FEAST 2:
SLOPPY SECONDS

2008

RÉALISATION: John Gulager
SCÉNARIO: Patrick Melton et Marcus Dunstan
AVEC: Jenny Wade, Clu Gulager, Diane Goldner, Martin Klebba et Carl Anthony Payne II

Après avoir assisté au tournage tumultueux de Feast à travers l'émission de téléréalité Project Greenlight, peu de gens aurait parié sur les chances de réussite du film. Le réalisateur John Gulager a néanmoins livré un film d'horreur jouissif qui est devenu contre toute attente un favoris des amateurs du genre. C'est donc sans les projecteurs et les caméras de Project Greenlight que Gulager a entamé le tournage de la première suite, Feast 2: Sloppy Seconds.

L'histoire est la continuité de la finale de Feast. Les quelques survivants qui ont résistés aux attaques des bestioles féroces se réfugient dans la ville la plus près sans savoir qu'elle a été dépouillée de toute vie humaine et envahie par les monstres! Rejoignant d'autres rescapés, ils devront s'allier à nouveau pour combattre ses monstres étranges.

Feast 2: Sloppy Seconds porte magnifiquement bien son nom. Le terme anglais "sloppy" se dit de quelque chose qui a été effectuée sans soin ou avec négligence! C'est le constat qui ressort après le visionnement de cette suite, qui se veut le second volet d'une trilogie. Il est évident que les scénaristes Patrick Melton et Marcus Dunstan (à qui l'ont doit les scénarios de Saw 4 et 5) ont tenté de surpasser la folie horrifique de Feast. Le problème c'est qu'ils ont glorifié un seul aspect de Feast, l'humour juvénile et scatologique, et relégué l'horreur, le suspense et même l'action au second plan. Feast 2 se veut donc une longue blague "pipi-caca" dans laquelle les flatulences, le vomi, l'urine, les excréments, le sperme et l'enculage de chat tiennent la vedette!

Sur papier, ça peut sembler génial pour certains, mais Melton et Dunstan utilisent le procédé avec un tel manque de subtilité, que ça en devient rapidement agaçant. Contrairement au premier opus qui défilait à un rythme infernal, Feast 2 se perd en longueur et étire consatamment ses moments horrifiques jusqu'à ce qu'ils n'aient plus aucune saveur. Choquer pour choquer, sans raison valable et sans aucune utilité au scénario... voilà ce qui semblait être le mandat de cette suite. Pendant ce temps, les minutes s'écoulent et une fois le générique apparu on se rend compte qu'aucune évolution ne s'est produite et que nous sommes encore au point de départ! Le film est un long prélude qui semble suggérer un carnage qui ne vient jamais. Il semble qu'il va falloir attendre le chapitre trois pour le voir!

Ceux qui s'étaient régalés devant le gore et le carnage de Feast seront déçus d'apprendre que cette suite est plutôt avare malgré son exhubérence. Feast 2 est certes plus violent, voire même plus gore, mais c'est de la violence et du gore mal utilisés. Les quelques meurtres qui surviennent sont presque tous causés par des accidents, laissant ainsi peu de carnage aux mains des bestioles. Celles-ci se contentent plutôt de courir les rues, question de faire sentir leur présence, sans plus. En fait, leur présence est quasi accessoire à l'histoire puisque le scénario se concentre plus sur l'espèce de freakshow que sont forment les personnages. Gulager tente aussi un finale abrupte qui aurait pu être géniale si seulement le reste du film avait livré la marchandise. Au lieu de cela, la finale ne fait que jetter de l'huile sur le feu de notre déception!

Il faut dire par contre, qu'à force d'essayer, le réalisateur touche la cible à quelques reprises. Malgré un ensemble décevant, Feast 2 contient plusieurs courts moments savoureux. Le scénario part tellement dans toutes les directions, qu'il est difficile de ne pas être diverti par le film. Il est aussi difficile de ne pas avoir un certain respect pour un film dont deux des personnages sont de nains lutteurs propirétaires d'un magasin de clés (et dont l'un a un incroyablement gros pénis)!

En fait, le gros défaut de Feast 2 est peut-être seulement qu'il est la suite de Feast, un film totalement délirant et quasi impossible à égaler. On ne peut donc pas accuser Gulager et ses scénaristes de ne pas avoir tenté le coup. Mais pour le moment, Feast 2: Sloppy Seconds s'avère être un long prélude à un troisième chapitre, qui espérons-le, sera meilleur. À voir pour les efforts déployés. Mais gardez vos attentes basses.

  • Dany Champagne

  • Feast (2006)
    • Feast 3: The Happy Finish (2009)

     

    Plasterhead (2007)
    Wrong Turn 2: Dead End (2007)

     

     
     


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