong Sik
SCÉNARIO: Bum-sik Jung et Sik Jung
AVEC: Kong Ho-Seok, Choi Jae-Hwan, Mu-Song Jeon, Jeong Jin-An et Ku Jin
Je me suis dit il y a quelques mois que je prendrais ma retraite des films d’horreur asiatiques, n’étant plus capable de revoir le même film tourné autrement par huit cent réalisateurs différents. Pour Epitaph, j’ai donc tenté un retour aux bercails, question de tâter le terrain. Moins pire que je redoutais, Epitaph n’est malheureusement pas le Mickey Rourke qui permettra au genre de faire un « comeback » dans mon coeur.
Dans un hôpital, en 1941, plusieurs événements viennent ébranler les employés et patients. Tour à tour, une petite fille survivra à un accident d’auto qui a tué ses parents, un interne tombe en amour avec un cadavre, un mari vit des moments difficiles avec sa femme et ainsi de suite. Tous ces événements sont liés entre eux et changeront la vie de tous.
Epitaph est un film extrêmement ennuyant. Cependant, la réalisation est ce qui m’a empêché de faire la prise de l’ours à mon DVD. L’univers visuel que dépeignent Jeong Beom-sik et Jeong Sik est tout en beauté et en poésie. Les réalisateurs démontrent un très grand talent et nous offrent des plans de qualités. Une scène qui m’a marqué est lorsque la petite fille hallucine le fantôme de sa mère. La scène change de décors et l’on voit la petite fille et sa mère se regarder dans un miroir gigantesque se trouvant dans un paysage enneigé. Par contre, plus tard, on réalise que le miroir gigantesque est en fait une copie géante du miroir que la mère avait dans ses mains juste avant de mourir. Ce sont plusieurs détails visuels comme cela qui viennent agrémenter une réalisation aussi belle.
Mis à part les grinçants bruits de violon à la Psycho qui sont insérés à des endroits inopportuns et à répétition, la trame sonore est excellente. La musique classique et instrumentale utilisée vient évidemment accentuer la poésie de l’image pour créer une symbiose artistique.
Mais après les fleurs, voici le pot : le scénario est nul à chier. Dans une tentative de faire un scénario chronologiquement confus, à la Pulp Fiction, Bum-sik Jung et Sik Jung se sont perdus dans leurs dédales. C’est à croire qu’ils ont écrit chacun de leurs cotés, qu’ils ont mélangés les pages ensembles et agrafé le tout comme étant un même scénario. La trame narrative commence pourtant de façon simple. Mais dès que la première histoire est terminée, on remonte dans le temps pour nous en présenter une autre, et ainsi de suite. L’enchevêtrement des histoires se fait sans fluidité, passant du futur au passé et de la réalité à la folie. Finalement, à la fin, on tente de nous convaincre que le dénouement final à du sens, mais sans succès. L’ennuie global qui se dégage du scénario ne fait jamais lever le film plus haut que le plancher.
Pour ceux qui s’attendent à se pisser dessus tellement ils auront peur, soyez sans crainte et cacher vos piqués pour la soirée. Même si le film traite de fantômes, la plupart sont inoffensifs. Et même celui qui fait peur n’est pas vraiment effrayant. Epitaph est surtout un drame fantastique où l’horreur est mise de coté. Comme quoi le scénario est tellement ennuyant que même les fantômes s’emmerdent.
J’espère sincèrement qu’Epitaph ne signera pas l’arrêt de mort de ses deux réalisateurs. Bien que le film soit décevant, il a quand même réussi à m’émerveiller visuellement, ce qu’un film asiatique n’a pas réussi depuis belle lurette.



• Gidam (titre original/Corée Du Sud)


• The Uninvited (2003)
• The Uninvited (2009)
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