EVIL TOONS
1992
RÉALISATION: Fred Olen Ray
SCÉNARIO: Fred Olen Ray
AVEC: Monique Gabriele, Suzanne Ager, Dick Miller, Arte Johnson et David Carradine
"You little bitch! I'll get you in the sequel for this!"
L’arrière de la pochette DVD d’Evil Toons, une édition vingtième anniversaire deux ans avant son temps, compare la film à un mélange entre The Evil Dead et Who Framed Roger Rabbit. Pour une fois, ce n’est pas totalement faux. Il faut toutefois convertir le tout selon le modeste talent du prolifique réalisateur Fred Olen Ray (Hollywood Chainsaw Hookers).
Quatre jeunes étudiantes acceptent de faire le ménage d'une grande maison, avant que le propriétaire en prenne possession. En début de soirée, un vieil homme sonne à la porte. Sans aucune explication, il remet aux filles un paquet avec l’inscription : « ouvrir immédiatement ». Le paquet contient un livre étrange rempli de dessins et de textes latins. Heureusement, une des filles connaît le latin et traduit un passage, ce qui a pour effet de donner vie à l’un des dessins du livre. Le dessin en question, un loup féroce qui prend la forme d’un cartoon, attaque violemment et sexuellement à l’un des filles. Maintenant possédée par le loup (et à moitié nue) la fille s’en prend à ses amis et son copain venu la visiter.
Il fut une époque où actrices porno, slasher, cartoons et gore se côtoyaient allégrement dans les films d'horreur sans nécessairement faire sourciller les spectateurs! Les grands classiques de l'horreur étaient peut-être rares au début des années 90, mais les amateurs pouvaient compter sur des oeuvres savoureusement maladroites comme Evil Toons pour meubler les tablettes des clubs vidéo. On dira ce qu'on voudra du film de Fred Olen Ray aujourd'hui, mais ce qui est certain c'est qu'il ne s'en fait plus des films comme ça!
Malgré son concept loufoques, Evil Toons est construit sur des bases classiques du cinéma d’horreur américain des années 80. On reconnaît d’ailleurs la structure narrative des films des séries Slumber Party Massacre et Sorority House Massacre, le tout avec un cartoon remplaçant le tueur vicieux. Ray ne tente même pas d'échapper aux comparaisons, puisque ses personnages s'adonnent à une sorte de party pyjama (ou une excuse pour se pavaner en petite tenue et faire des strip-teases entre filles) une fois le soir venu. Les actrices choisies pour le film sont particulièrement mauvaises. En majorité des star porno, elles semblent mal à l’aide de jouer habillée ce qui ajoute encore plus au charme de l'oeuvre. Monique Gabrielle, qui personnifie la fille renfermée et complexée est aussi convaincante que Rachel Leigh Cook en nerds laide dans le film pour ado She's All That (le film fétiche de mon collègue Dominic Paulhus).
Mais pourquoi se plaindre? La raison de regarder Evil Toons est essentiellement pour les cartoons, la violence et la nudité! Et sur ces points, le film livre la marchandise. La scène notoire du film, celle où le loup fait son apparition, vaut le détour à elle seule. En plus de se rincer les yeux devant la généreuse poitrine de Suzanne Ager (Looney Tunes style!!), le loup s’en donne à cœur joie lorsqu’il attrape sa proie. Sexe et meurtre s'en suive dans une scène qui est en théorie malsaine, mais exécutée de façon tellement folle, qu'elle nous laisse dans l'obligation d'en redemander!
Suzanne Ager, maintenant possédée par l'esprit du cartoon prend ensuite la relève, poursuivant ses copines, la poitrine souvent dénudée et tentant du mieux qu'elle peut pour retenir les fausses dents pointues qu'on lui a foutu dans la bouche! Et pour ceux qui ne seraient pas encore convaincu, David Carradine, Arte Johnson et Dick Miller sont aussi de la partie. Miller est spécialement comique dans son rôle.
Outre qu'il soit mal réalisé, contienne un scénario peu inventif, des actrices médiocres et un vilain cartoon dessiné par un enfant de 4 ans, s'il y a un défaut qu'on peut réellement attribué à Evil Toons, c'est de ne pas avoir assez d’Evil et de Toons! Le fameux loup (un design du regretté journaliste Chas Balun) est trop peu présent, surtout considérant que la rares moments le mettant en vedette sont follement divertissants.
Malgré tout ce qu’il accomplie de mal, Evil Toons est tout sauf mauvais!! Le nom de Fred Olen Ray n'a jamais rimé avec qualité, mais Evil Toons mérite le détour pour ceux dans le bon état d'esprit.



• Comique En Diable (version française/Québec)
• Qui A Peur Du Diable? (version française/France)


• Slumber Party Massacre 3 (1990)
• Killer Party (1986)
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