FAMILY

2006

RÉALISATION: John Landis
SCÉNARIO: Brent Hanley
AVEC: George Wendt, Meredith Monroe, Matt Keeslar, John B. Scott et Haley Guiel

Après avoir tourné Deer Woman pour la première saison de Masters Of Horror, John Landis (An American Werewolf in London, Innocent Blood) a décidé de s’engager pour un nouvel épisode dans la saison 2: Family.

David et Celia viennent d’emménager dans un nouveau quartier tout ce qui a de plus paisible et chaleureux. Une seule ombre au tableau: leur voisin Harold. Derrière cet homme fort sympathique se cache un psychopathe qui tue les gens et entretient leur squelette qu’il garde chez lui et considère comme étant sa famille! Comme les choses vont plutôt mal entre lui et sa ''femme'', il décide de tenter de la remplacer par Celia.

Un point qui a toujours distingué les films de John Landis est la présence d’humour noir. On n’a qu’à penser à An American Werewolf In London... Avec cet épisode, le célèbre cinéaste est fidèle à sa réputation en nous offrant une comédie d’horreur. Cependant, le scénario semble être trop forcé pour que celui-ci puisse bien développer son côté comique. Le métrage contient plusieurs dialogues plutôt drôles et nous avons droit à quelques moments comiques. Je repense d’ailleurs à la scène où Harold invite Celia pour un ‘‘souper entre amis’’, mais l’endroit est tout de même décoré de roses et soutenue par une musique de fond romantique. Pas subtil!!! Mais pour le tout, l’humour n’est pas toujours nécessaire et aurait dû frapper mieux qu’elle ne le fait.

Malgré qu’il ne manque pas de divertir, Family manque aussi quelque peu d’horreur. De plus, j’aurais aimé voir plus de meurtres. Par exemple, il aurait été bien de voir le sort qui attendait la vieille dame juste avant que celle-ci ne soit destinée à devenir la ''mère d’Harold''. En fait, il y a plusieurs moments dits horrifiques mais à chaque fois, c’était trop absurde pour qu’on y croie vraiment. Ça a beau être dans les habitudes de Landis de diluer son horreur avec l'humour, mais il aurait dû y glisser quelques temps-morts afin d'obtenir un peu d'impact. Au moins, lors des quelques scènes ''horrifiques'', les effets spéciaux étaient bien réussis, même si ça parassait légèrement qu’ils avaient été faits à l’ordinateur. De plus, cet épisode est très bien filmé et contient plusieurs mouvements de caméra plutôt ingénieux. Le visuel est aussi très léché. L’ajout de quelques morceaux musicals de style gospel s’avère bénéfique et donne une ambiance cool et relaxe, pour contraster avec la vraie nature d’Harold.

Pour compenser le manque d’horreur, les scénaristes ont réussis à bien développer leurs personnages. La relation amoureuse entre David et Celia est intéressante et ne tombe jamais dans le romantisme cucul irritant. La relation entre le couple et leur voisin l’est bien également et cela frappe plus lorsque la personnalité de ce dernier sort au grand jour. Mais ce qui est le plus captivant est de voir Harold vivre avec sa famille. En dehors du fait qu’il s’agit de squelettes(!), on croirait voir la famille typique. La petite fille joue à un jeu de société avec la grand-maman pendant que papa et maman ont une dispute. Parlant de la ''femme'', celle-ci est possessive et contrôlante. On croirait voir madame Bates! Je comprend très bien pourquoi son mari veut la faire remplacer. Vers le début, nous voyons aussi brièvement ce à quoi ressemble l’ambiance du quartier. Des enfants jouent au ballon ou font de la bicyclette, une mère revient de faire l’épicerie, le facteur a l’air plus heureux que jamais. Bref, le beau quartier typique des films familiaux. Mais sur ce point, il est clair que l’effet parodique était volontaire.

Les acteurs offrent tous de bonnes performances. Meredith Monroe et Matt Keeslar (Psycho Beach Party, Scream 3) font très bonne chimie ensemble. George Wendt, tant qu’à lui, offre également une performance admirable, et ce malgré qu’il soit beaucoup plus habitué à jouer dans des films plus familiaux. Et je me dois aussi de mentionner la jeune Haley Guiel dont le charisme est infini. La scène suivant celle où Harold dévoile ses intentions est bonne mais beaucoup trop brève. Cependant, le plus gros défaut de Family demeure son revirement final. Celui-ci est plutôt est inattendu mais c’est difficile de deviner à l’avance quelques chose d’aussi improvisé. Et c’est encore plus difficile de réussir à nous faire avaler un truc aussi gros et peu crédible.

Family est donc un épisode correct, mais qui manque grandement d’ambition, ne semblant même pas vouloir se démarquer de quoi que ce soit. Au moins, il reste un divertissement assuré! Le film est disponible sur DVD, gracieuseté d'Anchor Bay.

  • William Le Blanc

  • Deer Woman (2005)
  • Innocent Blood (1992)

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