THE EVIL DEAD

1982

RÉALISATION: sAM rAIMI
SCÉNARIO: sAM rAIMI
AVEC: Bruce Campbell, Ellen Sandweiss, Hal Delrich, Betsy Baker et Sarah York

Bien que le coffret DVD sorti en 2007 clamait être l’édition Ultime de The Evil Dead, Anchor Bay Entertainment met sur le marché une autre version du film culte de Sam Raimi, cette fois-ci sur Blu-ray. Qu’est-ce que ce format peut offrir de plus à un film à la limite amateur et tourné avec les moyens du bord? Voilà la question que se poseront bien des amateurs devant le choix déchirant de se procurer The Evil Dead encore une fois! Cela dit, passons au film!

Ai-je besoin de faire la critique de The Evil Dead, l’un des plus grands chefs-d'œuvre du cinéma d’horreur ? En fait, je questionne la présence sur le site de ceux qui n’ont jamais vu ce film. The Evil Dead c’est la preuve que le talent peut surmonter toutes les embûches. The Evil Dead c’est l’équivalent cinématographique d’une dynamite dans un pot de peinture! The Evil Dead c’est le cinéma d’horreur à l’état pur! The Evil Dead est encore aujourd’hui inégalé et ce n’est pas pour rien! Cela dit, pensons un peu aux novices à la découverte des classiques d’antan. Donc, pour les non-initiées, The Evil Dead contient la trame narrative la plus clichée du cinéma d’horreur! Un groupe d’amis, mené par un certain Ashley Williams (un jeune Bruce Campbell), s’en vont passer le week-end dans un chalet au milieu des bois. Sur place, ils trouvent une enregistreuse qui contient les passages d’un livre destiné à libérer des entités démoniaques. Les démons en question ne perdent pas de temps à posséder le groupe, laissant Ashley (Ash, pour les intimes) comme seul survivant responsable d’éliminer ses d’amis.

Avant d’entrer dans le moule corporatif hollywoodien et de réaliser des films destinés à vendre des figurines et des jouets pour enfants, le cinéaste Sam Raimi faisait du cinéma, du vrai! Bien que moyennement attiré par le genre horrifique (il a réalisé un film d’horreur pour augmenter ses chances de vente), Raimi a mieux compris que quiconque son exécution. Avec un scénario simpliste, des personnages génériques et une approche naïve à l’histoire, le cinéaste avait tout ce qui lui fallait pour démontrer son talent de réalisateur. Plus que n'importe quelle œuvre, The Evil Dead fonctionne uniquement en raison de l’apport de son réalisateur. L’atmosphère générée vient amoindrir le côté amateur de l’œuvre et la caméra de Raimi se transforme en réel personnage. Rarement une caméra aura semblé aussi vivante sans jamais devenir dérangeante. Non seulement, Raimi adopte les points de vue de ses personnages et des forces démoniaques, mais il se lâche souvent lousse en plaçant sa caméra dans des endroits inusités tels que derrière la pendule d’une horloge. Le style du réalisateur nous place dans le premier siège du wagon d’une montagne russe, ce qui lui permet de nous guider à sa guise et ainsi faire mieux passer des éléments moins réussis.

Ce style est bien entendu mis en valeur par une panoplie d’effets sanguinolents de grande qualité et des moments de terreurs poussés à l’extrême. Bien que ses deux suites aient emprunté une route plus comique, ce premier film de la trilogie contient des moments horrifiques assez troublants. La scène où l’un des personnages est violé par un arbre est aussi bien orchestrée que dérangeante. Pour certains, il peut sembler rigolo de voir le pauvre Ash frapper sa copine à coup de planche de bois au visage, mais une réflexion plus poussée dévoile une scène sadique pour les deux personnages impliqués. Et voilà la piste d’un autre élément qui rend le film aussi génial et qui est exécuté moins subtilement dans la suite. The Evil Dead porte un minimum d’attention sur la douleur des victimes, se concentrant plutôt sur le calvaire du survivant, un rôle qui s’avère plus exténuant et traumatisant que prévu. Même s’il n’a pas la chance de faire le clown, Bruce Campbell offre une excellente performance dans laquelle la retenue aide à accentuer les excès de l’action. Parce qu’excès, il y a!!!

Tout en demeurant dans un style contemporain, Raimi y va aussi de petites touches expressionnistes qui apportent beaucoup à l’œuvre. C’est probablement cet aspect qui me plait personnellement le plus. À chaque fois que Raimi peut apporter un petit détail visuel ou sonore, si anodin soit-il, il le fait. Cela a dû compliquer le tournage de certaines scènes. Le meilleur exemple se situe vers la fin du film. Alors qu’Ash cherche dans le chalet pour une présence démoniaque, la caméra de Raimi parcourt la pièce avec une vue aérienne. Alors que la caméra passe par-dessus les pylônes de bois de la structure du toit, deux petits sons subtils son émis. C’est comme si le réalisateur avouait que la caméra fait bel et bien partie de l’histoire! Plus tard, Raimi remet ça alors que l’horloge à pendule sonne et qu’Ash se retourne subitement face à la caméra. L’angle utilisé accentue les ombrages sur le visage de Campbell. Ces détails passeront certainement inaperçus chez la majorité des gens et sont inutiles à l’histoire, mais ce sont eux qui me font apprécier le film à chaque visionnement.

Qu’en est-il du Blu-ray? J’étais le premier sceptique face à la nécessité du produit. Puisque The Evil Dead a été tourné en 16 mm avec de l’équipement de seconde main, cela n’en faisait pas un film prédisposé au format Blu-ray. Malgré tout, je suis le premier étonné face à la qualité du transfert. Bien que le film n'ait pas perdu son côté granuleux, les couleurs sont vibrantes, les détails plus clairs et la bande son encore plus efficace. Ce n’est pas nécessairement un must, mais si vous êtes du genre à vouloir posséder le film dans la meilleure qualité possible, vous ne serez pas déçu. Le Blu-ray contient aussi les suppléments présents dans l’édition DVD ultime et l’édition « Book Of The Dead ». Le seul nouveau supplément est une piste de commentaires audio enregistrée par Raimi, Campbell et le producteur Rob Tapert.

Il est intéressant de constater que la trilogie Evil Dead divise les opinions des amateurs. Sans dénigrer Evil Dead 2 : Dead By Dawn et Army Of Darkness, je crois que The Evil Dead est le meilleur film des trois. L’atmosphère est à son comble, la réalisation ne pourrait être plus inventive et l’excès de terreur se culmine souvent en malaise humoristique. L’attention aux détails est aussi remarquable. En gros, le premier film de Sam Raimi n’est rien de moins qu’un des meilleurs films d’horreur de tous les temps.

  • Dany Champagne

  • • L'Opéra De La Terreur (version française)

     

    Evil Dead 2: Dead By Dawn (1987)
    Army Of Darkness (1992)

     

    Equinox (1970)
    Demons (1985)

     

     
     


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