Final Destination

FINAL DESTINATION

2000

RÉALISATION: James Wong
SCÉNARIO: Glen Morgan, James Wong et Jeffrey Reddick
AVEC: Devon Sawa, Ali Larter, Kerr Smith, Sean William Scott et Tony Todd

Alors que la vague post-Scream frappait fort sur le cinéma d’horreur pour adolescents est apparu de nulle part Final Destination. Et si l’influence du film de Wes Craven est évidente, on en parle peu tellement le scénario de Jeffrey Reddick, Glen Morgan et James Wong a su renouveler un genre essoufflé avec ce qui est essentiellement un slasher déguisé.

Alors qu’il prend place à bord de l’avion qui le mènera à Paris avec les autres étudiants de sa classe, Alex Browning a une prémonition. Endormi sur son siège, il rêve aux événements menant à l’explosion en plein vol de l’appareil. Paniqué, il sème l’émoi dans l’avion alors qu’il demande d’en sortir. Dans le vacarme, il est expulsé avec six autres personnes qui tentaient de le calmer. Puis, l’inévitable survient. L’engin explose quelques minutes à peine après son envol, laissant les sept survivants incrédules. Croyant avoir échappé à la mort, les survivants voient la vie d'un autre œil. Mais leur chance viendra les rattraper alors que la mort elle-même se chargera de revenir les chercher. N’échappe pas à la mort qui veut dans la saga Final Destination!

L’histoire de Final Destination en est une qui nous fait dire : « pourquoi personne n’y a pensé avant? » Et avec raison!! Si on peut noter quelques ressemblances avec les films obscurs The Survivor et Sole Survivor (que je vous conseille fortement, d’ailleurs), Final Destination est avant tout une relecture contemporaine du «bodycount movie» popularisé par Bay Of Blood et Friday The 13th. Le genre de film dans lequel la succession de meurtres grand-guignolesques prend le dessus sur l’histoire. Et si ce genre d’œuvre ne jouit pas de la meilleure réputation, le cinéaste James Wong a su lui insuffler une certaine classe sans négliger les excès qui a fait la marque de ce style de cinéma.

Pendant que le cinéma d’horreur était coincé dans le politiquement correct, préconisant la violence suggérée et les acteurs à la posture parfaite, Final Destination est venu nous rappeler à quel point il était agréable de s’esclaffer devant un meurtre bien sanguinolent. Et sur ce point, l’œuvre de James Wong ne déçoit pas! Sans se comparer aux excès de ses suites, le film original de la série est le seul à offrir un amalgame bien dosé d’atmosphère, d’effroi, de mystère et de gore. La scène de la victime happée par un autobus est difficilement oubliable pour ceux qui l’ont vu lors de la projection initiale en salles. Mais pour l’auteur de ces lignes, la mort de la professeure, jouée par Kristen Cloke, est définitivement le point culminant du film. Jamais la série aura aussi bien démontré à quel point une succession d’événements anodins peut mener à notre mort.

Et c’est là la grande force de ce premier Final Destination, nous sensibiliser, dans le plaisir, aux milliers d’opportunités qui peuvent nous mener tout droit à la morgue. La Mort, qui même si elle n’est pas tangible, est un personnage en soi. C’est une présence qui opère de façon méthodique, s’assurant d’aligner les coïncidences tel un jeu de domino. Elle ne porte peut-être pas de masque comme un Michael Myers, mais Wong a réussi à lui donner une personnalité bien distincte. On retrouve aussi dans Final Destination un souci du détail qui rend les visionnements subséquents agréables et même nécessaires. Alex n’est pas le seul à avoir des prémonitions. James Wong a parsemé son film de références aux événements à venir, que ce soit numérique ou visuel. Les adresses ou heures affichées sur les horloges nous font carrément des clins d’œil, tandis que les décors cachent des indices à l’avance sur la façon de mourir de chacun des personnages. Sur ce point, je vous conseille d’écouter la piste de commentaires audio du réalisateur pour découvrir de nombreux détails très bien dissimulés.

Son atout principal, par contre, Final Destination ne l’acquiert pas de ses meurtres originaux ou de sa prémisse. C’est la réalisation atmosphérique et inquiétante de James Wong qui colle magnifiquement bien tous les morceaux ensemble. Peut-être est-ce parce qu’il est sorti à une époque plus conservatrice, mais Final Destination ne succombe pas dans la facilité excessive (une tâche magnifiquement bien accomplie par la première suite). Wong a su créer une atmosphère digne des meilleurs films d’horreur, dans laquelle les vents, le tonnerre et les branches qui craquent viennent nous donner des frissons dans le dos. La noirceur de la nuit est aussi doublement inquiétante avec un prédateur invisible.

Ce qui aurait pu facilement devenir un concept d'exploitation facile a été traité intelligemment. Final Destination est un film d'horreur amusant qui ne prend jamais son spectateur pour acquis et qui se plait malicieusement à le faire tortiller sur son siège.

  • Dany Champagne

  • • Destination Ultime (version française/Québec)
    • Destination Finale (version française/France)

     

    Final Destination 2 (2003)
    Final Destination 3 (2006)
    The Final Destination (2009)
    • Final Destination 5 (2011)

     

    The Survivor (1981)
    Sole Survivor (1983)

     

     
     


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